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CHAPITRE II

Description des principaux explosifs & base de nitroglycérine.

Il serait difficile d'énumérer les innombrables modifications apportées à rinvention du célèbre ingénieur suédois Nobel; aussi nous contenterons-nous de passer en revue les principales.

La Suède est le pays classique des explosifs. Dès 1863, M. Nobel rendait pratique l'utilisation de la nitroglycérine dans les mines. Plus tard il inventait la dynamite à la Eieselguhr et diverses combinaisons de poudre et de nitroglycérine. Ses dernières inventions : la nitrogélatine et surtout la gélatine explosive sont particulièrement remarquables ; nous les étudierons en détail.

Les mélanges de nitroglycérine avec des absorbants eux-mêmes explosifs qui ont été fabriqués ou inventés en Suède, pendant ces dernières années, sont fort nombreux. Nous citerons :

La sébastine de Bœckman, et la Y^ew-sébastine^ de Fahnejelm;

Vammoniakkruty d'Ohlson et Norrbin ;

La séranine^ fabriquée par Bœckman, de Stockolm;

La dualinây du lieutenant Dittmar ;

La forcite^ brevetée par le capitaine J.-M. Lewin;

La vtnfejiat/igfonfejlamïroKte, lapétraKfe, Vexlra-dynamite^ etc..

En Allemagne on fabrique, outre les dynamites Nobel, le lithofractewr, etc. ; en Autriche la dynamite de Trauzl^ le Rhexit^ etc.; en Angleterre, poudre de Horsley, la glyoocyline d'Abel, la poudre explosive de Noble, etc. ; en Belgique les dynamites et litho-

fracteurs de Matagne, la forcite^ et la paléine; aux États-Unis les dynamites dites poudres d'Hercule, de Vukain, Atlas, Œtrui, Hécla^ de JudsoTiy le Rendrock, la foi*cite, la poudre explosive de Brain, la virite, la dwdine, etc..

En France la fabrication est limitée aux dynamites Nobel ; cellesci jouissent d'une sorte de monopole qui les protège contre toute concurrence, au grand détriment des entreprises des mine et de travaux publics.

GMlatine explosive.

11 y a quelques années, Nobel imagina de former un composé absolument diflTérent de sa dynamite ordinaire, en mélangeant du cotonpoudre avec de la nitroglycérine, dans la proportion de 93 parties de cette dernière pour 7 de Tautre, et il obtint ainsi la substance appelée gomme explosive, gélatine explosive, ou dynamits-gomm^ ; composé gélatineux, élastique, de couleur jaune clair, et plus stable que la dynamite ordinaire, surtout au point de vue physique : car il ne donne lieu à aucune exsudation, même par pression. Il peut résister pendant quelque temps à Faction de Teau. Enfin il est beaucoup plus puissant que la dynamite siliceuse et comparable, sous ce rapport, à la nitroglycérine pure.

En ajoutant à la dynamite-gomme une petite quantité de benzine, ou mieux de camphre (1 à 4 Vo)> ^^ 1^ ^^^^ insensible aux actions mécaniques, de Tordre de celles qui déterminent l'explosion de la dynamite ordinaire : telles que frottements, chocs de balles à courte distance, etc.. Sa puissance n'est pas diminuée sensiblement par ce mélange ; mais elle n'entre plus en jeu que sous l'influence de trèsfortes doses de fulminate, ou bien encore sous l'influence d'une amorce spéciale, formée d'hydrocellulose azotique (4 parties), de nitrocellulose et de nitroglycérine (6 parties), amorce qui doit être sollicitée elle-même par une faible dose de fulminate.

On a évalué le travail du choc initial, nécessaire pour faire détoner la dynamite-gomme, à six fois celui qui serait exigé pour la dynamite

ordinaire, toutes choses égales d'ailleurs : différence attribuable sans doute à la cohésion de la matière ; c'est-à-dire à la masse plus grande des parcelles au sein desquelles la force vive du choc, transformée en chaleur, détermine la première explosion, origine de Tonde explosive comme nous le verrons plus loin.

