L'ENFANT SPIRITUEL
Jadis un amliassadcur Étant chez un grand seigneur, Y trouva, non sans surprise, Un jeune enfant de six ans, Plein d'esprit et de bon sens.
Comme un liomaie à barbe grise.
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AprOs l'avoir admiré :
« Je crains bien, dit-ii au pèro, Que ce front prématuré En croissant, ne déjîénère; Car on voit pour lordinaire Que tous ces jolis enfans Qu'on admire en leur jeunesse, Lorsqu'ils sont devenus grand-i, Paraissent lourds et pédans, Sans esprit, ni gentillesse. »
Cet enfant qui l'écoutait.
Répondit d'un air fort sage :
« — Sans doute, Monsieur avait Beaucoup desprit à mon âge ».
P'ARATON Poésies'.
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El VMOLO(ilE DE LASE-TE F....
Un jour de foire dans Chàlons.
Colas s'en allait à la ville Monle sur le roi des ànons.
Animal soumis et docile C'"'ntre l'usage des grisons.
N'étant qu'au milieu de sa rnnte.
Il fit rencontre de catin Lasse, suant à grosse goutte, Et faisant à pied le chemin.
La Belle, voyant son voisin Qui s'en allait le vent en poupe.
Le coujura par S. Martin De la laisser monter en croupe.
Un co^ur aussi dur qu'un rocher Se fut attendri pour la Belle; Elle était fraîche, encore pucelle.
Et sa main pouvait s'accrocher Parfois au poucineau de la selle.
Mais ces menus dons des amans.
Que nous autres honnêtes gens, .\vons baptisé pelitr «'ji'.
434 APrENDlCES
Sont nommés par certains manans, Viande creuse et fausse monnoye.
De ces manans élail Colas; Aus^i n'eu faisait-il grand cas.
Depuis lonteuis du la Donzelle 11 avait pris ville et faux bourgs.
Mais elle défendait toujours Avec vigueur la citadelle.
Le gars en plus de vingt assauts Fut repoussé sur la verdure, Non sans force coups de fuseaux, Sans mainte et mainte égratignuro; Colas en avait le c(eur gros; Aussi tout sec, piquant sa bête.
Néant, dit-il à la Requête, Catin le flatte tendrement; Le manant tousse fièrement.
Si l'une presse, l'autre chante, Que faire en telle extrémité?
Catin n'avait point d'Atalante Les pieds ni la légèreté ; Puis c'était au cœur de l'été, Peut être dans la canicule.
Colas gardait son quant à moi ; Nécessité n'a point de loi.
Enfin la Belle capitule; Arrêté fut qu'à chaque pet Que ferait Messire Baudet, Maître Colas et la bergère Fei'aient un tous sur la fougère; Le tout pour le soulagement Et le repos de la monture, Que toutefois grllfe, ni dent, Façon aucune, aucun murmure Ne seraient admis nullement, Si non à pied, et promptement, Le traité fait, la belle monte.
Le drôle aussitôt du talon Frappe le flanc de son grison.
Maître baudet pète et san.s honte, 11 savait par cœur la leçon.
A cette e,sj)èce d'exercice L'avait jadis dressé Colas, Pour certaine Dame Thomas.
Martin ayant fait son office,
APl'KNDK.F.S 4?5
Colas descend, point de quartier,
Elle eut beau cent fois le prier,
11 l'emporte, il suc, il travaille,
Et d'une sanglante bataille
Revint tout couvert de laurier.
Tous deux remont^^nt, la fillette
Rajuste et mouchoir et cornette.
Bientôt après le villageois
Tournant vers elle le minois
Fut surpris de la voir plus belle.
C'était l'etfet d'un incarnat
Qu'elle avait acquis au combat.
Tout aussitôt ardeur nouvelle,
Coups dans les flancs et nouveau son;
Pour descendre moins de l'açon,
A la troisième pétarade
Catin vous fait une i;ambadé,
Tire Colas par ses babils,
Lui montrant un prochain taillis.
Ce bois lui donna l'estrapade.
Il en revint pâle et défait,
Et jurant conti'e le Baudet.
11 n'était au bout: la fillette
Avait découvert son secret. .
Elle talonne, l'ànon pèle
Lors dit Catin, n'entends tu pas? —
Quoi? répond l'autre — L'ase... écoute :
Si l'ase pète, dit Colas,
Palsangué que l'ase te foute.
PlHON
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LA REPONSK IMPREVUE
Certain époux, peu fait au mariage, Tançait un jour sa dolente moitié.
Et se plaignait que, Mcsser cocuago Dans sa maison mettait souvent le pié. La belle Alix pleurait, c'était pitic!... Sur quoi lui dit Messer Bon : (,a mignonne.
436 APJ'ENblCES
Ne pleure plus, cette lois te pardonne, Faisons la paix : Bien veux tout oublier... Je me repens, s'écria la pauvretle, Je nio repens... de quoi? poursuit l'f^poux? D'avoir laissé la main gauche imparlaile A cet enfant que Jean a fait pour vous.
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