‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 132 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Deuxième voyage en France.—Dévotions encouragées.—M. de Frontenac.— Troisième voyage.—Mgr de Laval est gravement malade.—Il veut donner À sa démission et fait son quatrième voyage en France.—Éloge que fait de lui M Mgr de Saint-Vallier.

Dans l'automne de 1671, Mgr de Laval partit de nouveau # pour la France. Il y demeura trois ans pour obtenir les 2 bulles de l'évêché de Québec. IL écrivit à ce sujet à la À Propagande : «je n’ai jamais recherché l’épiscopat et je l'ai 2 accepté malgré moi, convaincu de ma faiblesse ; mais en l ayant porté le fardeau, je regarderai comme un bienfait d’en À être délivré, quoique je ne refuse pas de me sacrifier pour ! | l'Église de Jésus-Christ et pour le salut des âmes... après avoir tout considéré müûürement, j'ai pris la résolution de ! me démettre de cette charge, et de ne pas retourner dans là ! Nouvelle-France, si on n’y érige l'évêché, et si je ne suis À pourvu et muni des bulles qui m'en constituent l'ordinaire. Telle est la fin de mon voyage en France et l’objet de mes À VŒœUX. » F

Les négociations s’établirent entre les cours de Rome et # de France, et le roi ayant enfin cédé de ses prétentions, M Clément X nomma Mgr de Laval évêque de Québec, et maintint sa dépendance immédiate du Saint-Siège, le 1er octobre !

A son retour en 1675, le prélat travailla avec un redouble- À ment de zèle au bien spirituel et temporel de son troupeau.

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Sa piété ne lui faisait négliger aucun des moyens propres

là sanctifier les âmes, et c’est une chose bien digne de remar-

que, que les principales dévotions qui existent aujourd’hui

let qui font la force spirituelle de notre peuple si religieux,

existaient déjà sous le premier évêque de la Nouvelle-France,

Qui n’invoque et n’honore d’une manière spéciale le grand saint François-Xavier ; eh bien! cette dévotion nous vient en grande partie de Mgr de Laval. Le 3 décembre 1667, il

jordonnait que sa fête serait d'obligation et célébrée dans Btout le diocèse, «ce grand saint, dit le pieux évêque, étant qualifié dans toute l'Église, apôtre des Indes, et ce pays pas- #sant pour une partie des Indes, nous avons pensé ne pouvoir

dispenser cette église naissante de lui rendre ce devoir, à

Smoins que de lui refuser cette qualité, outre que d’ailleurs ice qui nous a obligé à ce dessein, est le grand avantage et les grâces extraordinaires que tout ce christianisme des Fran-

çais et des Sauvages a reçus jusqu’à présent et retirera à l'avenir, d’un si grand protecteur; une infinité de merveilles et de miracles que Dieu a voulu opérer, dans ce dernier temps, en toutes les parties du monde, par le recours que l’on a eu à son intercession, font assez paraître la grande puis sance qu’il a auprès de sa divine Majesté. »

Que dire de la dévotion du pieux évêque pour l’'Immaculée Conception de Marie ?

Le 11 juillet 1666, il avait consacré sa cathédrale à Marie mmaculée, et lui-même l’honorait et se vouait à son service par un vœu que nous ne pouvons nous empêcher de citer en entier :

« Adorable Jésus, sauveur du monde, quoique nos péchés J ous doivent éloigner de votre présence, si est-ce qu'étant

épris d’une affection de vous honorer et votre très sainte Mère, et poussés du désir de nous voir dans la fidèle corres. | pondance que vous désirez de vos serviteurs, pour vous faire reconnaître et adorer des pauvres peuples de ces contrées, | nous voici prosternés à vos pieds où nous vous promettons | et faisons vœu, comme aussi à la très sainte Vierge votre Mère, de célébrer, douze fois ces douze mois suivants, le | sacrifice de la sainte messe, et pour ceux qui ne sont prêtres, À de communier et dire le chapelet autant de fois, et ce à M l'honneur et en actions de grâces de l’Immaculée Conception | de cette sainte Vierge, votre Mère, comme aussi de jeûner

tous la veille de cette sienne fête à la même intention. Le tout, de plus, pour obtenir de votre bonté et miséricorde, ! par son intercession et par ses mérites, la conversion de ce À pays et la conversion des pauvres Sauvages qui l’habitent, |

