LIVRE PREMIER
-o^So-
Quand un soldat, servant son prince, M'eut pris tout ce qui m'était ciier; Quand j'eus senti le fer qui grince Mordre ma chair;
Quand ma pauvre àme à demi morte Eut bien entendu, quel tourment!
L'horrible bruit que fait la porte En se fermant;
Quand je fus devenu sous terre, En mon oacliot froid et muet, Le frère des rhiens qu'on fait taire A coups de fouet;
Je me mis à penser, tout blême, Aux rameaux bercés par les vents, A toutes les choses qu'on aime A dix-neuf ans.
Je secouai iunglemps ma chaîne, Je maudis le destin moqueur.
Kl la liaiiie. une atîreuse haine Me vint au cœur.
Mais une voix me dit : « Tu [jli'ures? JNul ne t'a fait du nuil exprès.
Souffre d'abord : les bonnes heures Viendront après! »
Je te reconnus, ô Nature!
Et je me refis à l'instant De la joie avec ma torture En la chantant.
Marseille, fort Siiiiit-Nicolas, soptembrc 1871
LES JOIES DE PRISitX