‹ Les Évangiles; traduction nouvelle avec des notes, et des réflexions à la fin de chaque chapitre;Chapitre 216 sur 277 · Mais lui parloit du temple de son corps · texte numérisé non relu

Mais lui parloit du temple de son corps

22. Lors donc qu’il fut ressuscité d’entre les morts, ses disciples se ressouvinrent qu’il avoit dit cela, et ils crurent à l’Ecriture et à la parole qu' avoit dite Jésus.

23. Lorsque Jésus étoit à Jérusalem pendant la Pâque, an jour de la fête, beaucoup crurent en son nom, voyant les signes qu’il faisoit.

24. Mais Jésus ne se fioit point à eux 1 , parce qu’il les connoissoit tous ,

25. Et qu’il n’ avoit pas besoin que personne lui rendit témoignage d’aucun homme; car il savoit lui-mémc ce qu’il y avoit dans l’homme.

A toute puissance on demande ses titres, et c’est ce sur quoi les Juifs interrogent Jésus : ils le somment de prouver son autorité, sa mission.. Que leur répond-il? Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours. Surquoi saint Jean remarque qu’// parloit du temple de son corps. De quelque manière qu’on entende la parole de Jésus, toujours est-il qu’il s’allègue lui-même en preuve de lui-même, et ne s’au-

1 II vient cependant d'être dit qu'ils croyoient en son nom ; mais ils croyoient n cause des signes, et n’avoient pas la foi du cœur. Celle-ci se reconnoît par les œuvres.

torisoque dp soi. Il est clair aussi qu’entre lui et le temple il établit une relation qui spécifie cette preuve et en fait la force. Or, en effet, Jésus étoit le temple nouveau qui devoit remplacer l'ancien temple ; et ce templcnouveau, les Juifs, entuantJésus, croiroient le détruire à jamais. Mais, trois jours après, Jésusle relèveroit ; trois jours après, du pied de la croix partiroient ceux qui, propageant la doctrine du Maître, introduiroientles peuples dans le temple bâti par lui. Quel signe plus décisif, plus éclatant que celui-là ?Qui aujourd'hui en demanderoitun autre? Qui interrogeroit le Christ sur l’origine de son pouvoir? Qui mettroit en doute sa mission? Or, c’est ainsi, et non autrement, que se justifie toute mission divine. Préparée peu à peu, elle se produit à l’heure où les besoins des peuples l’ont rendue nécessaire, où chacun appelle de ses vagues désirs quelque chose qui manque, où la société entière, dans l’attente, sent tressaillir en soi comme un fruit mystérieux. Que ce soit là son état présent, qui le nieroit? Elle est encore au temps du Christ, au temps de cet avènement futur qu’il annonçoit à ses disciples, et que précéderoient des mouvements extraordinaires, des bouleversements de toute sorte. II y a encore, il y a partout des puissances ennemies qui, dans leur frayeur de l’avenir qu’il a promis au monde, se concertent pour détruire son temple, mais il le relèvera en trois jours, et du leur il ne restera pas pierre sur pierre.

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