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rables. Si je suis entré dans les discussions que vous avez avec M. le curé et le séminaire, c'est dans un esprit de paix et dans le dessein de rapprocher les esprits; n'ayant point sollicité ni pour l'un ni pour l’autre aucune personne, quoique j'aie été en lieu &e le faire. S'il a paru quelque chose de contraire aux sentiments intérieurs, j'en suis fâché, parce que vous l'avez été.
« Quoique vous soyez tous séparés, et qu'il paraît que vous ne fassiez plus un corps, quoique j'aie donné à mes grands vicaires, suivant les privilèges du pape, des pouvoirs qu'ils peuvent exercer même après ma mort, comme Je vous ai autorisés à cette dispersion, je crois que, quand vous apprendrez ma mort, vous devrez vous réunir dans l'endroit le plus facile, et pourvoir à la vacance du siège, en nommant des grands vicaires, sur quoi je vous prie d’avoir attention à ce que je vous demande pour le bien de ce pauvre diocèse.
« Continuez mes grands vicaires, parce qu'ils ont des connaissances essentielles, et presque toutes celles que j'ai; par ce moyen, on ne pourra faire la moindre difficulté sur votre nomination, sauf à vous en donner d'autres... Je me recommande, messieurs, à vos prières, avec la même instance qu’un évêque moribond a coutume de le faire, et avec une confiance toute particulière... »
Enfin la mort vint mettre un terme aux souffrances et aux chagrins du vénérable prélat, qui rendit son âr.e à Dieu, le 8 juin 1760, à l’âge de 51 ans. On a vu combien grande était sa charité et combien d'occasions il avait eues de l'exercer. Aussi il mourut pauvre, et il
put dire ces belles paroles au dépositaire de ses der-*
nières volontés : « Vous direz aux pauvres que je ne leur laisse rien en mourant, parce que je meurs moimême plus pauvre qu'eux. »
Cette mort, jointe à la perspective de la domination britannique > plongea tout le pays dans la plus amère 3*
douleur. Des circulaires furent adressées au clergé par les grands vicaires de Montgolfier et Perreault, pour annoncer le lamentable événement, et pour recommander que des services fussent célébrés pour le repos de l'âme du vénérable prélat.
Il fut enterré, le 10 juin, dans l’égnse paroissiale de Ville-Marie, et, le 25, son oraison funèbre fut prononcée par M. Louis Jolivet, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice, devant tout le clergé du gouvernement de Montréal,
M. de Montgolfier, écrivit au mois de septembre suivant, au comte de Pontbriand, frère du prélat, pour lui apprendre la mort de l'évêque de Québec.
« Cet illustre prélat. lui disait-il, est mort en saint entre mes mains, et j'ai eu l'honneur de lui fermer les yeux et de recevoir ses dernières paroles.
« De son vivant, il m'avait honoré de sa confiance et de la qualité de son grand vicaire. Obligé de fuir de Québec, après la destruction et la prise de cette ville infortunée , il nous avait fait l'honneur de choisir notre maison pour venir y terminer ses jours languissants, qui lui annonçaient une fin prochaine, mais qui étaient cependant encore bien précieux à un peuple qu'il aimait tendrement et dont il était infiniment chéri et respecté. Je suis chargé de sa part de vous envoyer un paquet cacheté dans lequel sont renfermés ses bulles et autres papiers concernant sa nomination à l'évêché de Québec... Je dois envoyer deux croix pectorales, l’une d'or et l’autre d'argent doré, avec six anneaux à mesdames ses sœurs, les religieuses de la Visitation à Rennes. »