‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 132 · LA · texte numérisé non relu

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Providence dont la conduite est très souvent d'autant plus miséricordieuse qu’elle est moins conforme à nos désirs et flatte moins nosinclinations. N’en avons-nous pas une preuve manifeste dans la conduite que nos vainqueurs ont tenue à notre égard depuis ià conquête de la colonie ? |

» La reddition de Québec vous laissait à la disposition d’une armée victorieuse : vous fûtes sans doute d’abord alarmés, effrayés, consternés. Vos alarmes étaient fondées ; vous saviez ce qui se passait en Allemagne, et vous crüûtes voir déjà fondre sur vous les mêmes malheurs. Vous ignoriez que lPaimable et toujours attentive Providence vous avait préparé un gouverneur qui, par sa modération, son exacte justice, ses généreux sentiments d'humanité, sa tendre compassion pour le pauvre et le malheureux, et une rigide discipline à l'égard de ses troupes, devait faire disparaitre toutes les horreurs de la guerre. Où sont en effet les vexations, les concussions, les pillages, les onéreuses contributions qui marchent ordinairement à la suite de la victoire ? Ces nobles vainqueurs ne vous parurent-ils pas, dès qu'ils furent nos maitres, oublier qu'ils avaient été nos ennemis, pour ne s'occuper que de nos besoins et des moyens d'y subvenir ? Vous n'avez sûrement pas perdu le souvenir des mouvements que s’est donnés Son Excellence, l'illustre et charitable général Murray, et des aumônes considérables qu'il a procurées pour la subsistance des pauvres. Vous n'avez pas oublié ses sages et efficaces précautions pour empêcher la disetie dans son gouvernement.

» Après de pareils traits, ne devons-nôus pas être convaincus que Dieu n'a point cessé de nous aimer et qu'il ne tiendra qu'à nous de goûter sous ce nouveau gouvernement les dou-

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ceurs d’une paix heureuse et durable ? Soyez exacts à remplir les devoirs de sujets fidèles et attachés à leur prince ; et vous aurez la consolation de trouver un roi débonnaire, bienfaisant, appliqué à vous rendre heureux, et favorable à votre religion, à laquelie nous vous voyons avec une joie inexprimable si fortement attachés.

» Au reste, Nos Très Chers Frères, ce ne sont pas vos seuls intérèts temporels qui exigent de vous cette entière el parfaite fidélité, c'est un devoir que la foi vous prescrii.

» L’Apôtre saint Paul répète en plusieurs endroits cette obligation indispensable, et, en devenant prévaricateurs, non seulement vous encourreriez l’indignation de notre légitime souverain, vous perdriez sa protection, vous seriez dépouillés de tous les privilèges qu’il a eu la bonté de vous accorder, mais encore vous vous rendriez très coupables aux yeux de Dieu ; et d'autant plus criminels que vons vous exposeriez à être privés du titre et plein exercice de notre très sainte et seule véritable religion, qui nous est promis et accordé par le traité de paix. Considérez donc attentivement, Nos Très Chers Frères, combie il vous importe d’être soumis et fidèles, et que rien ne peut vous dispenser d’une parfaite obéissance, d’une’ scrupnleuse et exacte fidélité, et d’un inviolable et sincère attachement à notre nouveau monarque etaux intérêts de la nation à laquelle nous venons d’être agrégés. »

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