‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 31 sur 84 · HARPES · texte numérisé non relu

HARPES

actuellement au musée de Bruxelles, l'indique rue S^'-Avoye, vis-à vis celle de Braque. Ces deux facteurs, qui figurent isolément sur les almanachs ou des instruments, s'associèrent, en différentes occasions pour la fabrication de divers instruments, car nous voyons fréquemment leurs nom^^ ainsi réunis : Renault et Châtelain, de 1 781 à 1791. Citons entre autres une vielle de 1775, que nous avons vue chez M. JoMBAR, une harpe de 1783 à M.Nollet, un théorbe (ie la même année, prêté par M. E. Bernardel à l'exposition rétrospective de 1889, les cistres des Conservatoires de Paris (n® 260), de 1785 et de Bruxelles (1786). Ces deux instruments portent l'adresse « rue de Braque, au i'**, au coin de la rue S' Avoye » ; il ne peut y avoir aucun doute sur l'identité de ces facteurs. Ils avaient pour enseigne à la Renommée.

En raison de la vogue que la harpe rencontrait chaque jour, le nombre de facteurs continua de s'accroître *. mais trois nouis seulement se sont perpétués. Antoine Challiot avait commencé à travailler vers 1778 au faubourg S^-Antoine, a'où il alla au faubourg St-Martin (1783-1816) ; son fils et son petitfils lui succédèrent. Henri Holtzmann (faub. St-An-

* François Guillaume, rue de l'Université (1783-86), rue de Beaune (1788-89); Pierre-Jacques Godelart, rue du Four-Saint- Germain ^1783-89) faisait aussi des clavecins; Holzmann, rue deFourcy (1788-89); Jean Woltaier, carré à Sa' nt- Denis (1783-83); Vanderlist, rue des Vieux-Augustins(i788 89), rue Montmartre an Vni; ; s'occupa aussi de lutherie. A. Vidal signale un violon portant ce nom et l'adresse « rue des Vieux-Augustins, près de i'égout de la rue Montmartre » .

loine (178J-89) eut une harpe parmi les inslruments mis en réserve par Bruni. Lépine (Adrien-Picard?) fit apprécier la qualité de ses instruments, qui, A un très benu son, joignaient une grande solidité de table et de mécanique : Il est particulièrement cité par M""® de Genlis .

Gomme les luthiers, les nouveaux facteurs de clavecins se sont peu distingués ; en dehors des conditions économiques, Theure devenait de moins en moins favorable à cet instrument, que commençait à détrôner le piano. Des cinq facteurs existant en 1775, non encore cités, aucun n'a laissé de souvenir durable S et parmi ceux qui entrèrent successivement dans la corporation S seul, Joachim Swanen a

* Jean-Marie Dedeban (1775-89, rue de TEperon), fît ensuite des pianos ; — Jacques Germain, dit Gœrmans (rue des Fossés- Saint-Germain-des-Prés, 1775-89); il imagina, en 1781, d'après le procédé employé par Cousineau, pour la harpe, un clavecin à 21 touches par octave; Jean Hermès (rue du Colombier, 1775 83, et rue des Sainte-Pères, 1788, adjoignit à sa fabrication, en I777, celle des pianos; Malade, rue, Bourbon- Villeneuve (1775-79^ sa veuve tenait la maison en 1788; Pierre-Charles Simonneau, fournisseur de l'Opéra (1775-79), rue Saint-Landry).

Nous avons relevé le nom de Glermont, à Nancy, sur une harpe style Louis XVI.

2 De 1776 à 1778 : Louis Benard (1776-89) ; Jean-Pierre Leclerc (1777-83, rue Chapon, 1788-89, rue Beaubourg, an VIII, rue Simon-le-Franc); Morel, (rue Quincampoix, 1777) ; Jean Naulot (1777, rue Gaillon, 1783, rue du Bac); Pierre Dubois (1778, an VII, rue Saint-Honoré); Pierre Grenot (1778-83, rue du Moulin-Neuf, 1788-89, rue de la Calandre).

