‹ Les evêques et archevêques de Paris depuia saint Denys jusqu'à nos jours: Avec des documents inéditsChapitre 77 sur 112 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Maignac furent nommés évêques par les chanoines et cardinaux par le pape.

Tous deux prouvèrent que les évêques montraient la même fermeté, à Tégard de T Université, pour faire respecter ses privilèges, que pour la maintenir dans le devoir.

Les écoliers du collège de Saint-Nicolas-du-Louvre célébraient le 6 décembre la fête de leur patron, par des réjouissances aussi tumultueuses qu'il est en des écoliers, mais sans toutefois outrepasser les bornes de sagesse et d'honnêteté, quand le prévôt de Paris, Hugues Aubriot et les sergents du Châtelet pénétrèrent dans leur maison, et pour calmer un léger désordre causèrent une véritable échauflPourée , exercèrent mille violences dans l'enceinte du collège, emprisonnèrent quelques écoliers, et ne firent pas scrupule d'en jeter un à la Seine. Celui-là. était même un fort honnête jeune homme, dont l'Université fit solennellement les obsèques, quand on eut retrouvé son corps. L'évêque, comme proviseur et supérieur-né du collège, demanda au roi réparation de l'injure, et Hugues Aubriot dut faire au prélat des excuses publiques, que répétèrent à genoux quatre de ses lieutenants.

Sous l'épiscopat suivant, le même prévôt Hugues voulut continuer ses vexations contre l'Université, mais le cardinal-évêque prit à son tour l'ofiensive, et fit faire enquête sur la vie et les mœurs d'Aubriot. Il fut reconnu pour un misérable hérétique et ami des Juifs.

Le service qu'il avait rendu en faisant construire la Bastille Saint-Antoine ne put sauver le malheureux prévôt. Il fut condamné .à recevoir des mains de Tévêque la mitre d'infamie, et à passer le reste de ses jours dans les prisons de l'évéché.

On voit que le premier pasteur du diocèse savait et pouvait, mieux que tout autre à l'occasion, faire respecter l'Université contre les entreprises du dehors. Ce que le recteur, seul, eût été impuissant à obtenir, le pouvoir ecclésiastique l'exécutait sans effort, pour le maintien de la justice et des droits de tous.

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