‹ Les Évangiles; traduction nouvelle avec des notes, et des réflexions à la fin de chaque chapitre;Chapitre 89 sur 277 · Et Judas Iscariote, qui le trahit · texte numérisé non relu

Et Judas Iscariote, qui le trahit

20. Ils vinrent à la maison, et la foule s'y assembla de nouveau, de sorte qu’ils ne pou voient pas même manger.

21. Ce que les siens ayant entendu, ils vinrent pour se saisir de lui, car ils disoient : Il a perdu l’esprit 1 .

22. Et les Scribes, qui étoient descendus de Jérusalem, disoieijt: Il est possédé de Béelzébub; et il chasse les démons par le prince des démons.

23. Mais Jésus les ayant appelés, il leur disoit en paraboles : Comment Satan pent-il chasser Satan?

24. Si un royaume est divisé contre lui-méme , ce royaume ne peut subsister.

25. Et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister.

2t>. Que si Sutan s'élève contre lui-même, il est divisé, et ne pourra subsister, et ce sera sa fin.

27. Nul ne peut entrer dans la maison de l’homme fort, et piller ses meubles, s’il ne l’a lié auparavant, et ensuite il pillera sa maison.

28. En vérité je vous le dis, tous les péchés seront remis aux enfants des hommes, et les blasphèmes qu’ils auront proférés.

29. Mais celui qui aura blasphémé contre l’Esprit Saint, jamais il n'en obtiendra la rémission; mais il sera coupable d’un crime éternel.

* Quand e»t-ce que le icle du bien, l’oubli de «ul o'a pu clé taxé de folie? C’ait le prii ordinaire dont le» homme» payent le dévouement, et il faut l'accepter comme Jéiut.

30. Parce qu’ils disoient : Il est possédé d’un esprit immonde *.

31. Sa mère et ses frères vinrent, et se tenant dehors, ils l'envoyèrent appeler.

32. Or, le peuple étoit assis autour de lui; et on lui dit : Voilà, dehors, votre mère et vos frères qui vous cherchent.

33. Il leur répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères?

34. Et regardant ceux qui étoient assis autour de lui , il dit : Voilà ma mère et mes frères.

35. Car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.

La société juive , politiquement ruinée par les Romains, n’existoit désormais que dans le temple, et la corruption, la superstition, qui détruisoit la loi par des interprétations dérisoires la réduisant à des formes stériles, à une lettre morte, avoient profané le temple même. Alors Jésus vient renverser ce temple que Dieu n’habitoit plus; il vient bâtir un temple nouveau, fonder une société nouvelle. Comment accomplira-t-il cette œuvre d’où dépend le salut de l’avenir? Cherchera-t-il un appui parmi les ministres de l’ordre ancien? Rattachera-t-il sou autorité à leur autorité? Non, il se sépare de ce passé. Fort de sa foi, de la vertu qu’il sent en lui, qui le pousse à remplir sa mission, il parle, agit au nom de Dieu seul. Mais est-ce vraiment Dieu qui l’envoie? où en est la preuve? Dans ce qu’il dit, dans ce qu’il fait, dans l’instinct de la multitude , dans l’écho que sa voix éveille au fond des cœurs simples et droits. Il ne relève que de l’esprit dont l’inspiration le guide. C’est pourquoi il enseigne comme ayant puissance , et non comme les Scribes. Mais il faut que son enseignement se propage et se perpétue. Que fera-t-il pour cela? Qu’a-t-il autour de lui? Ni savants, ni riches, ni gens en pouvoir; de pauvres hommes du

1 Pire de Jésus qu’il étoit possédé d’un esprit immonde, c’étoit blasphémer contre l'Esprit Saint qui étoit en lui.

peuple, artisans, pécheurs. Il en appelle douze, ceux qu’il veut, et les charge de répandre sa doctrine, d’amener à lui le monde. Ainsi s’opère tout ce qui est grand, tout ce qui est saint, tout ce qui doit durer. Le mouvement ne part point de débris inertes; la vie n’émane point des sépulcres où pourrissent les morts , mais de qui la possède en soi. Or la vie, c’est l’amour; et voulez-vous savoir à quel signe se reconnoit l’amour, l'amour qui ranime les peuples éteints et l'humanité défaillante? Voulez-vous savoir où il est? Dans lame de celui qui, portant ses regards sur tous les hommes, et prêt à mourir pour les sauver , peut dire devant Dieu ; « Voilà ma mère, et ma sœur et mes frères. »

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