‹ Les événements de 1837-38 [microforme]Chapitre 7 sur 15 · Proposé par M. O. Chamard, secondé par M. E. Mignault · texte numérisé non relu

Proposé par M. O. Chamard, secondé par M. E. Mignault

Résolu :—— Que dans ces circonstances, nous ne pouvons regarder le gouvernement qui avait recours à l'injustice, à la force et à une violation du contrat social que comme un pouvoir oppresseur, un gouvernement de force, pour lequel la mesure de notre soumission ne devrait être désormais que la mesure de notre force numérique, jointe aux sympathies que nous trouverions ailleurs.

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o. Proposé par M. Moyen, secondé par M. Mar- M.

Résolu : — Que le machiavélisme qui, depuis la session, a accompagné tous les actes du gouvernement, la mauvaise foi qui les a caractérisés jusqu'ici, la faiblesse qui perce à chaque page du rapport des commissaires, et dans les discours des ministres où on ne rougit pas d’alléguer notre division et notre petit nombre comme motif de nous refuser justice, ne nous inspirent que le plus profond dégoût, et le mépris le plus prononcé pour les hommes qui commandent à un des peuples les plus grands, les plus nobles de la terre, ou qui sont attachés à un tel gouvernement.

5o. Proposé par M. E. poule secondé par le Capitaine Côté,

Résolu : — Que le peuple de ce pays a longtemps attendu justice de l'administration coloniale d’abord, du gouvernement métropolitain ensuite, et toujours inutilement ; Que pendant trente ans la crainte a brisé quelques-unes de nos chaînes, pendant que l'amour désordonné du pouvoir nous en imposait de plus pesantes. La haute idée que nous avons de la justice et de l’honneur du peuple anglais nous a fait ‘éspérer que le parlement qui le représente apporterait un remède à nos griefs. Ce dernier espoir déçu hous a fait renoncer à jamais à l’idée de chercher justice de l’autre côté de la mer, et de reconnaître enfin combien le pays a été abusé par les promesses ménsongères qui l'ont porté à combattre contre un peuple qui lui offrit la liberté, des droits égaux, pour

un peuple qui lui préparait l’esclavage. Une triste expérience nous oblige de reconnaître que de l’autre côté de la ligne 45 étaient nos amis et nos alliés naturels.

60. Proposé par le Capitaine Beaulac, secondé par le Capitaine Chappedelaine,

Résolu : — Que nous nions au parlement anglais le droit de législater sur les affaires intérieures de cette colonie contre notre consentement, et sans notre participation et nos demandes, comnie le non-exercice de ce droit par l'Angleterre nous a été garanti par la constitution et reconnu par la métropole, lorsqu’elle a craint que nous n’acceptassions les offres de liberté et d'indépendance que nous faisait la république voisine. Qu’en conséquence, nous regardons nu! et non avenu l'acte de tenure, l’acte de commerce du Canada, l’acte qui incorpore la société dite “ Compagnie des terres,” et enfin l'acte qui sera sans doute basé sur les résolutions qui viennent d’être adoptées par les Communes.

7o. Proposé par M. Ducharme, secondé par M.

Tétreau,

Résolu : — Que nous ne nous regardant plus liés que par la force au gouvernement anglais, nous lui serons soumis comme un gouvernement de force, attendant de Dieu, de notre bon droit et des circonstances un sort meilleur, les bienfaits de la liberté et d’un gouvernement plus juste. Que cependant, comme notre argent public dont ose disposer sans aucun contrôle le gouvernement métropolitain va devenir entre ses mains un nouvéau moyen de

pression contre nous, et que nous regardons comme notre devoir, comme de notre honneur de résister par tous les moyens actuellement en notre possession à un pouvoir tyrannique, pour diminuer autant qu’il est en nous ces moyens d'oppression, nous résolvons :

80. Sur la proposition du Capitaine Doyen, secondé par M. L. Métivier,

Résolu : — Que nous nous abstiendrons autant qu’il sera en notre pouvoir de consommer les articles importés, particulièrement ceux qui paient des droits plus élevés, tels que le thé, le tabac, les vins, le rhum, etc., etc. Que nous consommeronis, de préférence, les produits manufacturés dans notre pays ; que nous regarderons comme bien méritant de la patrie quiconque établira des manufactures de soie, de drap, de sucre, de spiritueux, etc., etc. Que considérant l'acte de commerce comme non-avenu, nous regarderons comms très-licite le commerce désigné sous le nom de contrebande, jugerons ce trafic très-honorable, tâcherons de le . de tout notre pouvoir, regardant ceux qui s’y livreront comme méritant bien du pays, et comme infâme quiconque se porterait dénonciateur contre eux.

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