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Le cerf pris pour un chien Directorium

(Etienne de Bourbon, n° 339).

Soit, en tout, treize histoires, dont trois sont attestées déjà dans l'antiquité classique : le dit du Pliçon, la [Matrone d'Ephèse et les Quatre souhaits St-Martin.

Il y a loin de ce nombre de dix ou treize à l'infinité des contes orientaux qu'on pouvait espérer retrouver en Europe.

modernes. Les n^s 1, 4, 6, 8, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 18, 19, 20, 21, 23, 28, 29, 32, 33, 34, 36, 38, 40, 42, 4.4, 46, 49, 50, 52, 56, 58, 60, 64, 65, 66, 69, 70 n'ont, à ma connaissance, d'équivalents ni dans l'Orient, à une époque quelconque, ni parmi les fabliaux français.

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Voilà donc cet « océan des rivières des histoires » qui aurait inondé l'Europe au moyen âge !

En opposant au grand nombre de contes que les hommes du moyen âge pouvaient puiser dans les livres le nombre vraiment dérisoire de ceux qu'ils paraissent y avoir pris (car nous démontrerons que cela même n'est qu'une apparence), — nous avons réduit à sa juste valeur l'influence des livres asiatiques traduits au moyen âge.

Cet argument paraissait très frappant que la vogue des \ fabliaux coïncidât avec l'apparition de ces livres en Europe. Maintenant nous sommes en droit de nous demander si ces traductions ne sont pas un effet plutôt qu'une cause. A l'exception de la Disciplina clericalis ^, elles ne sont pas antérieures à la vogue des fabliaux, mais leur sont contemporaines ou plutôt postérieures -. Si donc nous pouvons trouver — ce qui sera fait dans la seconde partie de ce livre — des raisons historiques, locales, qui, sans que nous sortions de France, nous permettent d'expliquer la production littéraire des fabliaux, nous comprendrons qu'à la faveur de ce goût pour les contes, on ait aussi traduit des recueils arabes ou hébreux. Quant aux exemples, il est trop évident que les grands fondateurs des ordres religieux populaires, saint François et saint Dominique, n'ont pas attendu, pour en recommander l'usage aux prédicateurs, la traduction du Kalilah et Dimnah.

Certes, ne nous méprenons ni sur la nouveauté, ni sur la portée de la démonstration qui précède.

Elle n'est pas nouvelle pour quelques romanistes, qui se seraient passés de cette statistique et nous en auraient volontiers concédé sans discussion les résultats. M. G. Paris le dit très nettement : « Les fableaux sont, sauf exception, étrangers à ces grands recueils traduits intégralement d'une langue dans une autre; ils proviennent de la transmission orale, et non des livres •"*. »

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