De 1783 à 1788; Jacques Barberini, rue delà Verrerie 1783-91;,

laissé un inslrument remarquable : le superbe clavecin à deux claviers à main et à un clavier de pédales fait en 1786, actuellement au Conservatoire des Arts et Métiers *. J. -Jacob Schnell, wurtembergeois fixé à Paris en 1777, breveté de la comtesse d'Artois, qui conçut, en 1781, un clavecin avec une corde supplémentaire à chaque touche, une pédale de sourdine et une autre pour crescendo; il quitta la France à la Révolution, après avoir inventé l'anémocorde. Un petit-fils de F.-E. Blanchet, Armand-François-Nicolas, né en 1763, s'occupa de bonne heure de la facture et de l'accord des clavecins ; lorsqu'il publia en l'an IX une Méthode abrégée pour accorder le clavecin et le forte piano, il était établi rue de la Verrerie, 167, ce qui fait supposer qu'il avait repris la maison laissée à Taskin parsongrand'père. A.-E.-N. Blanchet fut fournisseur de la cour et du Conservatoire et, à sa mort (18 avril 18 18), son fils Nicolas

où il tenait des forte-piano anglais des meilleurs auteurs; Louis Duclken, rue VieilIe-du-Temple (17B3), rue Mauconsei^ (1788-89); Pierre Gâteaux, rue Guérin-Boisseau (1783), rue delà Harpe (1788-89); Lauterbon, rue >ainteGroix-de-la-Bretonnerie (1788-89); VoU)er, rue d'Argenteuil (1788-an VII).

J.-J. Nesle n'est connu que par le clavecin italien, exposé en 1889 par M. Coffinières de Nordeck, lequel porte cette inscription : «. fait à Milan pour sonner à la quinte; refait pour sonner au ton, par J.-J. Nesle, 1780, » et L. Bas, de Marseille, par le clavecin de 1781, restauré en i83i par Martel (Gollect. de Bricqaeville).

* Swanen habitait rue du Four-Saint-Gerraain en 1783, rue des Fossés-M'-le-Prince, en 1786, et rue Dauphine, en 1816.

qui devint ensuite l'associé de HoLLEadans la fabrication des pianos, prit sa succession.

La mort n'ayant pas permis à Marius de répandre le clavecin à maillets — embryon du piano — qu'il avait soumis en 1716 à l'Académie des sciences, il fallut que l'idée en revint d'Angleterre où elle avait été portée, dit-on, en 1760, par l'allemand Zumpe, pour décider nos facteurs à s'occuper de cet instrument. Suivant une affiche signalée par la Gazette musicale (185 1, p. 212), dont l'original est actuellement selon M. Lavoix entre les mains de M. Broa- DwooD, la première audition publique du piano-forte eut lieu à Londres en 1767. L'importation ne tarda pas ; en 1 770 il élait connu à Paris et, au mois d'avril, Virbès , organiste de St Germain-l'Auxerrois qui, en 1766, avait essayé de donner le piano et le forte au clavecin au moyen de bascules actionnées par les genoux Slni opposa un instrument de sa façon, ainsi qu'en fait foi l'enlrefilet suivant que nous découpons intégralement dans r-4uâ!W/-rot/reMr du 2 avril, personne ne l'ayant encore reproduit :

Le même soir (5 avril) le sieur Virbes ûls, âgé de 9 ans et demi et élève de son père, fera entendre plusieurs morceaux de musique sur un instruryient à marteaux de la forme de ceux d'Angleterre. Gel instrument a élé exécuté en Allemagne suivant les principes de M. Virbes. Il rend des sons beaucoup plus forts et plus nets que

1 Hist. de VAcad. des sciences^ p. 161. Dumontier, en 1775 avait déjà tenté d'obtenir ce résultat.

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