En raison de ces circonstances, la dynamite-gomme est bien moins sensible aux explosions par influence.

Toutes ces conditions sont très-favorables à son usage comme explosif de guerre. Cependant les espérances qu'elle a d'abord excitées sous ce rapport demeurent incertaines : la difficulté d'une fabrication régulière, et la nécessité d'amorces spéciales, qui ne réussissent même pas toujours à faire détoner à coup sûr la dynamitegomme, s'étant opposées jusqu'ici à la généralisation de son emploi.

La dynamite-gomme n'absorbe pas l'eau ; elle blanchit seulement à la surface sous cette influence, par suite de la dissolution de la nitroglycérine, contenue dans la couche superficielle. Mais l'action ne va pas plus loin. Le coton-poudre, mis à découvert par l'action de l'eau sur la première couche de matière, étant insoluble, enveloppe tout le reste de la masse et peut la protéger pendant quelque temps ; la dynamite-gomme demeure ainsi inaltérée, môme à la suite d'un séjour de plusieurs heures sous une eau courante. La force explosive a été trouvée la même après cette épreuve.

La densité de la dynamite-gomme est de 1,60 ; elle est donc sen" siblement égale à celle de la nitroglycérine, ainsi qu'on pouvait s'y attendre, en raison de sa composition et de sa structure continue et sans pores. Cette densité est supérieure à la densité apparente du coton-poudre sec (1,00), ou humide (1,16); ce qui constitue un avantage réel.

La dynamite-gomme brûle à l'air libre, sans faire explosion ; du moins quand on opère sur de petites quantités et en évitant un échauffement préalable.

Chauffée lentement, elle détone vers 204^

La force de 1^ gélatine explosive est à celle de la dynamite ordi-

naire comme 19 esta 14, d'après M. Berthelot. Le capitaine Hess a trouvé, par des essais pratiques, le rapport de 78 à 56 (*).

Le général Abbot, des États-Unis, a constaté que la gélatine explosive est insensible aux explosions sympathiques ou par influence. Il plaçait une demi-livre de gélatine, en cartouches, à 5 pieds sous Teau et faisait exploser une boîte contenant une livre de dynamite n^ 1 à des distances de 15, 10, 5 et 3 pieds ; la gélatine restaitjintacte, tandis que la même quantité de dynamite n^ 1, dans les mêmes conditions, faisait explosion. C'est un avantage considérable pour les mines sous-marines.

D'après M. Dupré, chef des essais au Bureau des explosifs de Londres, les gélatines explosives ont, en général, une tendance à laisser exsuder la nitroglycérine. Vers 30*» C. les cartouches sont, le plus souvent, à demi-fluides, perdant ainsi le principal mérite de leur fabrication, c'est-à-dire • la conversion d'un liquide trop dangereux t à manier, par le fait que c'est un hquide, en tme substance solide • relativement moins dangereuse parce qu'elle est solide ^). •

La gélatine explosive gèle entre l*" été*" en cristaux blanchâtres et durs ; en cet état elle détone plus facilement. On peut tirer une balle de fusil sur la gélatine, à la température ordinaire, sans provoquer d'explosion; mais si elle est gelée elle explose aussi rapidement que la dynamite ordinaire.

Pour l'insensibiliser et la faire servir aux usages militaires on la mélange avec 3 à 5 7o de camphre. On a essayé aussi d'augmenter la quantité de coUodion, mais il se produit un autre inconvénient : elle détone difficilement. Quand la dose de collodion dépasse 8 à 9 7o> ^^ ^st obligé d'employer un détonateur fortement chargé en fulminate.

On a essayé, mais sans résultats sérieux, de remplacer le camphre par la benzine, l'acétine, la triacétine, la nitro et binitrobenzine, l'acide picrique, la nitronaphtaline, etc. .

