‹ Les Exhumations Médico-Légales: État de conservation des CadavresChapitre 15 sur 18 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Lésion osseuse. Exhumation neuf ans après le décès.

(Rapport d'expertise de M. le professeur Chavigny)

Je me suis transporté le 11 novembre 1921 à O. et à 13 heures je me trouvais au cimetière de cette localité. L’exhumation avait été préparée par les soins de la brigade mobile, mais selon la convention qui en avait été faite la veille, le cercueil avait seulement été débarrassé de la terre qui le recouvrait ; le cercueil n’avait pas été touché de telle façon qu'aucun accident de manipulation ne pouvait être imputé aux fossoyeurs. Je constate en descendant dans la fosse que le couvercle de la bière est défoncé et est venu reposer sur le cadavre, mais les planches de ce couvercle ne sont pas brisées et n’appuient pas plus fortement par certaines portions de leur longueur sur les parties du cadavre situées au-dessous.

Le couvercle étant enlevé, on trouve le cadavre complètement transformé en un squelette toutes les parties molles ayant disparu à l’exception de quelques minimes portions du cuir chevelu auxquelles on voit encore adhérer quelques cheveux, mais l'absence absolue des parties molles rendra difficiles certaines constatations. Tous les os du squelette se sont affaissés sur place et on reconnaît encore que les mains se trouvaient croisées sur la poitrine. La partie inférieure du corps est cachée par un débris d’une étoffe qui paraît de couleur noire.

Tous les os sont examinés d’abord en place, puis chacun d’eux est extrait et examiné à part sur toutes ses faces.

Aucun des os longs des membres ne porte trace de frac-

(tures. Je peux être très affirmatif à cet égard, car les os

sont en parfait état de conservation.

De même encore toutes les côtes sont indemnes de toute lésion. Même les côtes inférieures sont intactes.

Je retrouve en place le larynx représenté par une pièce ossifiée, ainsi que cela se voit chez quelques personnes âgées. Ce larynx est intact et ne porte pas trace de fracture. Je n’ai pas pu retrouver l’os hyoïde malgré toutes mes recherches. Cet os aurait pu fournir des précisions intéressantes en ce qui concerne une tentative de strangulation.

L'examen du crâne m'a montré que celui-ci ne portait pas trace de violence. Pas de fracture ni de fissure de la base ni de la voûte. Le maxillaire inférieur est en état d’intégrité et 1l porte quelques dents très usées ou cariées mais aucune ne manque dans les alvéoles encore ouvertes. Le plus grand nombre des molaires manque. Elles ont dû disparaître depuis longtemps au cours de la vie, car les bords du maxillaire sont complètement rétractés. La partie du squelette dont l’examen est le plus intéressant est assurément le bassin. En effet, celui-ci est complètement effondré dans sa partie antérieure. Les deux grandes ailes du bassin sont intactes. La dissociation a porté sur les branches ascendante et transversale du pubis ét de l’ischion. Les traits de dissociation ne passent pas par les lignes de suture de ces os, et il faut remarquer en outre que les lignes de séparation des fragments ne sont pas symétriques à gauche et à droite. À droite, il y a quatre fragments séparés, mais on peut faire leur réadaptation exacte. À gauche il y a aussi quatre fragments, mais il paraît manquer certaines parties de cet os et je n’ai pas pu faire la reconstition de cette partie du squelette.

Le point qui doit être mis‘en discussion est celui-ci : Les traits de dissociation de ces fragments osseux sont-ils dus à des fractures survenues pendant la vie, ou sont-ils la trace de fractures survenues au cours de la compression du squelette par la terre surchargeant le couvercle de la bière. Les constatations faites ne permettent pas d’être rigoureusement affirmatif à ce sujet.

Il n’est pas impossible que ces dissociations se soient

produites après la mort, mais l'irrégularité des traits de dissociation rend cette hypothèse quelque peu invraisemblable. Il est parfaitement possible que ces traits soient la trace de fractures produites pendant la vie. Je ne peux faire la preuve scientifique d’aucune de ces deux hypothèses.

Le temps très long écoulé depuis linhumation explique l'incertitude qui persiste dans ce cas.

OBsERVATION II.

Soupçon d’empoisonnement. Exhumation après plusieurs mois.

