‹ Les evêques et archevêques de Paris depuia saint Denys jusqu'à nos jours: Avec des documents inéditsChapitre 66 sur 112 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

la formule latine et rinstruction nous ont été conservées.

<« Prenez ceux que vous voudrez mettre à l'épreuve de l'eau, y est-il dit, et conduisez-les à Téglise où le prêtre célébrera la messe en leur présence et les ofirira à l'autel, jj

Quand ils se présenteront pour recevoir la communion, dites-leur : « Si vous avez fait ce dont on vous accuse, si vous y avez consenti, si vous savez qui l'a fait, je vous conjure, au nom de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, par la foi chrétienne que vous avez reçue, par le saint Evangile, et par les saintes reliques qui reposent en cette église, ne soyez pas assez téméraire que d'approcher de l'autel pour recevoir la communion. »

S'ils gardent le silence, le prêtre les communiera en disant :

<« Que ce corps et que ce sang de Jésus-Christ vous soit aujourd'hui une épreuve. » Après la messe, il bénira de l'eau, et s'étant rendu au lieu où se doit faire l'épreuve, il en fera boire à ceux qui y doivent être mis en disant :

^ Que cette eau vous soit aujourd'hui une épreuve. ^

Ensuite il fera les exorcismes sur l'eau où ils doivent être jetés. Après quoi, il les dépouillera de leurs habits, leur fera baiser l'Evangile et les jettera dans l'eau, les uns après les autres.

On liait les pieds et les mains à ceux qu'on jetait ainsi dans la cuve pleine. Celui qui surnageait sans

enfoncer était réputé coupable : on croyait que Teau refusait de le recevoir dans son sein. Celui-là seul qui allait au fond était jugé innocent. — C'était le moyen de rencontrer peu de criminels. — Les prévenus étaient aussitôt retirés de l'eau, avec la corde dont celui qui les avait jetés tenait toujours un bout dans la main. Une cuve destinée aux jugements était, pour les églises, un droit seigneurial.

On s'est beaucoup égayé sur les jugements de Dieu, sans tenir compte de la naïveté des peuples qui les employèrent ; on a beaucoup reproché à l'Eglise de les avoir tolérés, sans prendre garde au droit, dénué d'artifice, de l'époque.

A tout considérer cependant, mieux valait cette justice là, que l'absence de justice, et l'on sait que les juges en ce temps étaient très-nombreux, les lois trèsrares et toutes différentes les unes des autres.

Il est assez étrange, en un siècle comme le nôtre où l'étude de l'histoire a pris, un tel développement ; où tous se piquent de vérité et d'exactitude, au point que dans un drame la coupe d'un habit et la forme d'un fauteuil, contribuent au succès autant qu'une belle pensée et une grande scène, il est assez étrange, que pour juger temps passés et peuples barbares, nous ne daignions pas faire un voyage de cinq cents ans en arrière.

Tel contemporain reproche à saint Louis la mauvaise assiette de son impôts et son piteux système de recrutement.

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