(1) Beitbelot : Sar la force des malières explosives. T. 11^ p. 222, 228 et 225.

(2) Serenth Aunnal Report (1882) of H. H. Inspectors of Explosives.

La composition d'une gélatino de guerre est :

Gélatine explosive %

Camphre ..*.... 4

La gélatine explosive consistant en :

Nitroglycériae. .... 90 Coton-poudre solable. . . 10

Son apparence est gélatineuse, et sa couleur jaune clair.

Un mélange, de 10 parties de camphre et 90 de gélatine peut rester exposé toute une semaine aune température de 70'' C. sans montrer de signes de décomposition ; on constate seulement une légère diminution de poids occasionnée par l'évaporation d'une partie du camphre et de la nitroglycérine.

Suivant M. Berthelot, une gélatine explosive maintenue pendant deux mois entre 40** et 45° avait perdu la moitié du camphre et un peu de nitroglycérine, sans autre altération.

La gélatine seule, détone vers 204° quand on la chauffe lentement ; mais si elle renferme 10 Vo ^^ camphre, elle ne fait plus explosion : elle fuse.

La gélatine à 4 7o de camphre exige, pour détoner, l'emploi de deux grammes de fulminate, ou bien un détonateur de coton-poudre, ou encore une amorce formée de 75 parties de nitroglycérine mélangées avec 25 de coton-poudre, comme on le fait en Autriche . Mais le plus puissant détonateur est celui que nous avons déjà indiqué plus haut : 60 Vo ^^ nitroglycérine avec 40 de nitrohydrocellulose.

Expériences faites aux Etats-Unis (*). — La force considérable et la stabilité de la gélatine au camphre fraîchement fabriquée donnaient lieu de croire qu'elle pourrait être avantageusement employée au service des torpilles. Malheureusement de nombreuses expériences ont établi qu'elle se décomposait assez rapidement au contact de l'air et de leau.

(1) D'après le « Report of the Chtef of ihe Boieau of Ordonnance, Nary department Wushington (1882).

Pour étudier raction de l'eau, divers échantillons furent mis dans l'eau distillée et maintenus à la température de 20 à 25^* C. Après une vingtaine de jours, Teau donnait une légère réaction acide. Au bout de deux mois, la réaction acide était notable ; les échantillons étaient devenus mous, leur teinte était claire et ils étaient recouverts d'tme substance blanchâtre, analogue à la cire.

Quelques échantillons furent placés avec de l'eau distillée dans une étuve chauflfêe entre 45 et 50^ Du troisième au cmquième jour, l'eau devint acide. On la changeait aussitôt qu'on reconnaissait son acidité et vers le vingtième jour la décomposition commença ; elle était complète au trentième jour. En retirant la gélatine de Tétuve, la décomposition continuait, même en la faisant geler.

Les échantillons, après cette série d'épreuves, étaient recouverts d'une matière blanche et molle à la partie supérieure ; mais les parties touchant les parois de la capsule qui les contenait étaient restées grisâtres. L'intérieur de la masse était formée d'une substance blanche assez dure, et le fond de la capsule était rempli de' nitroglycérine mise en liberté. Les échantillons, dont l'examen devenait dangereux, furent mis en contact avec des détonateurs contenant 35 grains de fulminate chacun ; l'explosion fut extrêmement violente et comparable à celle de la nitroglycérine isolée.

D'autres expériences furent faites dans le but de reconnîdtre la stabilité de la gélatine explosive emmagasmée dans les dépôts.

A cet effet on mit en caisses deux lots de gélatine, de composition:

Nitroglycérine. • • • 88,80 Coton-poudre soluble. . 7,20 Camphre. . . • • • 4,00

l'un des lots avait été fabriqué pendant l'automne de 1880, l'autre pendant l'automne de 1881. La matière était renfermée dans des cartouches de papier paraffiné et mise dans des caisses en bois de contenances variables, 10 à 35 livres, et dont le couvercle était dis. posé de &çon à laisser circuler l'air à l'intérieur. Sur chaque caisse un papier-témoin indiquait les réactions acides.