Recevez donc, à sainte et sacrée Reine des anges et des M hommes, sous votre sainte protection, ces peuples désolés et Mi

abandonnés que nous vous présentons par les mains de votre glorieux époux et de vos fidèles serviteurs saint Ignace et | saint François-Xavier, et de tous les anges gardiens et protecteurs de ces lieux, pour les offrir à votre bien-aimé Fils, | à ce qu’il lui plaise les maintenir et conserver contre leurs ! ennemis, donner la connaissance de son saint nom à ceux M qui ne l’ont pas encore, et à tous la persévérance en sa sainte ; grâce et en son saint amour. Ainsi soit-il. |

» (1666) | FRANÇOIS, Évèque de Pétrée.»

L'année précédente, Mgr de Laval avait établi dans la cathédrale la confrérie du Saint-Scapulaire, répandue aujourd’hui dans toutes les paroisses du Canada, et la confrérie

très sainte de la Sainte-Famille, dont il fit lui-même les sages règleèle corres- ments.

Mais ce fut surtout envers la bonne sainte Anne, que ce

vous faire contrées, prélat encouragea la dévotion de ses diocésains, Il avait romettons compris avec l'intelligence, que donne le génie joint à la

erge votre uivants, le | nt prêtres, Is, et ce à M ouception |

sainteté, que cette dévotion deviendrait nationale, et qu’elle Iserait la sauvegarde de la foi pour tout le peuple.

Voici ce que dit de sainte Anne son admirable mandement Bsur les fêtes :

«Et comme d’ailleurs ce christianisme a un besoin tout

de jeûner particulier de puissants protecteurs au ciel, et que nous ntion. Le avons reconnu un concours général de tous les fidèles à iséricorde, ecourir en tous leurs besoins avec une piété et dévotion rsion de ce singulière à la bonne sainte Anne, et même qu'il a plu l'habitent, depuis plusieurs années faire paraître par beaucoup d'effets

et secours miraculeux, que cette dévotion lui est très agréable, et qu’il reçoit volontiers les vœux qui lui sont présentés par son moyen, Nous avons jugé à propos d'ordonner, comme de fait nous ordonnons, que la dite fète de sainte Anne sera dorénavant observée et chômée en tout le pays de la Nourelle-France, et censée fête de commandement, et que tous es fidèles seront obligés de la garder, tout ainsi que les autres qui leur. sont commandées. »

| La chapelle dédiée à cette grande thaumaturge fut reconstruite, avec son autorisation, en 1676.

Le nassage suivant d’une de ses lettres en 1685, fera voir Piniérêt qu'il prit à cette église et aux nombreux pèlerinages pli dans .la Bqui s'y faisaient. :

bandue au- À «Comme M. Morel devait faire quelques quêtes pour le a confrérie fétablissement de l’église de Sainte-Anne, et que je me per-

ges et des s désolés et is de votre

Ignace et ens et pro- -aimé Fils, ontre leurs nom à ceux in sa sainte à

Pétrée.»

suade aisément qu'il aura encore amassé quelque chose pour joindre au reste du fond, tant de ce qu’il m'a baillé que | de ce qui est entre les mains des Boulangers, qui se monte } bien à cinq cents livres, au cas que l’on envoyât six maçons, il en faudrait accommoder Sainte-Anne de deux, et com. mencer au moins l'été de 1686, à moins que les navires de cette année n’arrivassent de si bonne heure, que l’on püt commencer dès cette année. Ce qui aurait un bon eftet et exciterait les peuples à continuer leurs charités pour le réta. blissement d’une église où tout le pays a une si grande | dévotion.»

