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Les évêques auxiliaires du siége métropolitain de Besançon

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DU SIÉOE MËTROPOLITAIN m BE8AN(I0N

Auguste [CASTAN

BESANCON IMFRIHBHIB DJDIVERS ET C'", GR\NDE-HDÏ, 87.

Eilrail des Néoioires de la Société dTmulalion du Oonbs. Séance du 11 mars 1876.

BRUEi

; Dès les premiers temps de l'organisation des diocèses ecclésiastiques, les conciles prévirent le cas où les évêques ne pourraient à eux seuls faire les fonctions religieuses qui leur étaient réservées : on les autorisa à se choisir des suppléants qui agiraient en qualité de leurs mandataires. Ces lieutenants épiscopaux furent appelés chorêvêques , c'est-à-dire évêques forains. On ne connaît qu'un seul personnage ayant exercé cette charge dans le diocèse de Besançon : c'est Etienne, doyen du chapitre de Saint-Jean, qui vivait en 620 (l).

L'institution des chorêvêques tomba en désuétude au dixième siècle, et ce fut, paraît-il, au grand dommage de Faccomplissement régulier des devoirs épiscopaux. Le quatrième concile de Latran, qui se tint en 1215, constata cette lacune et prescrivit, par son dixième canon, les moyens de la combler, a Gomme il arrive souvent, dit le concile, que les évêques, en raison de leurs occupations multiples, ou de leur

santé, ou des invasions belliqueuses , ne peuvent suffire

par eux seuls à administrer au peuple la parole de Dieu, surtout dans les diocèses étendus et dont la population est disséminée , nous ordonnons que, dans les églises cathédrales

(l) DuNOD, Hist. de l'Egl. de Besançon, 1. 1, p. 378.

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ou conventuelles, on institue des hommes capables, que les évoques puissenH cfaoisia' comme coadjuteurs et coapérateurs, non-seulement dans Toffiee de la prédi(îafcion , mais encore dans le ministère des confessions à entendre et des pénitences à enjoindre, et généralement dans toutes les fonctions qui intéressent le salut des âmes (i). »

On le voit , cette recommandation canonique visait spécialement les diocèses qui avaient une vaste circonscription, des paroisses d'un difficile accès, une situation topographique les exposant fréquemment à être envahis par les armées. Tel était le cas du diocèse de Besancon : aussi l'institution d'un lieutenant archiépiscopal suivit-elle de près l'ordre donné à ce sujet par le concile. La fonction ainsi créée exista jusqu'à la révolutioa frauçaise, c'eat-à-dire pendant près de six cents ans.

Le titulaire de cet office prenait la qualité de suffragant. Il étaifc choisi et pouvait être révoqué par l'archevêque. Pen* daat radmini&tration intérimaire du chapitre métropolitain, le siège vacant, c'était au coarpe des chanoines à confirmer le sulfragant ou à en élire un nouveau. Ordinairement le choix de l'archevêque oa du chapitre se pointait sur uû religieux du diocèse ayant da renom oocuaie prédicateur. Quelquefois on conférait la dignité à un chanoine éliâtlngué par son érudition ou son éloquence..

La iKunination du sufTragant était notifiée à la cour de Rome, et celle^ei^ après information canonique, donnait des bulles à l'élu, en lui attribuant un titre d'évêque, ou plus

i,[\ « Gum sgepe contingat quod episcopi, propter occupationes multipliées, vel invaletudines corporales, aut hostiles incursus , per

seipsos Ho-n saflî'ekmt rainistrare pepulo verbum Dei, maxime pw

ompibaS' ôk»te^e& et diffusas , pi^fiecipivaiuâ, tas» in caithed-ralibus

quapa, in aliis çonveAtualibus ecclesiis, viros i4oneos ordinari, quos episcopi possint coadjutores et cooperatores habere, non solum in ppsedïcfttioitit» dl&e^, v^fvtH» e^m m ftudieitdi» 6€H»£»6«io&ibu» &L pssai^ tentils injungendis, ac csBtcris quse ad salutem pertinent animarum. »

rarement d'archevêque, in partibusi infidtèmtn» L© «uÉFragant était ensuite sacré et installé dans ses fonctions.

Le suffragant ne participait pas , en qualit«é d'éréque auxiliaire, à Tadminislration du diocèse : il n'exerçait que d-es fonctions épiscopales purement religieuses, par délation de Tarchevêque quand le siège était occupé, ou par délégation du chapitre en cas de vacance de Tardievêché. Substitut de l'archovêque in spiritiialibm , il ne faisait pas double emploi avec le vicaire général qui suppléait l'arclievêque in terrvpo^ ralibus, ni avec le vices gerens, chargé, pendant la vatrance du siège ou une longue absence d'archevêque, de la direotion spirituelle et temporelle du diocèse. Exception iiellemeiit, quelques-uns de ces vicaires eurent, concurremment avec le suffragant, la qualité épiscopale.

Si le suffragant était un religieux, il n'avait pas entrée au chapitre et cédait même le pas aux abbés mitres du diooèse <U. S'il était chanoine, il conservait son siège daos l'assemblée capitulaire, mais sans primer les quatre hauts dignitaires qui y présidaient suivant l'ordre de préséance de leurs titres. On avait fini pourtant par décider que, quand le suffragant serait un chanoine, il aurait, dans les proceasioxis, le pas suf tous ses confrères lorsqu'il marcherait revêtu des ornements épiscopaux , mais qu'il céderait ce pas aux quatre dignitaires lorsqu'il ne porterait point les insignes de l'épiscopat P).

Le suffragant vivait d'une pension assignée sur les revenus de l'archevêque : ce traitement, qui était de 150 francs par année au quinzième siècle, fut élevé à 200 francs au siècle suivant (3).

(1) Voir le procès-verbal de la première entrée de l'archevêquo Hugues de Vienne, le 15 août 1334. Le suffragant y est nommé après les abbés de Saint-Paul et de Saint-Vincent de Besançon, de Montbenoît, de Corneux et de Bellevaux. {Mém de la Soc. d'Emul. du Doubs, 4« série, t. X, 1875, p. 220.)

(2) Acta CapituH Bisunt, 1514, 13 decemb.

(3) Ibid., passim.

Les historiens de TEglise de Besançon n'ont pas accordé grande attention aux suifragants auxiliaires du diocèse, et cependant c'était à ces lieutenants qu'incombait la plus lourde part du fardeau religieux de l'épiscopat : leur délégation était permanente pour tout ce qui concernait les fonctions pastorales au point de vue purement spirituel, fonctions que nos archevêques, du treizième siècle au dix-septième, exercèrent rarement en personne. Les suffragants étaient sans cesse en action pour consacrer des églises ou des autels, pour bénir des cimetières, pour donner Tonction aux prêtres du diocèse, pour administrer la confirmation , pour visiter les paroisses et les bénéfices qui relevaient de la juridiction de l'ordinaire. Il y a donc beaucoup d'actes dans lesquels figurent nos évoques auxiliaires, et ces actes, pour qu'ils servent à l'histoire des localités franc -comtoises, ont besoin d'être datés avec précision : de là l'intérêt d'une nomenclature aussi exacte que possible des titulaires de la suffragance.

L'érudit abbé Richard est le seul qui, jusqu'à présent, ait essayé d'en dresser la liste (i). Celle qui va suivre est notablement plus complète P), et nous pensons faire œuvre utile en la livrant aux amis de l'histoire franc-comtoise.

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