‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 19 sur 86 · ATTRIBUTIONS DES FACTEURS · texte numérisé non relu

ATTRIBUTIONS DES FACTEURS

dique, t. IV, 1785, p. 421 à 424) ; en un mol, nombreuses étaient les exceptions à la règle commune.

Quelque bizarre que cela paraisse, les faiseurs d'instruments n'avaient pas le droit de fabriquer toute espèce d'agents sonores, exception était faite pour les cors de chasse, trompes et trompettes, qui, en argent, ressorlissaient aux orfèvres, et, en cuivre, aux chaudronniers ; ces derniers faisaient encore les timbales et cymbales ; les fondeurs faisaient les cloches et carillons et, enfin, les boisseliers, les tambours militaires {Sayahy, Dictionnaire du Commerce, 1723). Uii peu plus lard, les cors de chasse furenj, compris au nombre des instruments que pouvaient fabriquer les membres de la corporation [Almanach Dauphin, 1777)^ peut-être concurremment avec les chaudronniers :

Les luthiers sont ceux qui ont l'art de faire et le droit de vendre toutes sortes d'instruments de musique, soit à cordes ou à vent, tels que violons, quintes, alto, violoncelles, basses, bassons, harpes, luths, guitares, vielles, mandolines, psaltérions, épinetles, orgues, clavecins, flûtes traversières, flûtes à • bec, hautbois, clarinettes et cors de chasse, etc.

Mais ils ne paraissent pas avoir usé de cette faculté, car le rédacteur de V Encyclopédie méthodique écrivait en 1785 (t. IV, p. 125) : t Gomme les cors sont de cuivre jaune, ce sont les chauderonniers qui les font. »

Quant aux instruments à percussion, rien d'éton-

nant à ce qu'ils n'aient pas fait partie du privilège des facteurs ; aujourd'hui encore, bien qu'ils aient toute liberté de les construire, ils abandonnent ce soin à des spécialistes mieux organisés à cet effet.

Apres à la poursuite de quiconque empiétait sur leurs attributions, les facteurs ne se faisaient aucun scrupule de passer outre nux limites que leur intérêt leur avait fait édict^r. lorsqu'elles leur apportaient quelque gêne ou qu'ils s'en trouvaient victimes. Seuls, les maîtres luthiers et facteurs d'instruments avaient le droit d'accorder les clavecins ; c'était une besogne à laquelle ils ne pouvaient toujours suffire ; ils se faisaient alors suppléer par « des jeunes gens de confiance • parfaitement capables, nous n'en doutons pas, mais n'ayant pas strictement, le droit d'exercer et, contraints par suite, à opérer clandestinement. Comme ces accordeurs sont sans qualité — lisons nous dans V Almanach musical — bien loin de les servir, ce sera t se compromettre que d'en donner une liste, et le meilleur moyen de s'en procurer, est de s'adresser aux maîtres de clavecin ou aux facteurs. Sans contester aux fadeurs le droit de déléguer une partie de leurs fonctions à qui leur convenait, on ne peut se dispenser de remarquer que c'était contrairement aux règles dont ils se montrèrent si souvent gardiens jaloux, et que, selon le cas, ils avaient deux poids et deux mesures.

Les entraves apportées à l'industrie et qu libre exercice de professions par les privilèges des corpo-

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