D'autre part, des échantillons de deux livres prélevés sur la masse furent placés à Tair libre dans un second dépôt où on les examinait chaque jour. Ils donnèrent assez promptement des signes d'acidité, mais on ne put constater ni exsudation ni indices d'une décomposition rapide. Après avoir gelé en hiver, ils redevinrent pâteux au printemps. A cette époque, les échantillons de 1880 prirent une teinte foncée et ne tardèrent pas à accuser une forte réaction acide ; on les détruisit en juin 1882.

Les autres échantillons furent transportés dans un souterrain où là température était peu élevée ; là ils devinrent légèrement acides, sans indiquer toutefois un commencement de décomposition rapide. En septembre 1882, ils suintaient un peu la nitroglycérine qu'on enleva en les roulant dans une terre siliceuse.

Quant aux caisses, elles indiquèrent, dès le troisième jour de l'emmagasinage, une faible réaction acide ; mais rien de plus. On les examina en juin 1882. La gélatine de 1880 était fortement décomposée ; elle avait pris une teinte foncée paraemée de bandes grisâtres. Sa consistance était molle et sa surface recouverte de nitroglycérine. Cette gélatine décomposée fut lavée à l'eau jusqu'à ce que celle-ci cessât d'accuser une réaction acide ; puis on la plaça dans une caisse en bois et on la fit exploser à dix pieds sous l'eau.

La gélatine de 1881 était, lors de l'examen fait en juin 1882, trèsmolle, et sa surface laissait suinter la nitroglycérine. On la plaça dans un dépôt souterrain, à température froide ; et là, on l'examina chaque jour. Elle resta molle, et continua à donner des réactions acides sans montrer aucun signe de rapide décomposition. On la fit exploser pendant les mois suivants.

Expériences faites en Autriche par le capitaine Hess. — Ces expé-? rîences avaient pour but d'étudier l'effet du choc des balles sur la gélatine et la transmission d'explosion d'une charge à une autre.

P Effet du choc des balles. — L'explosif était enfermé dans ime boîte plate en fer de 5 mill. d'épaisseur, plaquée elle-même contre une cible en fer de 10 mill. On faisait usage du fusil Werndl épaulé dans un petit ouvrage en terre à 25 mètres de distance.

On essaya d'abord la gélatine à 4 Vo de camphre.

Un premier coup de fusil brisa le couvercle de la boîte et éparpilla la gélatine en petits morceaux. Ceux-ci, ayant été ramassés et réanis, furent remis dans la boîte ; trois balles consécutives furent tirées sans effet.

On continua le tir sur une gélatine contenant 1 •/« seulement de camphre. Pendant les huit premiers coups, la substance resta insensible ; mais au neuvième coup, il y eut une petite détonation résultant d'une explosion partielle.

On plaça ensuite dans la dble une gélatine à 4 Vo de camphre,mais gelée. Au premier tir, il y eut explosion et la cible lut brisée.

Le même fait se renouvela avec une gélatine gelée contenant seulement 1 Vo de camphre.

En interposant devant la cible une planche de bois, il n'y avait pas d'explosion.

Enfin une gélatine sans camphre explosait au premier coup de fusil en détruisant la cible.

De ces faits on peut tirer les conclusions suivantes :

P La dynamite gomme ou gélatine explosive simplement posée sur une plaque de fer, et par conséquent considérée dans les plus mauvaises conditions, résiste au choc des balles quand elle est plastique et qu'elle contient 4 Vo de camphre.

2^ Elle explose, au contraire, quand elle est gelée ; à moins qu'elle ne soit protégée par une planche de bois.

3^ La gélatine posée sur du bois au lieu de fer, résiste au choc des balles si elle contient au moins 2 Vo de camphre.