(Rapport d’expertise de M. le professeur Chavigny)

Le cadavre étant inhumé depuis plusieurs mois déjà, l’exhumation a été faite en ma présence. Le fond de la fosse était envahi par l’eau dans laquelle le cercueil était partiellement immergé. La bière est en assez bon état de conservation. Après ouverture de celle-ci on constate que le cadavre de la dame E. est très bien conservé. La physionomie parfaitement reconnaissable est à peine modifiée. Un peu d’écume sanguinolente sortie par la bouche et les narines a coulé sur la joue gauche. Les mains sont complètement macérées comme celles d’un noyé en raison du long séjour dans Peau. La peau des mains est largement plissée et blanche. Elle ne se détache cependant pas. Il en est de même et pour la même raison de la peau des pieds.

Pas de traces de violence superficielle. Tout le tégument est d'aspect normal. La putréfaction du cadavre n’est pas commencée, ce qu'il faut attribuer vraisemblablement à la température très basse du terrain dans lequel il était enseveli et d’ailleurs les tissus donnent une sensation dure, celle de la congélation.

Le cœur est un peu volumineux, le ventricule gauche est plus dilaté qu’à l’état normal et sa paroi est mince. On ne constate pourtant la présence d’aucune lésion orificielle, Les deux poumons ont leur aspect et leur coloration absolument normale dans les deux plèvres, il y a de chaque côté un épanchement sérosanguinolant d'environ un demi-litre

dû à la transsudation et ne correspondant à aucune lésion vitale. Aucun tubercule dans les poumons.

Dans l'estomac on trouve environ 400 grammes d’une bouillie alimentaire incomplètement digérée dans laquelle des fragments de légumes sont encore reconnaissables. La muqueuse de l’estomac est absolument normale. L’intestin est désinserré dans toute sa longueur et aussitôt ouvert. Il ne contient pas la moindre trace de contenu. Sa muqueuse est entièrement d’aspect normal. L’aorte ne présente trace d'aucune lésion. À peine quelques points d’athérome.

L’attention est ensuite appelée du côté de l'utérus qui paraît volumineux et qui est en position légèrement déviée vers la gauche. Cet utérus mesure 9 c/m de long, 6 c/m de large et 4 c/m d'épaisseur au lieu de 7c/m, 4 c/m5 et 2c/m5 qui sont les dimensions normales. Son poids est augmenté : il pèse 90 grammes au lieu de 45 grammes. L’onifice du col est largement fendu transversalement et béant ; il mesure 2 em de long.

Une section qui ouvre la cavité utérine ne permet de découvrir dans l’intérieur de celle-ci la trace d’aucune lésion inflammatoire, ni de point d'insertion placentaire. En raison des dimensions si manifestement exagérées de cet utérus, 1l y aura lieu au cours de l’enquête de rechercher si la dame E, n’a pas été atteinte de quelques troubles utérins dans la période qui a précédé la mort.

Crâne : aucune lésion du cerveau ni des méninges.

Les lésions directement constatées à l’autopsie ne permettent pas d'établir d’une façon satisfaisante les causes de la mort. On remarquera simplement la dissociation très nette qui existe entre l’état de réplétion de l’estomac et l’état de vacuité absolue de l'intestin.

Dans ces conditions et précisément en tenant compte des premiers renseignements fournis gar l’enquête, 1] me paraît y avoir lieu de faire procéder à des recherches d’ordre toxicologique. Dans ce but, j'ai effectué tous les prélèvements nécessaires y compris deux échantillons de terre du cimetière. Un rapport ultérieur dans lequel les résultats d’une enquête, plus complète me permettra de confronter les résultats de

l'enquête, ceux de l'analyse toxicologique et ceux de l’autopsie sera fourni par la suite. ;

Des bocaux neufs et parfaitement nettoyés ont reçu : Bocal N° 1 terre du cimetière (fond et bords mélangés par l’eau). N° 2 estomac et environ 200 grammes de son contenu N° 3 Foie et lés deux reins. N° 4 Intestin.

OBsERvATION III.

Fracture ou dissociation du frontal. Exhumation après deux ans.

