‹ Les fables de La FontaineChapitre 15 sur 79 · LE LION ET LE RAT (II · texte numérisé non relu

LE LION ET LE RAT (II

Un leon vont jadis reposer, e un sorice vient e le esveilla. Lors dit le leon al sorice : « A poy qe jeo ne te tue ! — Geo serreit « fet l'antre « petit pruesce quant a vous. — Veire <( fet le leon «, Va-t-en de ci : pardonee seit » ! Le sorice s'en va e le leon dormy. L'endemeyn tiel cas avynt que le leon fut pris en un fosse : vynt la sorice e le trova guaymentant et piteousementpleignant. Lors dit la sorice: « Vous me feistez curtesyc. e jeo vous saverai vostre vie ». Et assembla ses compaignons, et rongèrent les cordez de la reye dont la fosse fust covert. e lui enseignèrent comment deveit romper la corde et eschaper.

Auxint ert des grauntz seignurs, des prelatz et baillifs que ont mestrie en terre : si ils esparnient as autres tant com lur poer dure et lur baillye, par ceo serront aydez quant averont mestier.

(Nicole Bozon. Contes moralises, 152, A. T. )

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l/ASTROLiKil'E QUI SK LAISSK TOMIîKU DANS UN l'HITS (11, 18).

Le sujet a été esquissé i'n])i(lenieut en quelques verspni'Bnïf.(.iy/^^?Y'.s'.II, 2()2,é(lit.Blaucheniaiu.)

Un de luiictles hauts cieux regarde VA les astres : et par megarde Dans une fosse creuse client.

Un passant Toit qu'il se lamente, Entend sa cheute et sa descente:

Et s'en rit quand la cause il sceut.

Tu es la fort bien par ta faute, Toy qui levant la veue trop haute Au-dessus de toy regardois (Uirieux de chose couverte, D'une fosse a tes pieds ouverte Nonchalaut tu ne te gardois.

.le scaisbongré a la garse milesienne, qui, voyaut le philosophe Thaïes s'amuser continuellement a la contemplation de la voulte céleste, et tenir tousiours les yeulxeslevez contremont,luimeit en son passage quelque chosea le fairebruncher, pour l'adverlir qu'il seroit temps d'amuser son pensement aux choses qui estoientdans les nues, quand il auroit prouveu à celles qui estoient a ses pieds : elle lui conseilloit certes bien de regarder plustost a soy qu'au ciel ; car, comme dict Democritus, par la l)onche de Ciceron :

Qiind est mile pede^. lu'ino speclnl : <'ri'li sri'utiinliii' |)l,i.i4;)s.

(Montaigne, A'.s'syz/.s. Il, 12. i

On raconte la même anecdocte sur Anaximandre

et son diciple Anaximène : « Ce gentil astronome Anaximène, lequel regardant une fois trop ententivement les étoilles, et levant le nez en l'air comme une truye aggravée, tomba a l'impourveu dedans une fosse, la ou il fut moqué d'une vieille qui le reprit de vouloir cognoistre ce qui estoit aux cieus, ne pouvant pas seulement voiries choses qui estoyent devant luyà ses pieds.

(Tahureau, Dial., 128, Conscience.)

Contre les astrologues qui se mêlent de prédire les choses futures.

Gomme peux-tu, fol astrologue, Trop orgueilleux, superbe et rogue, Cognoistre la force des cieux Leurs mouvements et influance, Puis que ta belle suffisance, N^'est que d'avoir du sable aux yeux ? Tu ne cognois pas, grosse beste, Alors que tu levés la teste Pour voir les astres si souvent Que tu tombes dans une fosse.

Dieu ! que ta science est bien fausse, Puis qu'elle te va décevant,

(Gaigneu, Le Carquois satyrique. Variétés hist. et littéraires, VI, 293.)

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