RÉSULTAT
en pieds
Pâle de papier . .
Il y a toujours explosion.
Sac en caoutchouc.
Explosion.
Explosion.
Cuivre jaune recouvert de papier de 0,12 pouce d'é-
Pas d'explosion.
paiBseur. . . .
Cuivre jaune recouvert de papier de 0,!2 pouo^B d'é-
Explosion.
paiSbeur. . . .
Cuivre jaune recou-
Explosion,
vert de \ apier de 0^12 pouces d'é-
paisseur. . . .
Pas d'explosion.
Il résulterait de ce tableau que la nature de la boîte ou récipient contenant la dynamite exerce une très-grande influence sur la pro" duction des explosions sympathiques.
La colonne des pressions a été calculée en faisant usage de la formule du général Abbot.
6636(5-hl86)C Y
(D+o,oi)«.* ;
formule qui correspond à la dynamite n^ 1 et dans laquelle :
C représente le poids de la charge explosée ;
s — la submersion en pieds ;
D — la distance des manomètres écraseurs ;
P — la pression moyenne des 6 écraseurs par pouce
carré.
Les recherches du général Abbot relativement anx explosions sympathiques furent conduites dans un autre ordre d'idées. Elles lui furent suggérées à la suite d'expériences faites, en 1874 par le gou-
vemement suédois et rapportées par les journaux de Tépoque : une torpille chargée de 150 livres de dynamite avait provoqué l'explosion sympathique de deux autres torpilles similaires séparées les unes des autres par des distances de 200 pieds. Les trois charges étaient submergées à 10 pieds de profondeur.
Malheureusement les indications connues du public étaient incomplètes ; on ignorait la nature de la boîte contenant l'explosif, la qualité de la dynamite employée, son état pulvérulent ou compact , etc. Il était seulement permis de supposer que les torpilles étaient faites d'un matériel léger, car on savait que les officiers suédois qui d'abord faisaient usage de récipients en verre, après avoir reconnu que cette substance se brisait à 110 pieds de distance par l'explosion sympathique d'une simple charge de 15 livres de fulmicoton ou de dynamite submergée à 8 pieds, avaient adopté de préférence le laiton et le ier minces.
En somme les données manquaient de précision ; il était donc utile . de reprendre les expériences des explosions sympathiques dont l'effet constaté pouvait remettre en question l'opportunité des torpilles sous-marines pour la défense des ports.
Après des essais préliminaires, le général Abbot fut amené à déterminer expérimentalement la résistance que les torpilles, en usage dans la marine américaine, pouvaient opposer aux explosions par influence.
Le général déciat ainsi ses travaux à ce sujet (*) :
• Dans le but de faire des épreuves précises sur nos propres tor-
• pilles je fis détoner, le 30 octobre 1874, une charge de 100 livres de
• dynamite n<> 1 à 50 pieds de distance horizontale d'une torpille^
• modèle 1872, en fer d'un huitième de pouce d'épaisseur, chargée
• elle-même de 100 livres du même explosif. Les deux torpilles
• étaient maintenues sous 32 pieds d'eau, à 8 pieds de fond. Quand € la première fit explosion, la seconde fut plissée, mais non brisée,
• par le choc et il n'y eut pas d'explosion sympathique. La pression
• moyenne calculée au moyen de ma formule était de 1348 livres
(i) Report npon sabmarioe mines, n. 23, 1884. New- York.
• Pour étudier l'effet du choc sur la matière des torpilles je fis tirer, « le 6 septembre 1877, 200 livres de dynamite n^ 1 contenue dans
• une torpille de fond ; une seconde torpille de môme nature et ren- € fermant la même charge était placée à 80 pieds, à une profon- « deur d'eau de 19 pieds. Une troisième torpille en tout semblable
• aux deux autres, mais sans charge, était disposée à la même dis-
• tance que la seconde dans une autre direction. Le résultat fut l'ex- % plosion de la deuxième torpille, soit par l'effet d'influence à travers
• l'eau, soit par le choc de fragments de fer projetés. La pression
• moyenne, d'après ma formule, était de 1109 livres.
• Différentes autres expériences, faites de temps à autre, ont
• démontré que, sauf le cas où le récipient est brisé, la dynamite
• n^ 1 en poudre est incapable de provoquer des explosions sympa-
• thiques, même à des distances moindres que celles qui sont impo- I sées dans notre service' de torpilles. Tel est le cas des expériences
• suivantes :
• Une charge de 200 livres de dynamite n* 1 était tirée dans une
• torpille de fond, la profondeur de l'eau était de 20 pieds. A des I distances horizontales de 20, 40, ^0, 80, 100 et 120 pieds, étaient ( maintenus au fond de l'eau des détonateurs^ ou sphères creuses de
• fer forgé de 1, 25 pouce d'épaisseur, exactement remplis avec t 8 livres de dynamite en poudre et hermétiquement fermés. Quoi-
• que l'explosion de la torpille exerçât sur eux les pressions moyen-
• nés respectives de 7718, 2925, 1658, 1109, 818 et 628 livres par
• pouce carré, aucun d'eux ne fut brisé par le choc.
• L'épreuve fut reprise dans des conditions analogues, avec des
• détonateurs suspendus au fond de l'eau à Taide de flotteurs en bois,
• à des distances de 30, 40, 60, 80, 100 et 120 pieds. Les pressions
• produites par l'explosion étaient respectivement de 4376, 2925, « 1658, 1109, 818 et 628 livres; aucun d'eux ne fut atteint.
« Dans une autre circonstance la torpille était chargée de 500 livres t de dynamite et submergée à 13 pieds de la surface, dans 20 pieds
• d'eau. Un détonateur rempli avec 8 livres de dynamite, à 40 pieds ■ de distance, et soutenu un peu au-dessus du fond, ne fut pas affecté
i par Texplosion; cependant il avait à résister à une pression « moyenne de 5150 livres par pouce carré. En outre, des boîtes à
• amorceSjformées d'étain épais et contenant chacune 1 livre de dyna-
• mite pulvérulente, avaient été suspendues à un pied au-dessous de
• la surface à des distances horizontales de 79, 94, 107, 110, 123 et t 132 pieds.
I Quoique soumises aux pressions respectives de 2087, 1640, 1368
• 1317, 1126 et 1021 livres par pouce carré, aucune ne fit explosion.
• Les deux premières furent cependant fortement plissées, et la pre- « mière eût ses parois renfoncées mais non ouvertes. •
Ces expériences paraissent concluantes pour le général Abbot qui semble rassuré quant à un danger quelconque d'explosion sympathiques avec le modèle actuellement en usage pour les torpilles américaines.
II est vrai d'ajouter que ce qui précède émane d'un rapport, officiel il est vrai, mais néanmoins livré à une certaine publicité ; et que des renseignements plus complets ne sauraient être divulgués.
En supposant donc que l'étude des explosions par influence reste encore à faire, nous croyons qu'il est du plus grand intérêt de les poursuivre et que l'avenir nous réserve à ce sujet de merveilleuses surprises (%
(1) Des expériences faitei récemmonl en Autriche par le capiiaîne Trauxl, ontdémonlré que des torpilles aa fulmicoton peavenl faire explosion sous Tinflaence de contre-mine?^ disposées à giandes distances» et résistent au contraire quand elles sont chargées avec uiio nitrogélatine.
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