Le camphre donne donc une grande insensibilité. Il restait à savoir si, même après Tévaporation du camphre, la gélatine restait insensible à la percussion. Pour s'en assurer, on soumit à l'évaporation à l'air, pendant 48 heures, et à une température de 40<>, des petites plaques de gélatine placées sur un crible ; on fit ensuite l'essai avec la cible en fer : quatre baUes furent tirées sans résultat.

L'expérience paraît concluante ; cependant d'autres expériences faites aux États-Unis semblent démontrer que la gélatine qui a perdu

une partie de son camphre par évaporation devient plus sensible au choc des balles.

2^ Transmission des explosions. — La gélatine explosive est beaucoup moins sensible aux explosions sympathiques ou par influence que la dynamite ordinaire.

L'expérience a été faite de la manière suivante :

Deux charges égales de gélatine, à 4 7o de camphre, furent mises en présence, à 25 centimètres de distance, sur des plaques de fer encastrées dans des pièces de bois. Chaque charge pesait un kil. et formait une masse cylindrique de 16 cm. de hauteur et 8 de diamètre. En faisant exploser Tune des charges avec une capsule au fulminate, la pièce de fer correspondante fut brisée ; l'autre charge fat projetée en morceaux mais sans enflammation ni explosion.

En répétant Texpérience avec deux cartouches de dynamite ordinaire, l'explosion de Tune se transmettait toujours à l'autre.

Le général Abbot, des Etats-Unis, est arrivé aux mêmes conclusions pour les explosions sous-marines.

Nitrogélatine.

La nitrogélatine qu'on appelle encore gélatine-dynamite, ou dynamite à la cellulose,- se compose de nitroglycérine; gélatinisée au moyen d'une nitrocellulose soluble, et mélangée avec une poudre binaire .

La proportion des divers éléments varie selon les fabriques, ces éléments eux-mêmes sont plus ou moins modifiés. Voici, par exemple, la composition de la nitrogélatine fabriquée en Angleterre :

Nitroglycérine gélatinisée . 65 45

Mélange sec 35 55

La nitroglycérine gélatinisée comprend :

Nitroglycérine. . . . 97,50 Nitrocellulose soluble* . 2,50

Le mélange sec se compose de :

Nitrate de potasse. ... 75 Sciare de bois ..... 24 Soude 1

Les explosifs à base de nitroglycérine gélatinisée sont aujourd'hui presque partout préférés ; et toutes les inventions d'explosifs nouveaux dérivent de la nitrogèlatine de Nobel dont on fait varier les proportions et les éléments du mélange sec.

Ces produits sont beaucoup plus avantageux que les dynamites ordinaires. Us résistent mieux à la chaleur et à l'humidité ; certains d'entre eux sont plastiques et laissent difficilement suinter la nitroglycérine : ce qui leur assure une immunité presqu'absolue. Rappelons, en outre, que leurs effets sont considérables, et qu'à doses égales de nitroglycérine, ils agissent beaucoup mieux que les dynamites ordinaires.

Sébastlne.

Nitroglycérine . . . 78—68

' Charbon de bois. . • 14—20

Salpêtre ' 8—12

La Sébastine, brevetée parle pharmacien Bœckman, de Stockholm, peut s'allumer directement a la mèche, sans intervention de capsule au fulminate. On fait usage, pour sa fabrication, d'un charbon spé* cial, très-poreux et très absorbant.

Ne^w^-Sébastine .

Ce produit, breveté par Fahnejelm, se compose de :

Nitroglycérine. • • 45 a 75 Charbon. ., ... 15 à 30 Nitrate de BOade . . ô à 25

Le nitrate de soude devient déliquescent et coule au bout de peu de temps, surtout si l'explosif se trouve dans un endroit humide.

Quant à la nitroglycérine elle est mal retenue par le chtirbon et suinte facilement.

La New-Sébastine donne de bons effets, maiselle est trop instable.

Dsmamite à l'ammoniaque.