(Rapport d'expertise de M. le professeur Chavigny)

L’autopsie a été pratiquée le 22 juillet 1921 à l’amphithéâtre de médecine légale de la faculté où le cercueil avait été apporté à 9 heures du matin. Ce cercueil en chêne était en assez bon état de conservation. Il devait seulement être noté que les planches longitudinales formant le couvercle s'étaient partiellement dissociées et que les planches formant bordure externe de ce couvercle s'étaient affaissées et avaient quelque peu déprimé le cadavre dans les parties qu'elles avaient touchées.

Le cercueil étant ouvert, on voit que le cadavre est pour la plus grande partie transformé en adipocire et que par conséquent les parties sont conservées en assez bon état.

La tête seule est très notablement altérée. La tête et le cou sont de coloration noir-foncé et toute la partie antérieure du crâne est notablement effondrée. Le frontal de chaque côté est en morceaux dont plusieurs n’ont que quelques centimètres de dimension. Les tissus sont trop altérés pour que je puisse affirmer que ces fractures du frontal ont été produites avant ou après la mort ; mais il faut retenir que le couvercle de la bière n’était nullement au contact de cette partie du crâne et qu’on ne peut expliquer cet émiettement du frontal par un phénomène survenu après l’ensevelissement.

L'état des parties ne m’a permis en aucun point du cadavre de trouver trace de lésions pouvant expliquer la mort.

Pas de fractures des membres.

#4 Les organes thoraciques et abdominaux sont très recon- S naissables et on n’y voit aucune altération pathologique. :

OBsERvATION IV.

CS Avortement. Exhumation après deux semaines.

: = L’autopsie a été faite le 5 janvier 1923 au cimetière de ù M. en présence de M. W., juge d'instruction, l’exhumation ayant été faite immédiatement auparavant. Le terrain du cimetière est un sable d’alluvions avec galets et l’ensemble

& constitue un milieu non humide dont le drainage est bien

ER assuré. La bière est en bon état de conservation nullement 18 effondrée. ,

Le couvercle de la bière ayant été dévissé, on voit le cadavre aisément reconnaissable en toutes ses parties parfaitement conservées. La putréfaction est fort peu avancée. On note seulement quelques taches vertes de putréfaction réparties sur la partie latérale et postérieure des membres inférieurs et sur les parties latérales de l’abdomen. Il semble = que la putréfaction ait plutôt subi un temps d’arrêt depuis Pinhumation.

La face n’est pas altérée ; elle n’est pas putréfiée. Le corps est revêtu de vêtements de lingerie. Ceux-ci ayant été écartés, le corps se présente sans aucune altération pouvant résulter de violences extérieures. Pas de plaies.

L'ouverture des cavités abdominale et thoracique permet de constater tout d’abord que l’utérus est volumineux comme celui d’une femme enceinte de 4 à 5 mois. Par la palpation avant toute incision 1l semble qu'il existe dans son intérieur un corps qui fuit sous le doigt. Aucune plaie de la surface de cet utérus. Get organe est ouvert par une incision faite sur sa face antérieure ; 1l s'échappe un peu de gaz de putréfaction et P’utérus diminue un peu de volume. Agrandissant alors l’incision, on pénètre dans l’intérieur de l'organe et on en isole un œuf resté entier. Cet œuf contient encore le liquide amniotique en quantité normale, L’embryon contenu dans l’intérieur mesure 18 centimètres de long. Il est normalement constitué. Impossible de déterminer le

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sexe. L'intérieur de l’utérus est ensuite exploré et toute la surface de l'organe paraît absolument saine, sans aucune trace de violence. Pas de plaie intéressant soit la surface, soit l’épaisseur de l’organe.

Le péritoine se présente avec son aspect normal et on peut affirmer qu'il n’y a pas eu d’inflammation péritonéale dans les jours qui ont précédé la mort. Les divers organes de la cavité abdominale sont successivement examinés.

La rate est un peu grosse.

Le foie et les reins ne présentent pas de lésions constatables. L’estomac renferme une bouillie épaisse d’aliments non digérés indiquant que la mort est survenue à un moment rapproché du dernier repas (une heure au plus). Les intestins ne présentent rien de particulier. Les poumons sont remarquablement indemnes de toute lésion ; on n’y trouve pas de tubercules.

Pas de liquide dans les plèvres.

Le cœur est normal. Pas de lésion des orifices. Pas d’augmentation de volume de l’organe.

