‹ Les explosifs modernes: Traité théorique et pratique à l'usage desChapitre 20 sur 51 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

en mètref m

Avec des explosifs d*Qn6

force éqaiyalente à celle des

dynamites n* 3 et n* 4.

a,oo

Tableau B. —

• Travaux à ciel ouvert^ pour roches dures et mines II

isolées. 1

Avec des explosifs de force

équivalente anx dynamites n*

2 et n*3.

Tableau a —

Travaux à ciel ouvert, pour roches de moyenne dureté 1

et mines simultanées emflammées par l'électricité. ||

Explosifs éqaivalents aux dy*

namites 3 et 4. Distance des

irons égale an double de la li-

gne de moindre résistance.

Tableau D. -

- Travaux à ciel ouvert, pour roches dures et mines II

Hmultanées enflammées par V électricité. |

Explosifs équivalents aux

dynamites n* 2 et no 3.

Distance des trous de mine

égale au double de la ligne de

moindre résistance.

Disposition des charges pour V attaque des terrains. — C'est la nature des matériaux et le résultat à obtenir qui doivent guider dans le choix des explosifs et la disposition des charges. Si, par exemple, on veut rompre des pièces de bois ou de fer, l'explosif est simplement appliqué sur une de Jeurs faces ; et comme il s'agit de produire un effet brisant, l'explosif le plus puissant est celui qu'il faut préférer.

Quand on attaque un terrain, on peut avoir pour objet, soit de produire beaucoup de déblais (mines et travaux publics), soit de détacher des blocs utilisables aussi gros que possible (carrières, charbonnages^ etc.)

Y Mines et travaux publics. — Nous aurons, plus loin, l'occasion d'étudier en détail l'emploi des explosife dans les tunnels, puits et galeries. Nous dirons seulement, ici, qu'A y a avantage, pour travailler vite et par suite économiquement, àperforer des trous de mine aussi profonds et d'un diamètre aussi faible que possible. Les chaires devront être calculées et distribuées de manière que chacune d'elles produise son maximum d'effet : l'effet total recherché devant être précisément égal à la somme des effets maxima partiels.

Si la charge est importante, il y aura le plus souvent avantage à la loger dans une chambre, au fond du trou de mine ; particulière* ment s'il s'agit de travaux en tranchées dans le calcaire ou les terres grasses.

2^ Carrières. ^— Le travail de sautage dans les carrières a surtout pour but de ménager les matériaux en les détachant par gros blocs.

Supposons que l'on veuille séparer, dans une carrière de grès, un bloc cdd*e qui présente trois faces décou- fig. 65

vertes : soit d d' = 0~,80 (fig. 65) .

On disposera le trou de mine afe à 0°*,90, par exemple, de la petite face, et à 1,00 de la grande ; on prendra a6 = 0,80.

Le bloc aced' peut être détaché avec 400 grammes de poudre noire, ou avec 150 gr. environ de dynamite n^ 2. Avec la poudre, le dérochement se fait nettement, tandis qu'avec l'explosif il y aura un peu de broyage autour du trou a b.

Si l'on veut simplement fissurer la roche pour en séparer ensuite les morceaux au pic, on fera usage de dynamite faible n^ 2 ou n^ 3. Ainsi, supposons un terrain tel que cb de (fig* 66) qui présente une

Fifi:. 66

Fig. 67.

face découverte b d, avec une longue fissure suivant 6 c.

On disposera la charge en un point a tel que la plus grande ligne de moindre résistance se trouve du côté de la face la plus libre 6 c, et la plus petite vers la portion massive de du terrain. Les trois lignes de moindre résistance étant respectivemeiit égales à 2°*,80, 1"*,60 et 1",40, la profondeur du trou de mine 0™,65, l'épaisseur du banc 0,70 ; on obtiendra avec une charge de 150 gr. de dynamite n° 2, des fissures telles que ac^ af, ad^ aeetj autour du trou, une région de broyage de 0,40 à 0",45 de rayon.

En faisant usage d'une dynamite plus faible, la charge devrait être plus considérable pour obtenir ces mêmes effets, mais le broyage serait moindre.

30 Charbonnages. — La dynamite a été, jusqu'à présent, fort peu employée dans les charbonnages. On lui reproche surtout de trop broyer et par suite de produire trop de menus. La poudre, au con-

traire, détache le charbon en gros blocs ; mais elle a beaucoup d'inconvénients, et on lui préférera certainement les dynamites quand on saura mieux utiliser celles-ci.

M. ringénieur BruU, de Paris, nous a indiqué une méthode de sautage à la dynamite qui permet d'obtenir l'abattage du charbon en gros blocs sans menus.

Soit h h' une ligne de havage (tig. 67), dans la face dégagée ch; on fore un trou de mine a&, de 5 à 6 centimètres de diamètre e* 1",60 à lni,80 de profondeur, dans lequel on dispose 4 ou 5 cartouches de dynamite à une petite distance les unes des autres. On ne bourre que la partie antérieure a^ du trou. La première cartouche f étant mise en feu, les autres détonent par influence ; et, comme la portion vide du trou de mine qui contient les cartouches forme une * chambre de détente pour les gaz de l'explosion, il en résulte que l'eflEet de broyage se trouve très-notablement atténué. Le charbon est détaché en blocs plus ou moins gros, mais sans menus ou à peu près.

On peut donc utiliser les dynamites dans les charbonnages, et en obtenir d'aussi bons effets qu'avec la poudre ordinaire. Mais il y a d'autres raisons encore qui militent en faveur des grands explosifs • c'est, en premier lieu, leur plus grand rendement comme travail utile, ensuite la sécurité presqu'absolue qu'offre leur emploi dans les mines à grisou.