La dynamite à l'ammoniaque ou ammoniac Krut, brevetée par Ohisson etNorrbin, estfDrmée de :

NitroglycériDe. . . 10 â 20 Nitrate d'ammoniaque 80

Charbon . . ir . 6

Sa puissance est supérieure à celle de la dynamite ; mais elle est trop hygroscopique.

Dualine.

La dualine, brevetée par le lieutenant Dittmar, est un mélange de nitroglycérine avec un pyroxyle nitrate :

Nitroglycérine. . . 50 Pyroxyle • ... 30 Nitrate de potasse . SO

Dittmar employait plus spécialement, comme pyroxyle, la sciure de bois nitrifiée.

Les dualines, fabriquées en Amérique, ont des compositions assez variées, et forment cinq classes ou numéros :

Nitroglycérine.

Fulmieoton Cellulose nitrée Nitrate de potasse Nitrate de baryte Résine . . .

n» 1 n« 2 nO 3 nO 4 nO 5

NitroUte.

Cet explosif, breveté en 1884 par le Suédois Cari Lamm, est uue nitrogélatine à Tammoniaque.

„., , . . .,,..»< Nitroglycérine. . . 99 à 94 Nitroglycérine gélatinisee | j,. J^^^^^^ ,, ,

Mélange fiec 50 à 150

La nitrocellulose se prépare avec du coton, de l'amidon, ou de la paille plongés dans :

100 parties d'acide sulfurique.

75 à 50 — d'acide nitrique.

Le mélange sec se compose de nitrates d'anmioniaque, de soude, de potasse et d'un charbon léger qu'on peut remplacer par de la pâte de papier, de 1 amidon, etc.

La nitrolite est plastique mais exsudante, ettrès-hygroscopique. Elle a une odeur très-prononcée d'amandes amères.

Elle est peu brisante, et donne un bon effet aux mines.

Vlgorite.

La vigorite, brevetée par Nordenfeldt, a pour composition:

Nitroline. . . 25 à 30 Cellulose nîtrée . 15 à 35 Nitrate de potasse 15 à 35 Chlorate de potasse 10 à 30

La nitroline est une nitrosaccharose préparée avec du sucre ou du glucose.

Forclte.

La forcîte, brevetée par le capitaine suédois J. M. Lewin, est une nitrogélatine dont la nitroglycérine, gélatinisée avec une cellulose particulière, est mélangée avec une poudre binaire et de la dextrine.

La gélatinisation se fait à une température qui ne dépasse pas 30 à 35o ; aussi la fabrication de la forcite est-elle simple et beaucoup moins dangereuse que celle des autres explosifs.

On la fabrique aux Etats-Unis, en Belgique et en Espagne.

Le mélange de la nitroglycérine gélatinisée, avecrabsorbant,forme une composition stable qui ne laisse pas exsuder Thuile explosive ; c'est pourquoi son maniement est facile et sans danger.

La fopcite est un produit piastique, et non élastique comme la dynamite-gomme, aussi permet-elle d'effectuer des bourrages parfaits et dans des trous de mine de diamètres quelconques.

La forcite peut supporter des chocs accidentels sans faire explosion. Ainsi une caisse de 25 kilog. contenant 270 cartouches, soumise aux expériences du génie belge, a été criblée de balles qui l'ont traversée de part en part sans déterminer ni combustion ni explosion. Les cartouches avaient été déchiquetées et mises en morceaux.

Cet explosif résiste bien à la chaleur et à l'humidité. Ni le séjour prolongé dans l'eau, ni l'action d'un fort courant d'eau ne peuvent séparer la nitroglycérine.

Dans les travaux de mine ordinaires, la forcite à 50 Vo d^ nitroglycérine donne un effet de 15 7o supérieur à celui des dynamites ordinaires qui contiennent 75 % de nitroglycérine ; quand elle fait explosion sous l'eau, Teffetest de 22% plus grand. (Voir le tableau graphique des expériences du général Abbot, syr les divers explosifs, 4™« partie, chap. IV).

