L'0ASI
Hier, Sullj-l'rudhomme, en artiste, en poète, M'écrivait son horreur des fangeux appétits : « Quelle oasis d'amour vous étes-vous donc fait Pour chanter votre rt've au milieu des [tartis? »
Voici. Mon oasis est modesto, humble, honnête, IMeine du bruit que font deux enfants tout petits. (Juand par hasard lEnnui se pend à la sonnette, L'Amour lui dit : <■ Madame et monsieur sont sortis! »
Je me repose en vers de mes luttes en prose. Notre innocent bonheur est si calme, si rosey Ou'un mot de Soulary pourrait le contenir.
On aime l'art, on s'aime, on ignore l'envie;
Et quand nous serons vieux, quel bon parfum de vie,
Avec les floraisons blondes du souvenir!
LE GEME
On dit que le génie en sa mission sainte
A droit à l'éternelle impassibilité.
Le corps n'est pas touché, l'àme n'est pas atteinte,
Quand il subit le vent de liufélicité.
Même en portant son mal comme la femme enceinte, Même en créant son œuvre, il ferme avec fierté Sa gorge aux vrais sanglots, ses lèvres à la plainte; Car il est fait d'orcueil et de sérénité.
Or, moi qui suis dévot au sang de ma blessure, Je crie à pleine voix, je crie à la nature Par mon ânie béante et par mon cœur ouvert :
ooO LES EVOCATIONS
« 0 nature féconde, ô ma mère bénie ! Merci de ne m'avoir pas donné du génie, Puisque j'ai pu pleurer lorsque j'avais souffert ! »
Oclvbre ISil