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3. Défendue par B. Weiss iloc. cit.), qui voit opposition de ce que Dieu n'a pas planté, à savoir la tradition pharisaïque, et de ce que Dieu a planté, à savoir la Loi. Mais il n'est pas question de ce que Dieu a planté.
A. LoisY. — Les Évangiles synoptiques 61
hypothèse devient beaucoup plus probable, la plante qui doit être déracinée s'identifîant, dans la pensée du rédacteur, aux aveugles qui sont destinés à périr, c'est-k-dire aux pharisiens. Jésus ne peut pas empêcher ceux-ci d'être scandalisés : leur destinée providentielle est d'être déracinés; il faut donc les laisser devenir ce qu'ils peuvent, car ce sont gens aveug-les, qui vont à leur perte, et qui y conduiront quiconcjue se mettra sous leur direction. La métaphore de la plante ne paraît pas très justement appliquée au judaïsme pliarisaïque, lequel vient de Dieu en tant qu'institution, et Ton est tenté, pour cette raison même, de l'appliquer seulement au pharisaïsme. Mais ce qui n'offre pas de sens satisfaisant dans la bouche de Jésus s'entend fort bien de la part de Tévangéliste, pour qui la réprobation du judaïsme est un fait accompli. Il est vrai pourtant que c'est l'org-anisation pharisaïque du judaïsme lui-même qui n'est pas une création de Dieu.
L'image choisie par l'évangéliste ^ est défectueuse. Matthieu a entendu en allégorie ce qui avait été dit des aveugles par manière de comparaison, et c'est ce qui l'a induit à mettre l'explication avant la sentence que lui fournissait la source. Il voit dans les aveugles les pharisiens, et dans ceux qu'ils conduisent le commun des Juifs. Mais ce que Jésus a dit des aveugles s'entendait au sens propre, avec une application particulière qui n'était pas indiquée dans la source, «t qui doit être celle qu'a supposée Matthieu. La forme primitive <ie la sentence peut-être mieux conservée dans Luc, l'assertion de Matthieu : (( ce sont des aveugles conducteurs d'aveugles ^ «^ semblant être une adaptation de la question : « Est-ce qu'un aveugle peut conduire un aveugle? » Si un aveugle se mêle de con- •duire un autre aveugle, les deux vont au précipice; il en est de anême dans l'ordre spirituel. Entre les applications possibles, la j)lus vraisemblable est celle qui assimile les docteurs du pharisaïsme à l'aveugle conducteur, et leurs disciples à l'aveugle conduit. On a vu*^ que la combinaison de Luc est artificielle. Celle de