Pondre Atlas

Parmi les nombreuses dynamites fabriquées en Amérique sous les noms de poudres Atlas, Œtna, Hécla, Hercules, etc., nous citerons la première, la plus remarquable, dont la composition est la suivante :

nO A n» B

Nitroglycérine. . . 75 50

Bois nitrifié. ... 21 14

Nitrate de soude . . 2 34

Carbonate de magnésie 2 2

L* Atlas n'est autre chose qu'une nîtrogélatîne. On la fabrique à Repauno (New- Jersey). Elle a acquis une assez triste notoriété en Angleterre ou elle aurait, assure-t-on, servi à perpétrer les criminels attentats de ces dernières années.

Jndson P^wcier

Le • Judson Powder • fabriqué à Drakesville (Etats-Unis) est une poudre ternaire mélangée avec une petite quantité de nitroglycérine.

Nitrate de soude . • 64

Soufre . . . • . 16

Charbon bitumineux . 15

Nitroglycérine ... 5

Les matières broyées finement, mais non porphyrisées,sorit chauffées à la vapeur, à 140°, et vivement agitées de façon à empêdier le collage des parties solides av.ec le soufre fondu. On fait ensuite refroidir, puis on passe au crible. En dernier lieu on mélange avec la nitroglycérine.

Cette poudre a une force considérable, mais la fabrication est trèsdangereuse. On peut faire varier les proportions de nitroglycérine ; celle-ci ne doit pas être absorbée par les matières du mélange, elle doit seulement les recouvrir comme d'un enduit. Ce point est fort important; aussi doit-on prendre garde :

1^ Que les matières soient en grains fins et non en poudre impalpable ; autrement il y aurait absorption de la nitroglycérine et non vernissage ;

2^ Que le soufre, lors de son mélange avec le nitrate et le charbon, soit constamment maintenu entre 140 et 150*; car, à cette température» il prend une consistance un peu pâteuse et adhère mieux.

Rendrock.

Le rendrock, fabriqué dans le New-Jersey (Etats-Unis) a les compositions suivantes :

Nitroglycérine. . 20 40 60

NitrocelluloBO . . — * 13 — Nitrate de soude

ou de potasse. 61,50 40 30,80

Soufre .... 7,40 — 3,70

Paraffine. ... 11,10 7 5.50

Oa fabrique aussi dans l'usine de la • Rendrock Powder Mfg C« • une poudre au chlorate, le rackarock, dont nous avons déjà dit quelques mots en parlant des poudres chloratées, mais qui ne contient pas de nitroglycérine.

Le rackarock breveté en 1881 par le chimiste américain Divine, avait primitivement pour composition :

Chlorate de potasse. . • 3,50 i 7,50 Coaltar ou deadoil et bi-

sulfare de carbone . 1

Depuis 1883, on emploie, pour mélanger avec le chlorate, du nitrobenzol et du soufre :

Chlorate de potasse. . 4^50 Nitrobenzol ...» 1,00 Sonfre en poudre . . 0,08

On obtient encore de meilleurs produits en mélangeant 4,50 de chlorate avec 1 de nitrobenzol à 20° B., ou 3,25 de chlorate avec 1,00 de nitrobenzol à 34o B.

Le rackarock est presqu'aussi fort que la dynamite Nobel n^ 1.

On n'eflEectue le mélange des deux matières qu'à la mine et au moment de se servir de l'explosif, de sorte que chacune d'elles est transportée isolément et par suite sans danger.

Le nitrobenzol est fabrique avec le naphte du commerce et contient du nitrobenzol et de l'acide picrique.

Poudre explosive de Braln.

C'est une dynamite au chlorate de potasse :

Nitroglycérine ... 40 , Cblorate de potasse.

Niirale de potasse . i ^q Charbon de bois.

Sciure de bois .

Les effets sont bons, mais la fabrication et le maniement de cette poudre sont très-dangereux.

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