En effet, à cette époque et plusieurs années auparavant, on accourait en foule vers la Bonne Sainte-Anne de Beaupré | à laquelle on faisait, comme aujourd’hui, des vœux et des # offrandes. C’est en 1665 que la mère de l’Incarnation écrivait: à « À sept lieues d’ici, il y a un bourg appelé le Petit-Cap où il; y a une église de Sainte-Anne, dans laquelle Notre Seigneur À fait de grandes merveilles en faveur de cette mère de la très sainte Vierge. On y voit marcher les paralytiques, les aveugles recouvrer la vue, et les malades, de quelque maladie | que ce soit, recevoir la santé.»

Aussi le pieux évêque de Québec, touché des merveilles qui, dès l’origine du Canada, ont rendu si célèbre ce lieu de pèlerinage, en avait approuvé le recueil authentique fait par M. Thomas Morel, curé de Sainte-Anne de Beaupré : « tout » ce qu'il contient est conforme à la vérité et très propre à : » favoriser la dévotion envers la mère de la sainte Vierge » Nous affirmons qi rien n'a contribué aussi efficacement aux

» progrès de cette église naissante, que la dévotion spéciale qui

» le peuple de tout le pays professe envers cette grande saine,

Ique chose à baillé que ui se monte six MAÇONs, ux, et com.

navires de ae l’on püt bon effet et our le réta- > si grande

iuparavant, de Beaupré, œux et des on écrivait:

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merveilles e ce lieu de

dévotion qui le distingue certainement des autres peuples.» juin 1680.

» Ajoutons à tout cela l'approbation donnée aux règlements

e la confrérie de Sainte-Anne, érigée dans l’église parois-

iale de Québec, et l’on sera convaincu que Mgr de Laval

lavait rien de plus à cœur que de promouvoir le culte

endu en Canada à la mère de la très sainte Vierge.

Toutes ces œuvres de piété jointes aux travaux apostoliques es missionnaires pouvaient seules consoler Mgr de Laval des hagrins que lui causait la perversion des Sauvages par la raite de l’eau-de-vie. Si M. de Tracy avait secondé ses vues hrétiennes sur cette importante question, il n’en fut pas

nsi du comte de Frontenac, qui arriva au pays en qualité e gouverneur, dans l'automne de 1672. Cet homme, qui

inissait de si grands défauts à de si belles qualités, ne fut

as longtemps sans permettre à son tour ce commerce imnoral, et comme il restait sourd à toutes les représentations e l'évêque, celui-ci fut obligé de repartir pour la France, n novembre 1678, et d'aller plaider auprès du roi la cause e la religion et de la civilisation. «Il est impossible, dit lerland, de ne pas admirer l'énergie que déployait le noble vêque, implorant la pitié du monarque pour les pauvres

pauvages de la Nouvelle-France avec tout le courage que

bontrait Las Casas, lorsqu'il plaidait la cause des Sauvages e l'Amérique espagnole. Louis XIV confia l'examen de la estion à son confesseur, le Père La Chaise, et à l’archeque de Paris, et, après mûre délibération, ils furent d’avis e le roi devait défendre très expressément aux Français de orter des boissons enivrantes dans les bois et dans les le abitations des Sauvages. Colbert envoya à M. de Frentenac

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l'ordonnance expédiée en conformité avec cet avis, et enjoi. gnit à l’intendant de tenir la main à la faire ponctuellement exécuter. L'évèque avait obtenu beaucoup moins qu'il ne demandait. Mais comme il ne pouvait avoir davantage, il s'en revint au Canada au printemps de 1680, »

Tant de voyages, de travaux, de fatigues, de déceptions et de chagrins, amenèrent chez Mgr de Laval une maladie qui le conduisit aux portes du tombeau.

