LE SINGE ET LE LÉOPARD (IX
Dans Laurent Valla cette fable est intitulée : Vulpes et Pardus. Elle a été traduite en français par Guillaume Tardif.
Le second Apologue ou fable est d'iingRegnart et d'un Liepart.
Le Regnart et le Liepart estoient un jour aux champs al'ebat, et en parlant de plusieurs choses, eurent question et altercation entre enlx touchant leur beaulté. Et après plusieurs raisons, alléguées d'une part et d'autre sur la dicte beaulté. ledict Liepart allégua pour raison peremptoire la beauté qui est en sa diversité des couleurs de sa peau, et en etîect concluoit que pour raison des diverses couleurs de sa pardicte peau, il precedoit en beaulté, non pas seulement le dict Regnart, mais avecques ce les autres bestes. Le Regnart pour ses defîences, voyant par luy qu'il ne povoit aucunement louer ne préférer sa peau a celle du dict Liepart, allégua une raison peremptoire contre le dict Liepart et luy dist: « Tu te jactes et vantes a merveille de la beauté de ta peau, mais certes c'est peu de chose au regard de ma beauté interiore, car Nature m'a donné couraige et pensée de diverses couleurs, cautelles et subtilités de plusieurs et différentes sortes. Par quoy je conclus invincildement estre censé et réputé plus beau que tov.
SEXS MORAL
Le dessus dict Apologue, fable ou facecie, quant au sens moral, veult innuer et donner a entendre que la beauté spirituelle et interiore de l'âme, laquelle est douée et parée de science et vertus, est plus belle, sans nulle comparaison que la beauté exteriore du corps, tant soit-il bien paré de robes ou riches vestemens.
(Guill. Tardif, AxjoI. de Laurent Valla, 150, édit. Marchessou.)
DK LA FONTAINK 141