Notons d'abord que sur les 6.000 atmosphères de pression produites par la poudre de mine ordinaire, la moitié environ est perdue par suite du peu de résistance qu'offre le charbon. De plus, celui-ci est poreux, souvent fissuré, et laisse ainsi échapper les gaz résultant de l'explosion. De sorte qu'avec la poudre noire on n'utilise, dans les charbonnages, qu'un très-petit effet utile, quand bien même on prend la précaution de faire des trous profonds, nombreux, et à petites charges. Si, au contraire, on fait usage d'un explosif tel que la dynamite, il suffit de percer un petit nombre de trous qu'on bourre légèrement : souvent môme on supprime tout bourrage. Toutefois, il faut augmenter les charges, et l'on doit calculer, pour la répartition des

coups de mine, la plus grande distance compatible avec Teffet que Ton veut obtenir ; en outre, Tamorce doit être d'une force suffisante pour produire une explosion et non une simple combustion qui dégagerait des gaz nitreux gênants pour la respiration.

Enfin le tirage à la poudre donne souvent des coups de mine cror charUSj c'est-à-dire qu'une partie de la charge est projetée, enflammée, au dehors. Il en résulte un danger continuel dans les mines à grisou et dans celles dont l'atmosphère est chargée de poussières de charbon (0« Or, cet accident n'arrive jamais quand on fait usage d'ime dynamite ou d'un explosif analogue. Le fait est prouvé par de nombreuses expériences faites en Allemagne pendant ces deux dernières années.

Les premières études d'abattage à la dynamite furent faites à la houillère Maria-Ânna, près de Bochum, par M. Menzel. On put constater que, contrairement à ce qui se passe avec la poudre, il n'y avait jamais production de flammes ; quant au rendement, il était supérieur. La sphère de broyage était très-restreinte autour du trou de mine ; au-delà, l'ébranlement produit était considérable et la houille se laissait abattre en beaux et gros morceaux.

En 1884, M. l'Ingénieur C. Hîrt fut chargé, par la commission prussienne du grisou, d'étudier Vinfluence du tirage à la poudre sur hs poussières charbonneuses et sur le grisou qui existent dans Voir des mines de houille. Les recherches, faites à ce sujet, démontrèrent que les accidents étaient toujours produits par des coups de mine cra^ chants. Partant de là^ on songea à remplacer la poudre ordinaire par des explosifs plus brisants dont la conflagration fût assez instantanée pour qu'aucune parcelle ne pût être projetée en dehors du trou de fiodne avant d'avoir produit tout son effet.

Les expériences entreprises à la houillère Eœnig, près de Neun« kirchen (Sarrebruck), et terminées en novembre 1885^ ont prouvé que

(i) Le 7 jain 1885^ dans la fosse hoaillère n*i dé la compagnie Nœax (Pas-de-Calais) à la suite d*an sautage d^ane mine^ il s*est produit utie inflammation de poussières charbonneuses sur une longueur de 150 mètres. Trois «ouvriers, qui travaillaient sur ce par^ cours ont été tués. — P. Ci

les grands explosifs modernes, dits brisants, peuvent être employés sans aucun danger dans une atmosphère chargée de poussières charbonneuses, et même mélangée de grisou dans une certaine proportion ; pourvu, toutefois, que ces explosifs ne soient pas mélangés avec des poudres neutres, que le bourrage de la mine soit composé de matières non inflammables, et surtout que la capsule soit assez forte pour assurer Texplosion complète de la cartouche.

Le coton -poudre, la dynamite-gomme, les nitrogélatmes, ont don. né les meilleurs résultats dans des mélanges gazeux où il entrait jusqu'à 10 7o de grisou en môme temps que des poussières de char^ bon.

En ce qui concerne la dynamite ordinaire à la Eieselguhr, on a trouvé de grandes différences suivant qu'on employait la qualité grasse ou la qualité maigre. La première est sans danger quand la proportion de grisou ne dépasse pas 7 Vo» môme lorsque la cartouche explose sur le sol d'une galerie, à l'air libre : celui-ci contenant ou non des poussières de charbon •

La dynamite maigre, au contraire, enflamme le mélange gazeux dès que la proportion de grisou atteint 4 V2 Vo> si on la fait exploser sur le sol. Si elle détone au fond d'un trou de mine, il n'y a inflammation qu'à partir de 6 Vo de grisou.

Les nitrogélatines (dynamites n"* 2 et n"" 3 à la cellulose nitrée) essayées ensuite, se sont mieux comportées que la dynamite ordinajre. Elles n'ont jamais mis le feu à un mélange gazeux contenant des poussières et 5 % de grisou^ soit qu'elles fussent tirées à l'air libre ou au fond d'un trou de mine avec bourrage.

Toutes les expériences de Neunkirchen ont été faites avec le plus grand soin. Après chaque tirage sans inflammation on s'assurait, au moyen de la lampe de sûreté, que la composition du mélange gazeux n'avait pas été altérée.

 la suite de ces remarquables résultats, la commission prussienne du grisou a établi des t Priimpes pour l'exploitation des mines à grisou t dont Tart. 19 est ainsi conçu :

• Le tirage avec la poudre noire ou d'autres explosifs à effet lent € doit être interdit dans les mines à grisou. On ne permettra que c Tusage de la dynamite ou d'autres explosifs à action rapide, se • comportant comme la dynamite vis-à-vis des poussières charboni neuses »

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