Et ils se rioient de lui, sachant qu’elle étoit morte
1 I.a jeune fille, rVst l'Humanité. A certaines époques, affaissée, sans mouvement, ceux qui ne jugent que pur les dehors, déclarent qne c’en est fait d’elle. Xc les croye* point ; elle n’est pas morte, elle dort.
54. Mais lui, prenant su main, s’écria, disant : Jeune fille, lève-toi.
55. Et l’esprit revint en elle; et elle se leva incontinent. Et il ordonna de lui donner à manger.
56. Et ses parents étoient hors d’eux-mêmes d’étonnement, et il leur commanda de ne dire à personne ce qui s’étoit passé.
Au-dessus de la parenté d’où liait la famille particulière, simple élément de la famille universelle, il existe, une autre parenté , qui , par un lien plus sacré encore parce qu’il est moins charnel , unit tous les hommes sous la paternité immédiate de Dieu même. Là est le fondement , la raison du devoir, comme la raison, le fondement du droit : car devant Dieu tous sont égaux, libres dès lors à l’égard l’un de l’autre, et voilà le droit : tous étant égaux devant Dieu, aucun ne sauroit se préférer à autrui sans injustice, ou, suivant l’expression de Jésus, chacun doit aimer autrui comme il s’aime soi-même, et voilà le devoir. L’amour réglé, l’amour légitime et saiut, se proportionnant à sou objet, selon les lois souveraines de l’Ordre, va toujours montant, toujours s’épandant en des sphères de plus en plus hautes. Ainsi l’individu s’aime et doit s’aimer, puisqu’il est, et que Dieu veut qu’il soit; mais il doit aimer plus que soi la famille dont il n’est qu'un membre , et plus que celle-ci la grande famille qui embrasse toutes les autres. En s’élevant de la sorte, l’amour retrouve son principe éternel, qui est aussi son terme infini. H s’y replonge, s’y dilate sans fin, et par lui s’opère l'ineffable union de l’être créé et de l’Etre incréé, union qui n’étant jamais consommée, parce qu’elle a, du côté de la créature, des borucs nécessaires, mais qui fuient toujours, croit perpétuellement, et forme et formera, au delà de toute durée mesurable , la béatitude , perpétuellement croissante aussi, des créatures sentantes et pensantes, auxquelles Dieu
n’a communiqué son être, que pour leur communiquer, autant que le permet leur nature , le sentiment qu'il a de son être, et qui constitue sa félicité interne.