‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 35 sur 84 · STATISTIQUE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE

celte publication présente non seulement des lacunes, mais elle donne des indications erronées. Dans un but de spéculation, certains commerçants se sont fait inscrire avec les véritables fabricants : c'est ainsi que Ton trouve parmi les facteurs de pianos, des marchands ou dépositaires d'instruments, des éditeurs de musique et des luthiers; avec les constructeurs d'orgues et d'harmoniums, ou bien avec les luthiers, figurent des facteurs d'instruments à vent, quelques-uns même, sont mêlés aux facteurs de pianos et vies versa, alors que les uns n'ont jamais fabriqué et que les autres se sont strictement bornés à leur spécialité. On rencontre pourtant, par suite d'une complaisance différemment appréciée, des instruments marqués à leur nom *. On conçoit, dès lors, que les renseignements fournis par l'annuaire en question ne peuvent être acceptés intégralement pour l'étabhssement d'une statistique fidèle. Il nous a donc fallu procéder à de nombreuses éliminations — assez faciles à pratiquer pour l'époque actuelle, mais qui Tétaient moins pour les périodes antérieures — pour arriver à un résultat qui, bien qu'approximatif, fasse connaître, avec le plus de certitude, révolution qui s'est opérée dans la corporation. Ecartant même sans hésitation tout ce qui pouvait offrir le moindre doute, nous avons obtenu

< Cette pratique n*ost généralement pas avouée des fabricants, mais elle n'en existe pas moins; un seul, à notre connaissance a osé l'imprimer en tête de son catalogue général. Nous reviendrons plus amplement sur ce sujet, (g V, note).

des n jmbres plutôt en deçà qu'au delà de la réalité * :

Luthiers >

Pianos

Harpes

Orgues à tuyaux

Harmoniums

Instruments à vent :

Bois

Cuivre

Bois et cuivre

Instr. de toutes sortes à

cordes et à vent

Totaux,

I oc'

(a) Ces cliliïres sont ceux de la slalistiqnc faite par la Chambre de Commerce de Paris; Us ne se rapportent qu'aux facteurs de cette vlilc.

(b) Compris les facteurs de La Coulure ayant une maison à Paris, ceux qui résident seulement à La Couture et aux environs (une douzaine) ne sent pas compris dans ce chiffre.

(*) Non compris les fabricaots de La Couture.

Par le tableau comparatif qui termine le chapitre h, Ton a vu qu'après l'élévation constante qui se produisiljusqu'en i783,vintnne décroissance asse^ sensible,

^ Ces nombres sont d'autant plus au dessous du chiffre réel (ju'iL est certain que nous n'avons pas eu connaissance de tous les facteurs ayant exercé; les almanachs ofl'rent eux-mêmes des lacunes auxquelles nous avons suppléé dans la mesure du possible.

2 Non compris les fabricants en gros de Mirecourt, dont

STATISTIQUE loi»

due en grande partie aux événements qui inarquèrent la fin du xvni* siècle. On constate un léger relèvement pendant les premières années du xix® siècle, où le nombre de facteurs varie entre 80 et 90 ; puis, à partir de 1821, la diffusion de Tart musical aidant, commença un prodigieux mouvement ascensionnel qui devait atteindre son summum en 1847, cl qui fut suivi d'une diminution causée par la disparition des petits industriels, contraints de céder devant Textension des grandes usines. De sorte qu'après être passé progressivement de 112 (1821) à 259 (1847), le total des facteurs s'abaissa peu à peu à 155 (1873), chiffre qui n'a guère subi depuis de variations pour l'ensemble de la corporation , si l'on tient compte des défalcations faites dans ce tableau, des facteurs de Mirecourt et de La Coulure.

En examinant les chiffres relatifs aux diverses catégories, Ton renjarque un mouvement analogue de croissance et de décroissance, sauf pour les luthiers dont le nombre diminuait quelque peu pendant que celui des facteurs d'instruments à vent s'augmentait rapidement.

Les luthiers, qui étaient 58 en 1783, se réduisaient à 19 en 1847, ils sont 22 maintenant ; cette décroissance s'exphque par la disparition d'une grande •quantité d'instruments à cordes : luths, ihéorbes, elc* et par la production énorme de Mirecourt. De 20 qu'ils étaient en 1775, les facteurs de grandes orgues se trouvèrent réduits à 10 en 1847, nombre

nous n'avons pas tenu compte d'ailleurs dans la statistique du xvui" siècle.

qui n'a plus varié depuis ; les constructeurs d*harn^oniums sont une dizaine aujourd'hui. La facture des clavecins et harpes comprenait une vingtaine de maîtres en 1775, lesquels firent place aux facteurs de pianos qui étaient 180 à Paris en 1847 et ne sont actuellement que 55. La catégorie des facteurs d'instruments à vent est la seule qui ait progressé numériquement depuis le xvni'' siècle jusqu'au milieu du xix° ; cela se conçoit aisément si l'on songe à la quantité de musiques d'harmonies civiles et militaires, que la vulgarisation de l'art musical a fait éclore. De 8 en 1775, le nombre ie ces spécialistes s'éleva jusqu'à 40 en 1847; une légère diminution s'est produite depuis cette époque, ils ne restent plus que 30 et cette diminution porte particulièrement sur la classe des instruments de cuivre. Cette ancienne distinction basée sur la matière dont les instruments sont formés a été conservée jusqu'ici, bien que plusieurs instruments qui se faisaient autrefois en bois, notamment les flûtes, soient depuis longtemps «nmétal et continuent d'être fabriqués par ceux qui ne travaillaient que le bois. Il serait plus exact de nommer ces derniers instruments à clés ou mieux à trous latéraux. Les facteurs n'ouvrageant que le cuivre sont main tenant un peu moins nombreux que ceux qui ne s'occupent que du bois ; deux seulement emploient les deux matières. C'est à dessein que nous avons négligé les fabricants d'accordéons, concertinas et autres instruments qui ne tiennent en rien à l'art, ainsi que les fabricants d'accessoires et de fournitures, claviers, feutres, etc.

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