‹ Les fables de La FontaineChapitre 68 sur 79 · LE CHAT ET LE RENARD (IX · texte numérisé non relu

LE CHAT ET LE RENARD (IX

Nous trouvons cette fable dans Nicole Bozon, avec une particularité assez curieuse : une Colombe remplace le clial:, lequelfigure dans presque tous les apologues cités par les éditeurs.

«A cest ensaumple avauntdistvusdirrayunfablet ke amener poez a graunt profist. Le gopil jadys dist al colombe : » « Combien savez de voydiez, si mestier fust ? » Respondi le columbe : « Fors un soûl. — Soûl est com nul, » dit le gopil, « e nepurquant, quel est ta veudie ? — Certez, » fet le columbe, « quant tempeste sourd ou egle ou ostour moy vient atteignant, jeo ne ay autre socours fors un arbre cros ou mon recet est jour e nuyt. — Geo ne est rien », dit le gopil, « mes jeo sui de vendiez bien estorée : un sake ay tôt pleyn, qe unqes ne fust attamee, e auxint un poket. » — Veire, fet l'autre, « tôt vous ert besoigne a un jornee . » A ceo vynt un venour cornant od un mot des chienz et les descoupla al gopil. Et les chienz corantz lui environent tôt part e comencent de acqeller le gopil. Lors dit le columbe en deriant : « Attamez le poket. Je crei qe le sake seit tôt alee. — Nenyl, » fet l'autre. « il est decirez, et touz mes queyntisez sont eschapez ».

(Contes moralises, 133, A. T.)

La morale de cette fable si gentiment dialoguée compare à la colombe les gens sans malice

qui n'ont qu'un refuge : Jésus-Christ. Le renard, c'est le méchant que son sac plein de ruses ne sauvera pas des chiens courants, c'est à dire des grilles du diahle.

iU LES FABLES

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