‹ Les evêques et archevêques de Paris depuia saint Denys jusqu'à nos jours: Avec des documents inéditsChapitre 45 sur 112 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ses propres mains, le plaça sur sa poitrine, et ordonna qu'on le mît avec lui dans sa tombe.

« Tous les hommes de lettres, dit-il, verront ce témoignage de mes sentiments et s'ils ont des doutes, j'espère qu'il n'en faudra pas davantage pour les dissiper. ?»

Ce furent ses dernières paroles. Après sa mort, ses vêtements, son linge et son lit furent donnés aux pauvres, ainsi qu'il l'avait ordonné, et l'usage se conserva longtemps de donner aux pauvres de Notre- Dame le lit de l'évéque de Paris.

Il n'y a pas un homme entre mille, disait Salomon, il y a si peu de gens qui veulent que l'homme doué d'une forte volonté arrive toujours à être grand parmi les hommes ; n'obéir à personne et à rien au monde, n'être le serviteur d'aucun être, ni l'esclave d'aucune idée, mais être à soi-même son propre esclave et son propre serviteur, décréter dans toute la plénitude de son intelligence, accomplir avec toute la force de sa volonté, s'ordonner et s'obéir, telle est la règle de qui est prédestiné à s'élever.

Tel fut Maurice de Sully.

Sa modération le mit toujours au-dessus de sa fortune. Comme il y parut sans ostentation, il y fut vu sans envie. <« On remarque dans sa conduite ces caractères d'une haute sagesse que, parti du plus bas degré pour arriver au plus haut, il a vécu aussi modeste que grand; y> dans les honneurs, il ne regarda que le bien

de son diocèse, et mourut sans proférer un soupir, « tant il avait mis, selon l'expression dun. grand orateur, en lieu haut et inaccessible à la mort, son cœur et ses espérances, j»

« J'étais à Rome, dit Pierre de Blois, au commencement du pontificat de Grégoire VII, quand Eudes de Sully, à peine sorti du premier âge, vint le saluer. J'y vis avec joie les honneurs que le Souverain-Pontife et les cardinaux lui rendirent, et ils ne lui en rendirent guère moins qu'à un évêque. »

Eudes de Sully, de l'illustre maison de ce nom, quoiqu'il n'eût voulu accepter que les fonctions de chantre de l'église de Paris, fut le successeur de Maurice.

La conformité de nom entre Eudes de Sully et Maurice son prédécesseur, ne pouvait pas couvrir une différence plus frappante qu il y en avait entre l'un et l'autre, pour la naissance et l'éducation.

Un génie moins profond, une capacité moins étendue, quelque chose de plus doux, de plus tranquille, de plus timide dans le caractère, que son prédécesseur, fut ce qui distingua Eudes.

Son épiscopat ne laissa pas pourtant d'être agité. Philippe- Auguste, qui voulait répudier la reine Ingelburge pour épouser Agnès de Méranie, augura qu'il

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