Les divers organes du cou ne présentent rien de particulier. La masse cérébrale était dans un état de putréfaction assez avancée, mais on pouvait cependant constater qu'il n’y avait eu aucune hémorrhagie importante des centres nerveux.

De lPépaisseur des téguments crâniens 1l a été constaté l'existence d’une suffusion sanguine de quelque importance au niveau de la bosse frontale gauche, mais cette lésion ne dépasse pas les limites de ce qui a été produit par une chute terminale au moment où la mort est survenue sur la voie publique. C’est une conséquence de la mort plutôt que ce ne peut en être la cause.

Par conséquent de toutes les constatations ci-dessus mentionnées, 1l résulte que les réponses suivantes peuvent être données aux différentes questions posées par l’ordonnance.

19 Cette jeune fille a bien réellement été enceinte dans la période de sa vie qui a précédé la mort (3 à 4 mois environ);

2° Fille n’a pas fait de fausse couche dans la période terminale de son existence ;

abortives qui aient pu être pratiquées sur elle à une date récente ; : ù

49 Impossible d’affirmer que la mort soit la suite de manœuvres abortives ou la suite d’un avortement criminel.

59 Impossible de préciser quelle a été la cause de la mort. Aucune lésion pathologique n’a été constatée dans aucun des organes importants ;

60 Il ne m’apparaît pas que la mort ait été le résultat de violences, ni de plaie par instrument tranchant, piquant ou contondant ou de coup de feu ;

79 Rien dans cette autopsie ne permet d'établir si la mort aurait pu être la conséquence d’une syncope ou la suite d’une chute ;

8° Par la lecture du dossier, il n'apparaît aucun élément nouveau qui, rapproché des constatations d’autopsie, soit de nature à faire préciser au point de vue médical les causes de cette mort.

OBSERvVATION V.

Avortement. Exhumation après cing mois.

(Rapport d'expertise de M. le professeur Chavigny)

L’autopsie demandée a eu lieu à W. le 22 décembre 1922 en présence de M. W. juge d’insiruction. Au préalable le cadavre avait été reconnu comme étant bien celui de la demoiselle S. décédée le 24 juillet.

La bière est en assez bon état de conservation et quand elle à été mise à découvert elle n’est ni disjointe nieffondrée. Il a été possible de l’extraire entière de la fosse dans laquelle linhumation avait été faite. L’autopsie est faite dans le cimetière même. Le cadavre est en bon état de conservation. Le sol du cimetière étant composé d’un sable très sec, il s’est produit une momification du corps et toutes les parties de celui-ci se présentent dans un état qui permet de faire toutes les constatations utiles. Le corps se présente revêtu d’une sorte de combinaison garnie de dentelles. Une couronne de roses en tissu entoure le front.

Sur les membres des moisissures se sont développées et

30 Je n’ai pu retrouver aucune trace de manœuvres

ont produit une sorte de feutrage superficiel de couleur blanchâtre. =

La momification a rendu les parties du corps sonores à la percussion :

L'ouverture du corps est faite en commençant par l’abdomen, région la plus importante en raison des recherches demandées.

Les divers plans de la paroi abdominale sont facilement reconnaissables. On arrive dans la cavité abdominale. Dans le péritoine aucune trace d’épanchement qui puisse être rapporté à une suppuration ou à une hémorrhagie terminale. Les anses intestinales sont simplement desséchées flétries et accolées contre la colonne vertébrale. Pas de lésions perceptibles sur la surface de ces anses.

L’utérus est en place parfaitement reconnaissable et il est aisé de se rendre compte de ses dimensions. D’ailleurs cet utérus a été, après constatations directes, prélevé et conservé de façon qu’on puisse procéder si cela est nécessaire à toute contre-expertise désirable. Cet utérus a la forme d’un sac vide mesurant 10 centimètres dans sa plus grande largeur. Il présente l’aspect d’un utérus gravide chez une femme dont la grossesse est parvenue au 3 ou 4€ mois. Il ne présente aucune trace de perforation. Sa paroi est absolument intacte. Dans l’intérieur on trouve quelques caillots sanguins de petites dimensions, mais on ne trouve pas de traces d’embryon. Le col est largement dilaté.

Il apparaît que c’est l’utérus d’une femme qui a eu récemment un accouchement et chez laquelle l’involution utérine n’a pas eu le temps de se produire. D’après l’ensemble des constatations faites ; il semble probable que Jexpulsion du fœtus ne devrait pas dater de plus de quelques jours, six au plus.

