‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 70 sur 86 · HARPES, ÉRARD 1799-1893 — VIOLONS · texte numérisé non relu

HARPES, ÉRARD 1799-1893 — VIOLONS

Mêmes variations pour les harpes. En Tan VU, elles ne coûtaient pas moins de 1.200 à 1.500 fr. ; de 1824 à 1834, qu'elles fussent à simple ou à double mouvement, elles valaient de i.ooo à 2.000 fr., mais la différence entre les deux systèmes fut assez sensible en 1845; le premier était vendu de 1.200 à 1.500 fr, et le second, de 1.800 à 2.500. A partir de ce moment, on ne fit plus que ce dernier système avec 45 ou 46 cordes pour le prix de 2.500 à 5.000 fr., qui a été très modéré vers 1883. Depuis lors, les harpes à double mouvement se font en deux modèles, quant à l'ornementation ; le premier, style Empire, à 43 cordes, vaut 2.600 fr. ; le second, style gothique, à 45 ou 47 cordes, vaut 2.800 fr.

Les instruments .\ archet, de par leur structure en quelque sorte immuable, ne sont pas susceptibles de semblables augmentations ; d'autres causes, parmi lesquelles l'excellence et la rareté, peuvent toutefois en élever considérablement le prix, car, à rencontre des autres espèces d'agents sonores, ils ne perdent pas avec le temps; mais lorsqu'ils parviennent à exciter les convoitises de collectionneurs passionnés, ils dépassent, à l'égal de certains tableaux, les bornes d'une sage limite. Tel est le cas pour les violons des vieux maîtres italiens et en particulier pour ceux de Stradivarius qui ont atteint, en ces dernières années, des prix tellement fabuleux, qu'ils deviennent

cales, caisse unie, 55o fr.; moyen modèle, cordées verticales, 700 fr. ; idem, cordes obliques, 760 fr. ; grand modèle, également à cordes obliques, de 900 à 1.000 fr., pianos à queue, 2.000 fr.

inaccessibles à tout jamais, aux artistes capables de les faire valoir, et vont s'îmriïobiliser dans quelque galerie où ils ne servent plus qu*à satisfaire la vanité de leur riche propriétaire.

On sait que Stradivarius se contentait de 4 louis d'or (environ 90 fr.) pour prix de ses magnifiques violons. Déjà, à la fin du xvin® siècle, ils s'achetaient en France, 3 ou 400 fr., puis ils atteignirent le prix de 2.400 à 5.000 fr. et s'y maintinrent un certain t^mps. Antérieurement à 1824, Lupot vendit à Ha- BENECK un stradivarius de 1738, pour 2.400 fr. seulement; celui que Ton appela d'abord le régent, puis le superbe (1716}, ne fut vendu que j.çoofr., comme ceux de 1715, qu'achetèrent Gand et Rode; seul, celui de VioTTi, datant de 171 2, fut payé 5.000 fr. iMais survinrent, il y a une quinzaine d'années, les spéculateurs et amateurs anglais qui se passionnèrent tout à coup, et ces instruments parvinrent à des prix prodigieux. En 1875 , un violon de A. Stradivarics daté de 1714, était adjugé à M. Hart pour 7.900 fr. ; la même année, M, Lawrie qui fit spécialement le commerce de ces instruments, acheta de D. Alard un stradivaiius de 1716, pour la somme de 15.000 fr. et il le revendit 20.000 à M. Adams. Le Messie (violon de 1716) ayant appartenu à M. Cozio de Salabue, à Ta- Risio (i824)puisà Vuilla[jme(i85 5), que D. Alard avait acquis en 1875 à la mort de ce dernier, son beau-père, pour 2'). 000 fr., fut vendu en 1890 à M. Crawford, à Edimbourg, pour la bagatelle de 50.000 fr. N'est-ce pas vertigineux? C'est le seul; il est vrai, qui ait encore atteint ce prix; divers autres violons tout en

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