‹ Les Évangiles; traduction nouvelle avec des notes, et des réflexions à la fin de chaque chapitre;Chapitre 142 sur 277 · Et ils ne comprirent point ce qu’il leur disoit · texte numérisé non relu

Et ils ne comprirent point ce qu’il leur disoit

51 Et ïï descendit avec eux, et vint à Nazareth ; et il leur étoit soumis. Et sa mère conservoit toutes ces choses en son cœur.

52. Et Jésus avançoit en sagesse, et en âge, et en grâce devant Dieu et les hommes.

r Qui no mot pas au-dessus de tout les choses de Dieu, le devoir qu’il impose, n’est pas de cent qui Bont envoyés pour accomplir son œuvre.

a Lorsqu'on vient introduire les hommes en des voies nouvelles, il fout beaucoup de temps pour être compris d’eus. C'est pourquoi, i l'opposition des méchants, se joint encore, à divers deqrés, la résistance des bous, jusqu'à ce que, peu a peu, leurs yeui se suient faits à la lumière.

Jésus naît dans la condition la plus humble , de sorte qu’étonné de sa doctrine, on dira de lui : N’est-ce donc pas là le fils du charpentier? et il liait si pauvre qu’il n’a pour demeure que celle des animaux, quelques langes misérables pour l’envelopper, et pour berceau qu’une crèche. Au-dessous de ce dénùment, de cet abaissement, qu’y a-t-il? Et toutefois c’est à ce signe qu’on reconuoitra le libérateur d’Israël. Il est ainsi dit aux pasteurs, et les pasteurs croient sans hésiter, quittent leurs troupeaux et leurs pâturages pour s’enquérir de l’enfant mystérieux. Cet enfant, ces pasteurs, c’est le peuple. Du peuple sort le salut, car en lui se conservent vivants les profonds instincts de l’humanité, que le pouvoir, les richesses et toutes les passions qu’elles nourrissent, étouffent en ceux à qui les nations sont livrées. Quand donc un de ces grands mouvements qui marquent les phases du développement du genre humain, doit s’opérer dans le monde, toujours il part du peuple, toujours l’ordre nouveau, la pensée nouvelle reçoit du peuple sa sanction et son efficace. Toute foi supérieure à la foi ancienne, toute société fondée sur cette foi, naît dans lctable de Bethléhem, a pour berceau une crèche; et les premiers qui viennent adorer à cette crèche, qui sont-ils? Les pasteurs, les hommes simplre et droits, encore le peuple. C’est à lui que parlent les anges, quand la parole de ceux qui enseignent ne sauroit plus que l’égarer; c’est autour de lui, c’est en lui que Dieu fait briller sa lumière. Lorsqu’elle s’éteint dans le temple, elle commence à luire dans la cabane du pauvre berger. Que le peuple donc apprenne ce qu’il est : mais qu'en apprenant sa grandeur, il en apprenne aussi les conditions saintes et sévères. On n’est pas du peuple seulement à cause que l’on ne possède rien, mais par le détachement du cœur; et les désirs excessifs, la cupidité, l’envie, constituent au fond de l’ânie la pire des possessions. Le vrai peuple, le peuple que Dieu illumine intérieurement, dans lequel il a déposé l’impérissable germe du salut, se reconnoit à des signes certains, la

régularité do la vio, la lidélité aux dovoirs, lo zélé pur du bien. Qui n’a point ce signe, n’est point du peuple, n’osl point de ceux par qui s’accomplira la délivrance, n’est point dos hommes de bonne volonté à qui la paix a été promise.

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