A peine revenu à la vie, le courageux pasteur poursuivit sa tâche. Mais elle était si ardue, et l’apôtre si affaibli, qu'il dût bientôt songer à prendre un repos nécessaire, et c'es! pour réparer ses forces épuisées, qu'il se rendit à la cam. pagne, dans une maison du séminaire. La souffrance le suivit dans sa retraite, et ce fut aussi la souffrance qui le força d’en sortir ; car un incendie désastreux ayant détruit presque toute la basse-ville de Québec, dans l'été de 1682, ke pasteur ne put rester loin de son troupeau, dans cette infor. tune. On le vit prodiguer ses consolations aux familles les plus éprouvées, et, pour soulager leur détresse, se réduire à une sorte de pénurie; l’on dit qu’à cette époque néfaste, ill versa trente mille livres dans le sein des pauvres, somme énorme psar le temps et pour les minces ressources du | généreux donateur.

Revenu un peu à la santé, Mgr de Laval ne songea plus qu’à donner sa démission.

« Les forces de Mgr de Laval ne pouvaient suffire à son zèle, dit l'Histoire de l’Hôtel-Dieu, les fatigues continuelles qu’il essuyait dans les visites de son diocèse, qu'il faisait quelquefois en raquettes, lui avaient déjà fait contracter plusieurs infirmités, et, par-dessus out cela, son humilité lui

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MGR DE LAVAL 49 jersuadait qu’un autre à sa place ferait plus de bien que lui, quoiqu'il en fit véritablement beaucoup, parce qu'il ne cherhait que la gloire de Dieu, et le salut de son troupeau. Sa doctrine et ses éminentes vertus le faisaient regarder comme n très digne prélat ; lui seul souhaitait d'être déchargé.»

Dans une de ses lettres, le bon évêque attribue en partie sa démission à une affection du cœur, qui le réduisait parois à ne pouvoir se lever de son lit, et à une espèce de congestion cérébrale qui lui faisait éprouver des éblouissements Bt un long mal de tête, après une étude fatigante.

Mais avant d'abandonner le siège épiscopal, il pourvut à

la bonne administration de son église en érigeant un chapitre,

jar ses lettres patentes, en date du 6 novembre 1684. Par la bulle d’érection de l'évêché, la paroisse de Québec avait été upprimée et le chapitre était chargée du soin des âmes. Le * novembre, à la demande de presque tous les chanoines, ‘que érigea de nouveau la cure et l’unit au séminaire, amenant les choses à peu près à leur premier état. Onne eut s'empêcher de regretter cette irrégularité de la part de Mgr de Laval dans l'exécution de la bulle du Souverain Ponife, irrégularité qui fut plus tard la source de bien des brocès entre l'évêque de Québec, le chapitre et le séminaire. Le pieux prélat crut sans doute qne le consentement du hapitre lui donnait le droit de changer les dispositions du locument pontifical, et ne prévit pas les nombreuses diffiultés qui devaient être la conséquence de l’union de la aroisse au séminaire, C'est dans le dessein d’obtenir un remplaçant au siège de

Juébec, que Mgr de Laval traversa de nouveau les mers

0 ur la quatr:ème fois. Déjà il y songeait depuis quelque

temps. Il avait chargé M. Dudouyt, son procureur à Paris, » de faire sans bruit quelques recherches sur un sujet propre & à le remplacer, et, le 28 mars 1684, M. Dudouyt lui annonçait, qu'après avoir consulté M. Tronson et le Père LeValois, il !

croyait lui avoir trouvé un bon successeur, dans la personne M

de l’abbé de Saint-Vallier.

Sa lettre renfermait un portrait du candidat avec les raisons M

pour et contre. Mgr de Laval crut que c'était le meilleur M

choix, et il partit en novembre de la même année, pour la ss

France, afin de le faire ratifier par le roi.

