‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 132 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

oo

spécial illustré de dix-sept portraits, nous les mettons à la portée de tous les âges et de toutes les intelligences. Les enfants eux-mêmes apprendront à connaître ceux qui furent les pères de leur patrie comme de leur église, etils graveront dans leur mémoire les traits de leurs augustes visages en même temps que les traits édifiants de leur vie.

Nous n'avons pas ménagé les citations, et, chaque fois qu'il a été possible, nous nous sommes effacé pour faire parler les évêques eux-mêmes, soit par le moyen de leurs mandements, soit par celui de leur correspondance. Et comme notre œuvre west pas celle d'un panégyriste, nous avons raconté tous les faits qui nous ont paru les plus propres à montrer tels qu'ils étaient, ceux dont nous écrivons la vie, sans omettre les actes épiscopaux qui donnent le plus de prise à la critique. C'ost au reste la seule manière d'écrire l'histoire, et l'épiscopat cana- : dien n'aura pas à en souffrir. Si les évêques de Québec ne furent pes tous des Laval et des Plessis, lous, on peut le dire, furent de vertueux ecclésiastiques, et plusieurs moururent en odeur de sainteté. Ce livre sera donc édifiant dans son ensemble, sinon dans tous ses détails, et nous avons la confiance qu’il sera instructif pour le grand nombre des lecteurs ; après en avoir parcouru les humbles pages, ils comprendront mieux quelle lsrge et glorieuse part appartient aux évêques de Québec dans les événements les plus importants de notre histoire.

a nr og D Gr

s à la , Les

furent veront zes en is qu’il | ler les

ments, | œuvre | Jus les

qu'ils

's actes

’ost au ; t cana- :

bec ne ‘1 ‘ eut le É.

nouru- | it dans

vous la

re des | ls com- .

pt aux ortants

MGr DE LAVAL

: CHAPITRE I l

“é Naissance de Mgr de Laval.—Sn vie à l’hermitage de Caen.—Il est nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France.—Son départ.—Ütat de l’église

É du Canadus, 4 .

4 Mgr de Laval naquit, le 30 avril 1622, à Montigny-sur-

É Avre, canton de Brézolles, diocèse de Chartres, départe-

ment d'Eure-et-Loir. Son père Hugues de Laval était seigneur de Mon'igny et de Monbaudry, sa mère s'appelait Michelle

Péricard.

Le jeune de Laval fit ses études chez les Jésuites de La- 4 flèche, reçut la tonsure en 1631, et fut fait chanoine d'Évreux A trois ans plus tard. Héritier en même temps, par la mort h de son frère aîné, du nom et des biens de sa famille, il

renonça à ces avantages en faveur d'un plus jeune frère, pour suivre l'attrait qui le poussait vers Dieu seul. Ainsi - | se manifestaient, dès ses plus tendres années, cet esprit de Ë à détachement, ce mépris des richesses qui lui inspirèrent par ë

#4 la suite tant d'actes sublimes, tant d'obscurs dévonemenis. Ayant terminé sa théologie à Paris, il reçut la consécra-

tion sacerdotale, le 23 septembre 1647, à l'âge de vingi-cinq

É ; ans. À celte époque, exislait à Paris une pieuse congréga-

b: À tion fondée au Faubourg Saint-Marceau par le père Bagot, D 4 et qui plus tard donna naissance à la maison des Missions

Etrangères. L'abbé de Montigny, c'est ainsi qu'on le nommait alors, faisait partie de cette association érigée sous le

vocable de la sainte Vierge. Ces réunions se composaient des hommes du temps, les plus distingués par leur naïissance, leurs talents et leurs vertus. L'un d'eux, M. des Muizerets, suivit Mgr de Laval au Canada, où il le seconda merveilleusement en tout.

Plus tard, on retrouve ce groupe d'élite chez M. de Bernières de Louvigny, trésorier général à Caen, la con grégation de Paris ayant été dissoute par les événements politiques qui agitaient alors la capitale. L’'Hermitage, comme on appelait la maison de M. de Bernières, devint une sorie de cénacle, où s’épanouirent, comme dans un jardin merveilleux, les fleurs de toutes les vertus. Là, Dieu, la science, la charité, se partageaint tous les instants. Qui dira les oraisons, les jeûnes, les macérations, les veilles, ies travaux intellectuels du futur apôtre, pendant les quatre années de son séjour dans cette demeure bénie!

Un attrait également puissant le poussait vers les œuvres de miséricorde corporelle. C’est ainsi qu'il surpassa tous ses émules, au nombre desquels se trouvaient MM. de Mézy, Dudouyt et des Maiïzerets, dans le zèle qu’ii déploya en faveur des malades de l’'Hôtel-Dieu. Lui, le rejeton d’une famille illustre, se faisait, à l'instar de saint François-Xavier, le serviteur de ses malheureux, auxquels il rendait les services les plus abjects. «On l'a vu de plus, dit l’auteur des Mémoires de la vie de Mgr de Laval, faire plus'eurs longs pèlerinages, à pied, sans argent, mendiant son pain, et cacher à dessein son nom, afin de ne rien perdre de la confusion, du mép'is et des mauvais traitements ordinaires dans ces occasions et qui ne lui furent pas épargnés. Il s’en félicitait comme les apôtres, et remerciait Dieu d’avoir quelque chose à souffrir pour son amour. »

ve

me

ient Jais-

des nda

|, de con 1ents tage, evint s un Là, tants.

illes, uatre

uvres tous éZY, a en d'une avier, ès serir des longs acher usion,

ns ces licitait chose

Quelques-unes des œuvres de l'abbé de Montigay revêtent, dès cette époque, un caractère de publicité : témoin la réformation des Hospitahières de Caen, qui s'étaient départies de leur sévérité primitive et dont il fut nommé directeur. Il entreprit, dans l'intérêt de ces religieuses, un voyage à la cour, qui le fi‘ apprécier de la reine Anne d'Autriche, régente du royaume.

