‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 149 sur 187 · LIVRE IV, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE III

et de les contraindre à se tenir au large de nos positions.

Tous les efforts que l'ennemi déployait dans son appréhension, montraient de quelle importance serait une expédition sérieuse qui nous rendrait maîtres de la capitale; mais jusqu'alors toutes les recherches avaient été vaines pour se procurer, soit à Canton, soit ailleurs, les navires à faible tirant d'eau que cette opération exigeait impérieusement.

Ce qu'il fallait surtout éviter, c'était un échec ; une tentative infructueuse pouvait également porter un coup fatal au prestige de nos armes dans ces parages; cette conviction avait donc déterminé l'amiral à abandonner quant à présent son premier projet contre Hué et à se diriger sur Saigon.

LUI. — La valeur de ces considérations n'avait point échappé au gouvernement de l'Empereur, et le Ministre de la marine écrivait, en date du 24 février, au commandant en chef :

« Lorsque les renforts et les approvisionnements que je vous annonce et qui vous arriveront en même temps que la présente dépêche seront réunis à Tourane (1), vous aurez à examiner si vous êtes en .mesure de donner suite au projet d'expédition sur Hué, dont l'Empereur

(1) Ce renfort se composait de 200 hommes (100 artilleurs, 50 soldats du génie et 50 marins) et de 942 hommes dMnfanterie de marine. L'équipage de la Didon , qui doit servir de ponton , était affecté à combler une partie des vides survenus dans le personnel des bâtiments sous les ordres du viceAmiral R. de Genouilly.

332 CAMPAGNE DE GOCRINCHINE.

ne se dissimule pas les difficultés. Aussi Tintention formelle de Sa Majesté est-elle que vous ne teiiliez Pentreprise qu'avec des chances réelles de succès. Si vous ne jugez pas les moyens mis à votre disposition suffisants pour donner cours à Tex^pédilion projetée, vous me ferez parvenir la note- exacte de ce qui vous serait nécessaire en personnel, en matériel et en bâtiments, pour frapper un coup décisif sur la capitale de la Gochinchine. Vous ncie ferez connaître aussi la saison la plus favorable pour cette entreprise.

« L'Empereur jugera s'il y a lieu de vous envoyer ce que vous auriez demandé. »

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