La Providence permit que le prélat rencontrât encore des À obstacles. Mais cette fois, son grand mérite seul les fit à naître. Car Louis XIV, connaissant ses hautes vertus, l’im. À mense infiuence que sa popularité exerçait dans son diocèse, M et le bien qui résultait de sa sage administration, hésitait à | lui donner un successeur. Mgr de Laval en avait rendu la À nomination extrêmement difficile.

Cependant, vaincu par ses prières, touché de ses infirmités, LS le monarque finit par se rendre. IL fut convenu entre M. de Saint-Vallier et l’évêque de Québec, que Le premier viendrait au Canada, en qualité de grand vicaire, afin de visiter son | futur diocèse et d’en étudier les divers besoins, pendant que À Mgr de Laval, restant en France, y solliciterait les bulles du ! Saint-Siège. È

C’est en 1685 que le nouveau dignitaire arriva au pays;

i! fut émerveillé de l’état florissant de la colonie, et surtout &

de l’église qui venait d'être confiée à ses soins.

A cette époque, il y avait à Québec: le château Saint- Louis, le séminaire, le monastère des Ursulines, l’'Hôtel- Dieu, le vaste collège des Jés'ites, en face de la cathédrale,

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et le souvent des Récollets, appelé alors Notre-Dame-des- Anges, aujourd'hui devenu l'Hôpital-Général, ei habité à cette époque par quinze religieux. Il y avait cent quatrevingt-sept maisons dans la ville. Dix mille sept cent vingtcinq Français ou Canadiens habitaient la Nouvelle-France.

En voyant l'état si nrospère du pays, en constatant le bien qu'y avait fait la religion, Mgr de Saint-Vallier atiribua ces heureux résultats à l’esprit d'initiative et de zèle de Mgr de Laval ; plus tard, il fit de lui ce bel éloge : «je m’estimerais heureux si je pouvais soutenir le bien que M. de Québec avait établi avec tant de bénédiction et tant de peine, pendant près de trente années. La noble maison de Laval dont il est sorti, le droit d’ainesse de sa famille auquel il a renoncé, en entrant dans l’état ecclésiastique, la vie exemplaire qu'il a menée en France avant qu’on pensât à l’élever à l’épiscopat, le zèle et l’application avec laquelle il a gouverné si longtemps l’église, soit en qualité de vicaire apostolique, évèque de Pétrée, soit en qualité de premier évêque de Québec, dont le titre a été érigé à Rome en 1674, à l'instance de Louis-le- Grand, qui a doté l'évêché ; la constance et la fermeté qu'il a eues à surmonter tous les obstacles qui se sont opposés en diverses occasions et en différentes manières à la droiture de ses intentions et au bien de son cher troupeau ; les soins qu'il a pris de la colonie des Français et de la conversion des Sauvages, les navigations qu'il a entreprises plusieurs fois pour le bien des uns et des autres ; le zèle qui le pressa de repasser en France, il y a trois ans, pour venir se chercher un successeur, son désintéressement et l'humilité qu'il a fait paraitre en offrant et en donnant de si bon cœur sa démission pure et simple : enfin toutes les grandes vertus que je

52 NOTICES BGGRAPHIQUES

lui vois pratiquer chaque jour dans le séminaire où je demeure avec lui, mériteraient bien en cet endroit de solides louanges; mais sa modestie m’impose silence, et la

vénéralion qu’on a pour lui partout où il est connu, est un éloge moins suspect que celui que j’en pourrais faire; l’honneur qu’il m'a fait de jeter les yeux sur moi pour remplir sa place, m'a mis sur les épaules un fardeau si fort au-dessus

de mes forces, qu’il me semble que, sans être ingrat, il me serait permis de n’en être pas tout-à-fait reconnaissant ; il lui était aisé de mieux choisir, et je sens bien qu’il me sera difficile de soutenir l’idée qu’il a eue de ma personne quand ii m'a proposé au roi, tout indigne que je suis pour un si redoutable ministère.»

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