Dans le thorax le cœur est reconnaissable dans toutes ses parties. Il à été incisé et il n’a été constaté aucune lésion valvulaire ; pas d’augmentation de volume. Les poumons sont ratatinés contre la colonne vertébrale où ils se présentent comme deux moignons du volume d’un poing. Impossible de reconnaître s'ils ont été le siège de lésions terminales. Pas de lésions tuberculeuses des sommets.

Le crâne, en l’absence de toute trace de fissures de la voûte, a été ouvert au marteau. Le cerveau se présente sous forme d’une masse très réduite de volume, mais dont toutes les parties sont facilement reconnaissables. Pas de traces d’hémorrhagies cérébrales. D’après l’ensemble des constatations faites, il résulte de cette autopsie que le cadavre examiné est celui d’une femme qui a accouché d’un fœtus ayant environ 3 ou 4 mois à une époque très rapprochée de la mort, 6 jours au plus, je crois.

29 Je n’ai pas constaté de traces de manœuvres absortives;

30 Je n’ai pas pu déterminer les causes immédiates de la mort ; |

4° Il apparaît de façon très nette, malgré l’ancienneté de l’inhumation que la demoiselle S. a fait peu de temps avant sa mort une fausse couche ;

59 Elle n’était plus enceinte au moment de sa mort.

6° Aucune des constatations faites au moment dé l’autopsie ne permet de rapporter la mort soit à une affection du cœur, soit à une hémorragie cérébrale :

79 Au niveau des genoux aucune altération perceptible n'a été retrouvée. D'ailleurs il faut se rappeler que la défunte avait fait encore le matin même de sa mort une course en bicyclette ce qui concorde avec les constatations négatives directes de l’autopsie ;

80 D’après les renseignements tirés de la lecture du dossier et après confrontation de ceux-ci avec l’autopsie, il m'apparaît que la cause de la mort semble devoir être rapportée aux accidents d’un avortement récent.

OBsERVATION VI.

Avortement. — Exhumation.

(Rapport d'expertise de M. le professeur Chavigny)

L’Exhumation a eu lieu au cimetière de Saint U. le 13 juillet 1922. Jai assisté à cette exhumation de façon à me rendre compte s'il n’y avait pas surplace d'indications à fournir.

La bière était relativement en assez bonétat. Le couvercle s'était effondré sur le cadavre ; mais une fois que le cercueil

RE

a été ramené au niveau du sol un examen immédiat a été

pratiqué et le couvercle ayant été soulevé, il a été reconnu que le cadavre était dans un état de conservation tel que l’autopsie avait lieu d’être pratiquée. En effet les formes extérieures du cadavre étaient bien conservées. Le cadavre donc a été transporté à la faculté de médecine où l’autopsie a été pratiquée. |

Le cadavre est en partie momifié, en partie transfcrmé en adipocire. Toutes les formes extérieures sont conservées et on peut sans trop de peine avoir notion même des traits du visage de la défunte.

La paroi abdominale est suffisament bien conservée pour qu'il soit nécessaire de pratiquer une incision au bistouri pour l'ouvrir. Cette paroi ayant été ainsi ouverte, on constate que les divers organes abdominaux sont représentés dans l’intérieur de cet abdomen par un putrilage demi hiquide dans lequel il est impossible de reconnaître aucune des parties constituantes. Malgré une exploration attentive du petit bassin rien n’y est retrouvé qui, ni par sa forme ni par sa consistance ou ses dimensions, puisse ressembler en quoi que ce soit à l’utérus ou à des débris de celui-ci.

L'ouverture du thorax a été faite et dans celui-ci les deux poumons étaient parfaitement reconnaissables comme forme, dimension et couleur. Ils étaient simplement aplatis et refoulés de part et d’autre de la colonne vertébrale.

D’après les constatations ci-dessus mentionnées il est par conséquent établi qu’on ne peut donner aucun renseignement sur Ce qui a pu survenir du côté de l’utérus dans les semaines qui ont précédé la mort. Il y a seulement lieu de retenir que, d’après les données inscrites dans tous les auteurs, l’utérus est l’organe le plus résistant à la putréfaction dans les cas ordinaires. Il est à remarquer que dans le cas présent l’utérus n’est absolument pas reconnaissable, alors que d’autres organes beaucoup moins résistants, les poumons sont encore parfaitement visibles.

