‹ Les Évangiles; traduction nouvelle avec des notes, et des réflexions à la fin de chaque chapitre;Chapitre 247 sur 277 · De ce jour donc ils pensèrent à le tuer · texte numérisé non relu

De ce jour donc ils pensèrent à le tuer

54. C’est pourquoi Jésus ne se montroit plus en public parmi les Juifs, mais il s’en alla dans une contrée près du désert, eu une ville nommée Ephrem , et il y demeuroit avec ses disciples.

55. Or la Pâque des Juifs étoit proche , et plusieurs montèrent de cette contrée à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier.

1 Celui que Jésus a ressuscité , qui a en soi la vie que Jésos donne , qu'on le délie , et qu’ou le laisse aller; il ne veut pas qu’on serre les siens daus les bandelettes des morts.

2 Ils soumettent la religion , la vérité, la justice , tout ce qu’il y a de saint sur la terre , aux calculs de la politiqoe, et sur l’avis du suprême Pontife, concluent qu'il est utile que l'innocent soit sacrifié. Ils craignent les Romains , et soixaute-dix ans après le meurtre du Juste, les Romains ne laissoieut pas à Jérusalem pierre sur pierre.

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56. Ils cherchoient donc Jésus, et sc disoient les uns aux autres dans le temple : Qu’en pensez-vous, qu’il ne soit point venu pour la fête? Or les Pontifes et les Pharisiens avoient donné ordre que si quelqu’un savoit où il éloit , il le découvrît, afin qu’ils le fissent prendre.

Tout ce que font contre la vérité les pouvoirs qu’elle inquiète, sert en définitive au progrès de la vérité. Voyez les Pontifes et les Pharisiens : en eux apparaît, d’une manière frappante, un des caractères le plus marqué des puissances qui déclinent, qui touchent à leur fin. Un homme prêche une doctrine sur plusieurs points contraire à la leur, et cette doctrine, par sa pureté, par sa sainteté, pénètre comme d’ellc-mêrnc dans la conscience du peuple. Que vont-ils faire? Répondre à cet homme, essayer de le convaincre d’erreur, justifier leur propre enseignement par une discussion sérieuse et sévère? Non; ils injurient, ils calomnient le contradicteur et cherchent les moyens de lui imposer silence. Ce même homme opère de nombreuses œuvres de miséricorde ; il passe en faisant du bien à tous et les guérissant. Sans doute au moins ceci les touchera, leur sera une raison d’examiner avec sincérité la doctrine qu’autorisent de tels signes? Ils n’y pensent seulement pas; de ces signes mêmes et de l'effet qu’ils produisent sur la multitude, ils concluent qu’il faut se hâter de mettre à mort celui qui les fait. Mais quel motif enfin d’une résolution si effroyablement inique? Ils possèdent une autorité qui leur soumet la nation entière; ils sont en possession du pouvoir, des honneurs, des charges; spirituellement, matériellement, la société est constituée à leur profit; voilà ce qu’ils veulent conserver à tout prix ; et pour cela ne faut-il pas empêcher toute innovation, arrêter tout mouvement, prévenir tout ce qui tendrait à détacher le peuple de ses vieilles croyances? Ne faut-il pas aussi songer aux Romains. On dépend d’eux, et ils sont forts. Qu’arriveroit-il si l’esprit de liberté nationale, venant à se réveiller, ils s’en

atermoient? A tout cola, les Pontifes, les Pharisiens ne voient qu un remède : que col homme meure! Il y a dans sa parole le germe d un avenir menaçant pour nous; attachons avec lui cet avenir à un gibet. Et le gibet a été dressé et le Juste a expiré sur ce gibet, mais non l’avenir quc’redou (oient ses bourreaux. Eux, la justice inexorable les a bientôt atteints. Ils ont été broyés sous le pied de la croix arrosée du sang innocent, et de ce sang est sorti une voix que les morts mêmes ont entendue, une voix dont la puissance, croissant de siècle en siècle, crie aux peuples enfermes dans la tombe : Lazare, sors! et ils sortent.

CHAPITHE XII.

,!; S,x j° nrs avant la I^que, Jésus vint à Béthanie, où Lazare qu il ressuscita , étoit mort.

2. I.a, ds lui préparèrent à souper : et Marthe servoit, et Lazare étoit un de ceux qui étoient à table avec lui.

3. Marie prit une livre de parfum de nard choisi, et en oignit les pieds de Jésus , et les essuya avec ses cheveux ; et toute la maison fut remplie de fodeiir du parfum.

4. Un de ses disciples, Judas Iscariote, qui devoit le trahir, dit :

5. Pourquoi n a-t-011 pas vendu ce parfum trois cents deniers qu’on auroit donnés aux pauvres?

6. Il dit cela non qu’il se souciât des pauvres, mais parce qu’il étob voleur, et qu’ayant la bourse, il portoit ce qu’on mettoit dedans.

7. Jésus lui dit donc : Laissez-la; elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture.

8. \ous avez toujours des pauvres parmi vous; mais moi vous ne in avez pas toujours.

9. Une grande multitude de Juifs surent qu'il étoit là, et ils vinrent, non à cause de Jésus seulement, mais pourvoir Lazare, qu il avoit ressuscité d’entre les morts.

10. Les Princes des prêtres songèrent donc à faire mourir Lazare lui-même;

11. Parce que beaucoup d’entre les Juifs se retiroient d’eux ù cause de lui, et eroyoient en Jésus

12. Le lendemain, une foule nombreuse qui étoit venue pour le jour de la fête, ayant appris que Jésus venoit à Jérusalem,

13. Ils prirent des rameaux de palmiers, et allèrent au-devant de lui, criant : Hosannn, béni le roi d’Israël, qui vient au nom du Seigneur.

14. Et Jésus trouva un linon, et il s’assit dessus, selon ce qui est écrit :

1 5. Ne crains point , fille de Sion : voici ton roi qui vient , assis sur le petit d’une ànessc.

ltî. Ses disciples ne connurent point ceci tout d’abord ; mais quand Jésus fut entré dans sa gloire, alors ils se souvinrent que ces choses étoient écrites de lui, et qu’il les avoit accomplies.

17. Ceux qui étoient avec lui, lorsqu’il appt-la Lazare du tombeau et le ressuscita d’entre les morts, rendoient témoignage.

18. C’est pourquoi la foule vint au-devant de lui, ayant appris qu’il avoit fait ce signe.

19. Les Pharisiens se dirent entre eux : Vous voyez que rien ne nous sert; voilà que tout le monde va à lui.

20. Or, il y avoit plusieurs Gentils, de ceux qui étoient montés pour adorer le jour de la fête a ;

21. Ceux-ci s’approchèrent de Philippe, qui étoit de Bethsaïde en Galilée , et ils le prioient , disant : Seigneur, nous voudrions voir Jésus.

22. Philippe vint, et le dit à André : puis André et Philippe le dirent à Jésus.

23. Jésus leur répondant, dit : L’heure est venue, où le Fils de l’homme doit être glorifié J .

24. En vérité , en vérité , je vous le dis , si le grain de froment, tombant sur la terre, ne meurt,

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