Comme, dès l’année 1651, on parlait d'envoyer un évêque dans la Nouvelle-France, il ne faut pas s'étonner si M. de Laval, une fois connu, réunit tous les suffrages. Son courage, son zèle tout apostolique, son culte pour la pauvreté évangélique, ne le mettaient-ils pas à la hauteur de la position à la fois pleine d'honneur et de difficultés qu’on lui offrait, et n'expliquaient-ils pas l’insistance qu’on mit à la lui faire accepter ?

Cependant la perspective de cette dignité redoutable effrayait son humilité. Un autre, selon lui, était plus apte aux fonctions sublimes de l’épiscopat. Partir en qualité de simple missionnaire, voilà où se bornait son ambition. Mais Dieu avait sur lui des vues plus élevées et depuis longtemps ii préparait son serviteur pour en faire ie premier évêque du Canada. La reine et M. de Bernières furent les principaux instruments dont la Providence se servit pour faire connaitre ses adorables desseins à M. de Laval, et leurs instances réunies finirent par triompher de ses humbles refus.

Préconisé au mois de mai 1658, l'abbé de Montigny reçut d'Alexandre VIT les bulles qui le faisaient évèque de Pétrée in parlibus infdelium et vicaire apostolique de toute la Nouvelle-France.

ES

D a PET un aurait ram em

Enfin, le 8 décembre 1658, le nonce du Pape, assisté de Mgr Abellv, évêque de Rhodez, et de Mgr du Saussaye, évèque de Toul, le sacrait évêque dans l’église abbatiale des Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. M. de Laval n'avait alors que trente-cinq ans.

Il serait trop long d’énumérer ici les obstacles et les contrariétés que le prélat eut à subir, avant son départ pour le Canada. Nous devons nous borner à dire que ces épreuves venaient de l'archevêque de Rouen, qui s'était insensiblement accoutumé à regarder le Canada comme une partie de son diocèse, et qui n’eutendait pas abandonner ce qu’il croyait être sa propriété.

Mgr de Laval ne se laissa: pas dominer par cette opposition, Son devoir ne lui montrait qu’une autorité, celle du Pape. Fort de ce suprême appui, il s’embarqua pour sa nouvelle pairie, le jour de Pâques, 1659. Parmi ses compagnons de voyage, se trouvaient MM. Ango des Maizerets, Torcapel, Pèlerin, le jeune de Bernières, et le père Jérôme Lallemant, de la compagnie de Jésus.

Bicn pauvre et bien misérable était la petite église qui attendait de l’autre côté des mers le jeune évêque et ses dignes coopérateurs. Les Récollets, on le sait, avaient été les premiers à évangéliser le Canada dès l’année 1615, et dix ans après les Jésuites étaient venus partager leurs travaux héroïques. Ce qu'ils eurent à souffrir dans leurs pénibles voyages à travers les forêts, ce qu’ils endurèrent pour la foi du Carist, ce qu’ils opérèrent de conversions parmi les sauvages, tout cela est raconté dans les admirables relations de ces intrépides missionnaires ; toui cela fera à jamais la gloire de ces deux ordres religieux comme l'honneur de l'église du Canada.

Es ts du dE

pposi-

celle , pour ai ses Maize- > père

Après la prise de Québec par les Anglais, en 1629, tous les prêtres furent chassés de ce pays et se virent obligés de repasser en France. Le 13 juillet 1632, le traité de Saint- Germain-en-Laye remit la colonie entre les mains des Francais, et les révérends pères Jésuites se hâtèrent de reprendre leurs missions canadiennes. Pendant vingt-cinq ans, ils furent à peu près seuls chargés de l'administration ecclésiastique de la Nouvelle-France, et, jusqu’à 1657, l'on ne compte pas plus de neuf prêtres séculiers qui y avaient exercé le saint ministère ; encore n’y demeurèrent-ils pour la plupart qu'un petit nombre d'années.

Les Récollets auraient vivement désiré revenir en même temps que les Jésuites, mais leur requête fut mise de côté par la compagnie des cent associés,fqui dirigeait alors les affaires de la Nouvelle-France.

Enfin, en 1657, les Sulpicieus arrivèrent à Montréal et desservirent cet établissement qui, depuis sa fondation, avait été sous la direction des pères de la compagnie de Jésus.

La colonie était à cette époque dans un état vraiment déplorable : elle était épuisée par un demi-siècle d'épreuves et de luttes; maladies contagieuses, guerres sans cesse renaissantes, incendies désastreux : tous les malheurs avaient fondu sur cet infortuné pays. Il était temps qu'un homme de Dieu vint soutenir celte église naissante, au milieu de tant d'épreuves et de tant de dangers. Mgr de L:val était bien cet homme de Dieu : il avait, on le verra, toutes les qualités requises pour remplir la mission sublime qui lui était confiée ; il avait le cœur d'un apôtre et d’un saint, la sagesse et l'énergie d’un homme d'État.

aan Les Hu dater

ire

NDS AT pr apue 20e dre eee

en

d'art re) t

Page 1