LE RABOT
Pour que l'acier fia délie Les nœuds du bois en passant, Le rabot jaune et luisant Cache une lame en saillie Sous son veatre plat et long; Le rabot fluet et lisse Glisse et file, file et glisse D'aplomb.
Il va, la route est marquée I Enrubanné de copeaux
Qui se roulent en pipeaux Autour de la main arquée :
Sans laide du fil à plomb Le rabot prompt et docile File et glisse, glisse et file D'aplomb.
Sur la planchette enserrée Voyez donc comme il fend Vinv Avec sa crête de fer Qui penche, toute carrée!
Tout en large, tout en long, Le rabot fluet et lisse <;iisse et file, file et glisse n'aplomb.
Lcmtil sur le bois qui plie Glisse encor, puis glisse encur :
Kt dans la lumière d'or La planche, à moitié polie, A comme un doux reflet blond.
Le rabot prompt et docile File et glisse, glisse et file D'aplomb.
Mai 1883.
POURLESBÉBÉS 191
Oh! lo deslin, quel ravisseurl Comme il reprend ce qu'il apporle!
Elle dort, l'enfant de ma sœur, Elle dort parce qu'elle est morte.
MigQonne eomme un beniiali !
Délicate comme une abeille!
Elle s'appelait Magalj.
La nôtre s'appelle Mir-illc.
A travers les temps hasardeux Où le sort aveugle nous traîne, Elles auraient eu toutes deux Notre Provence peur marraine.
A l'ûge où le vague idéal Succède aux dernières poupées.
Leur première robe de bal Les aurait ensemble occupées.
Dans la paix des grands arbres verts, Sous le calme regard des mères.
Elles auraient relu les vers De l'oncle, un chanteur de chimères.
En avril, quand le jour paraît.
Quand toute la terre est en fêle, La même rose leur aurait Fait une petite risette.
Et nous, pris du besoin charmant De fixer nos regards sur elles, Nous nous serions dit doucement :
« Voyez donc comme elles sont belles! »
Juin ii
POUR LES BÉDÉS 193