Et il commanda à la multitude de s’asseoir sur la terre
3(J. Et prenant les sept pains et les poissons, et rendant grâces
à Dieu, il les rompit et les donna à ses disciples, et ses disciples les donnèrent au peuple.
37. Et tous mangèrent et furent rassasiés. Et de ce qui resta de fragments , ils remportèrent sept corbeilles pleines.
38. Or, ceux qui mangèrent étoient au nombre de quatre mille hommes, sans les petits enfants et les femmes.
39. Et ayant renvoyé le peuple , il monta dans une barque r et vint aux confins de Mage dan.
Lorsqu’une institution ne peut plus satisfaire aux besoins des peuples à cause du progrès qui s’est opéré, l’esprit qui l'animoit, qui fuisoit sa vie, se retire d’elle. 11 n’en reste que le cadavre. Ainsi, au temps de Jésus-Christ, la religion de Moyse, matérialisée par les Sadducéens, chefs du sacerdoce, qui ne voyoient en elle qu’un instrument de la «politique, corrompue par les Pharisiens, qui, subtilisant sur la Loi, au prolit des passions, la réduisoient à de vains rites, des pratiques extérieures, trompant les hommes et se jouant de Dieu; la religion de Moysc, disons-nous, avoit perdu toute son efficace. Pour que la société ne périt pas avec elle, pour que le genre humain s’avançât dans ses voies, il falloit que de sa racine desséchée sortit une religion vivante, une Loi plus parfaite, puisque la vertu de la première étoit épuisée. A ces époques de renouvellement, les esprits sont pleins d’inquiètes pensées, de vagues aspirations; les âmes défaillantes ne savent où se reposer. Elles errent dans la nuit, cherchant avec anxiété un signe à l’horizon, car on ignore de quel côté la lumière viendra. Les peuples voient s’ac-
5ÿ ÉVANGILE
croître incessamment au milieu d’eux le nombre des infirmes, des malades, des muets, des aveugles, des boiteux; les misères pullulent. Que si alors ils entendent dire qu’il est apparu quelque part un de ces Prophètes qui ont reçu la puissance de guérir, ils quittent tout pour l’aller trouver; ils le suivent au désert, sur les montagnes, sur le bord des lacs, écoutant sa parole qui les fortifie, les console, et rceonnoissant à ses œuvres l’envoyé du Père céleste. Ses enseignements descendent dans les cœurs, la foi renaît, le inonde se transforme, une autre ère commence, fille de celle qui l’a précédée, mère de celles qui lui succéderont. Or, les peuples sont-ils aujourd’hui moins souffrants, moins chargés de maux de toute sorte, moins dans l’attente qu’aux jours du Christ? La terre ne tressaille-t-elle pas comme une femme qui va enfanter? En nous, autour de nous, n’y a-t-il pas une voix qui annonce quelque chose de grand, qui prophétise l’approche du salut? Que ceux donc qui ont des oreilles qui entendent, entendent.