Et qui me voit, voit celui qui m’a envoyé
46. Je suis la lumière venue en ce monde, afin que quiconque croit en moi, ne demeure point dans les ténèbres.
47. Et si quelqu’un entend ma parole, et ne la garde point, je ne le juge pas, moi : car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde.
48. Qui me méprise et ne reçoit pas ma parole , il a qui le juge. La parole que je vous ai dite, elle-même vous jugera au dernier jour J :
49. Parce que je n’ai point parlé de moi-même; mais le Père qui m’a envoyé , lui-même m’a commandé de parler, et prescrit ce que je devois dire.
50. Et je sais que son commandement est la vie éternelle. Ce que je dis donc, je le dis comme le Père me l’a dit.
1 Le sens est , que Dieu a permis qu'ils fussent aveuglés et endurcis ; de sorte qu'en cet étal, incapables de conversion , ils ne seront point guéris. Dieu ne force point U volonté , il la laisse libre, parce que la liberté, c'est le mérite.
* Les Princes du peuple, ceux qui avoient part au gouvernement de la nation.
3 Sau\er, voilà la mission de Jésus. 11 ne juge point; et s'il ne joge point, qui jugera? C'est la parole elle-même, la vérité qui juge : et quaud? Au dernier jour. Ne prévenes point le temps, et n’usurpex point la puissance.
Et maintenant mon âme est troublée! Il y a pour 1rs plus fermes des heures d’abattement. On voit le bien, on le veut, on s’efforce de le réaliser, et ces efforts paroissent sté- ■ riles, et délaissé de ccux-mèmcs à qui l’on s’est dévoué, on ne recueille que la haine, la calomnie, la persécution. Alors, du fond de l’àme s’échappe ce cri : Père, sauvez-moi de* cette heure. Car cette heure est l’heure d’agonie, l’heure où tout, et l’espérance même, semble s’évanouir dans une nuit funèbre; l’heure où l’on sent peser sur soi la pierre du sépulcre. C'étoit là ce qu’éprouvoit Jésus. Seul au milieu du monde malade, aveugle, sourd, au milieu de ses disciples qui ne le comprcnoient point, d’une foule grossière et indifférente, d’ennemis implacables, qui, trompant le peuple, le soulèveroient bientôt contre lui , il avoit devant soi le supplice, et c’étoit là le premier fruit qu’il devoit retirer de sa mission. Voilà l’heure pleine d’angoisses de laquelle il disoit ; Père, sauvez-moi de cette heure. Et toutefois, à ce même moment, contemplant en esprit ses tortures prochaines, et la croix, et la mort, il ajoute : Mais pour cela je suis venu en cette heure. Oui, pour cela sans doute, pour souffrir et mourir, et vaincre par la souffrance, et vaincre par la mort. Eternel exemple à tous ceux qui viendront continuer son œuvre, il leur apprend quelle n’est féconde que par le sacrifice de soi, que celui qui sème ne moissonne point, que, s’il ne meurt , il demeure seul ; mais, s’il meurt, il germe comme le grain jeté dans la terre et porte beaucoup de fruit. Vous donc qui sentez votre àmc se troubler, parce qu’on repousse votre parole, que vous n’en voyez point l’effet, et que l’avenir qui devoit sortir d’elle sera, ce semble, jeté avec vous dans le tombeau où les fils de Satan voudroient ensevelir la Vérité elle-même, croyez au contraire qu’à ce moment commencera le travail de vie, croyez que pour cela vous êtes venus en cette heure. Disciples de Jésus, vous n’étes pas plus grands que votre maître; il vous faut le suivre dans la route qu’il vous a frayée, accomplir le
devoir pour le devoir même, el sans ici-bas rien demander, rien attendre de plus, dire comme Didyme : Et nous aussi allons et mourons avec lui. Semez, semez toujours, sous le soleil brûlant, sous la pluie placée; semez partout, dans les prétoires et dans les prisons , sur les échafauds memes ; semez, la moisson viendra en son temps.