Il y a lieu de supposer par conséquent que l’utérus n’était pas encore revenu à un état absolument normal à l’époque à laquelle la mort s’est produite. Ceci serait par conséquent d'accord avec les allégations de certains témoins d’après

lesquels le décès serait survenu un temps relativement court après l’avortement.

= OgsErvATION VII.

Avortement. — Exhumation après cinq mots.

(Rapport d'expertise de M. le professeur Chavigny)

L’exhumation de la demoiselle O. à eu lieu à S. dans la matinée du 25 septembre. J’ai assisté à l’ouverture du cercueil. Ce cercueil était en bon état de conservation, nullement défoncé ni moisi. |

Dans l’intérieur je trouve un cadavre en bon état relatif de conservation en tenant compte de la date de l’inhumation qui remonte à 5 mois.

La putréfaction est un peu accentuée au niveau de la face qui n’est plus guère reconnaissable. Le trone est momifié. Les membres sont à peine putréfiés. Une incision ouvre les cavités abdominale et thoracique. Toutes les parties constituantes de la paroi sont aisément reconnaissables et les intestins sont en parfait état de conservation. De même on peut parfaitement se rendre compte qu'il n’y a pas eu de lésions inflammatoires du péritoine.

Le foie est très affaissé, de couleur presque noire et il est impossible de dire si les lésions de cet organe existaient au moment de la mort.

L’utérus a son volume normal. Pas d’adhérences avec les organes voisins. Une section le sépare des autres organes du petit bassin et il est ensuite ouvert suivant sa face antérieure. La section ainsi pratiquée montre un organe absolument sain et il n'existe sur la face interne de l’organe aucune trace de violences récentes ou anciennes. Pas de perforation de la paroi utérine. On ne distingue pas nettement sur la face interne s’il a existé récemment une surface d'implantation d’un placenta.

Pas de lésion apréciable des autres organes de la cavité abdominale.

; Dans l'estomac on trouve quelques débris végétaux non dentifiables.

Dans la cavité thoracique on constate que les poumons

sont fortement rétractés le long de la colonne vertébrale.

Des deux côtés il existe un épanchement de liquide sanguinolent, mais cela ne veut pas dire qu’il y ait eu un épanchement pleurétique avant la mort, il s’agit d’un phénomène cadavérique habituel. Le palper de ces poumons ne permet pas de reconnaître trace de lésions pulmonaires anciennes ou survenues peu de temps avant la mort.

Le cœur est de forme et de dimensions normales. En somme, au cours de cette autopsie, il n’a été constaté aucun signe qui permette d'affirmer qu'il y ait eu des manœuvres abortives.

D’après les renseignements d’enquête qui m'ont été communiqués, il me paraît plausible d'admettre que la mort a été en relation de cause à effet avec un accouchement prématuré survenu quelques jours auparavant. Mais en l'absence de lésions locales il a pu s'agir d'accidents infectieux généraux, tels qu’une septicémie.

OgsErvaTion VIII.

Mort par accident. — Exhumation.

(Rapport d'expertise de M. le professeur Chavigny)

J’ai, avant cette exhumation recueilli des renseignements dans le service d'hôpital dans lequel S. avait été soigné. D’après les indications fournies par le D' O., cet homme avait présenté dès son entrée dans le service une paralysie complète des 4 membres, paralysie qui avait été rapportée à une lésion de la colonne vertébrale dans la région cervicale. La mort était survenue en quelques jours.

L’exhumation a été faite au cimetière de R. le 27 décembre 1922. Le cadavre était en état de putréfaction avancée. Il a été reconnu par une sœur du défunt comme étant bien celui de S.

La bière était quelque peu défoncée, mais pas de façon telle que les constatations d’autopsie aient pu être modifiées.

Les organes thoraciques et abdominaux étaient dans un

VE

La és de ani 1 en a oi de la mort est Are

ment imputable à cette lésion de la colonne vertébrale. Cette lésion est d’ordre traumatique. Au point de vue médico-légal, il est indiqué de rapporter ces lésions à la

chute qu était survenue avant l’entrée à l’ hôpital.

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