KGB DUPLESSIS DE MORNAY
changer sans des ordres (exprès et positifs de moi. Cette Lettre servira de réponse à tons ceux du chapitre qui m'ont écrit, et auxquels j<i ne fais pas de réponse particulière, chargeant Mgr l'évoque de Samos, mon coadjuteur, de vous expliquer mes intentions. Je mets en lui toute ma confiance, comme je lui ai donné tous mes pouvoirs ; ayez donc pour lui tous les égards que vous devez avoir pour celui qui va taire tontes les fonctions de votre évoque, qui le représente, ou plutôt qui représente la personne de Jésus-Christ notre Sauveur, en qunje suis,
Messieurs, Votre très humble et très obéissant serviteur,
-J- Louis François De Mornay,
Évoque de Québec. »
Cette lettre montre que Mgr de Mornay venait d'obtenir un coadjuteur qui pût gouverner une église qu'il persistait à ne pas visiter lui-même, et ce coadjuteur était Mgr Dosquet, consacré évoque de Samos, en 1725. Avec le consentement du roi, l'évêque de Québec le nomma son vicaire général et lui transmit tous les pouvoirs nécessaires pour l'administration de son diocèse, le 25 mai 1729. Le coadjuteur s'embarqua, la môme année, pour le Canada, et y demeura jusqu'en 1732. Mais à cette époque, il fut obligé de repasser en France, pour obtenir le règlement de plusieurs affaires, et il insista auprès du roi, pour que Mgr de Mornay allât administrer lui-même l'église qui lui avait été confiée.
Eu conséquence, le ministre lui écrivit, le 4 août de l'année suivante, la lettre sévère qu'on va lire :•
« Le- Roi a bien voulu pourvoir à l'abandon dans lequel otre évôché, par la nomination de monseigneur
Dosquet à la coadjutorerie de Québec ; mais vous savez que la santé de Ce prélat et l'état de ses affaires l'ont obligé de repasser en France, où il paraît qu'il sera retenu longiemps. Sa Majesté est persuadée que, privé de ce secours, vous n'hésiterez pas à vous rendre dans votre diocèse ; informée des besoins pressants où il est, elle m'a ordonné de vous dire que son intention est que vous vous y rendiez sans plus de retard ; et comme l'état où se trouve actuellement le clergé de la Louisiane requiert encore plus votre présence que celui du Canada, elle souhaite que vous commenciez votre visite par cette province, où il n'a pas encore paru d'évéque, et où vous pourrez faire cesser le trouble qui y règne. »
Le vieil évêque préféra se décharger de toute administration, et, le 12 septembre 1733, il se démit de son évêché de Québec. Il était avancé en âge et sa santé laissait à désirer ; quelques-uns disent que ce fut la grande crainte qu'il avait de traverser la mer, qui l'empêcha toujours de venir en Amérique.
D'après une lettre écrite par M. de Saint-Senoch, qui gérait les affaires de la succession de Mgr de Saint-Vallier, en France, Mgr de Mornay avait renoncé au don que cet évoque avait fait à ses successeurs, de son palais épiscopal, croyant que les Sœurs de l'Hôpital-Général en devaient, être les propriétaires. Mais la cour en décida autrement, et le palais fut remis aux évoques de Québec.
Mgr de Mornay mourut à Paris, le 28 novembre 1741, à l'âge de soixante-dix-huit ans.
Pendant tout son épiscopat, il n'avait adressé aucun mandement au clergé ou aux fidèles. Nous n'avons de lui que la
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lettre citée plus haut, et une autre que nous allons reproduire. Ell^ est écrite aux chanoines de Québec
« Messieurs, «J'avais vu avec plaisir, dans la lettre que vous m'avez l'ait L'honneur de m'écrire, que votre confiance en moi vous faisait croire que je pouvais vous être bon à quelque chose. Je me flatte que mon zèle pour vous et mon exactitude dans cette occasion, vous en auraient persuadé encore plus que tout ce qu'on peut vous avoir dit de moi. Je vous avoue cependant que mon plaisir a été encore plus grand, après avoir parlé séparément à M. le Doyen et à M. De Lorme, du pouvoir que vous m'aviez envoyé, lorsqu'ils m'ont dit que volontiers ils m'accepteraient pour médiateur, mais qu'ils ne croient pas en avoir besoin, qu'ils avaient aplani leurs difficultés, et qu'ils vous en rendraient compte cette année. Leur union m'a donné d'autant plus de joie, que c'est l'esprit de Dieu qui l'inspire, et que vous vous en trouverez mieux pour vos affaires. Vous ne devez pas hésiter, Messieurs, quand vous me croirez capable de vous rendre service ; vous me trouverez toujours disposé à vous donner des preuves de mon attachement et que je suis plus que personne,
Messieurs, Votre très humble et très obéissant serviteur,
-j- Louis François De Mornay,
Évêque de Québec, (a)
(a) Cette lettre, qui nfe*t pas datée, a été écrite en 1 732 ; cette année la, IL de L:i tour, doyen du chapitre, était en France, et il avait une procuration chanoines pour traiter de leur? affaires.
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Mgr DOSQUET