‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 55 sur 84 · LUTHIERS — VUILLAUME · texte numérisé non relu

LUTHIERS — VUILLAUME

exposé l'année précédente de très bons violons au prix de 200 fr. (méd. d'argent). De bonne heure ce luthier se proposa d'imiter les Stradivarius, les Amati, les Maggîni, les J. Guarneri; il y réussit \ parfaitement, le jury de 1834, le reconnut en ces termes :

Les instruments qu'il a construits trompent la vue par l'aspect et le genre de travail ; ils ont l'avantage infiniment plus précieux d'imiter avec tant de perfection la qualité des sons de l'instrument ancien pris pour modèle, que l'oreille la plus exercée peut s'y laisser tromper.

Deux violons, sur cinq réservés, deux altos sur trois, une basse sur trois, obtinrent le premier rang en 1839 et valurent à Vuillaume une médaille d'or, rappelée en 1844 et suivie de la grande médaille d'honneur (Londres, 185 1). C'est par une étude sérieuse des instruments anciens et par robservation scrupuleuse des plus petits détails de leur structure, l'épaisseur des tables, etc., que VuiLLADME parvint à reproduire les quahtés caractéristiques des instruments des maitres ci-dessus. 11 en fit une démonstration éclatante en 1855 avec quatre violons construits d'après les procédés de chacun d'eux; l'illusion fut absolue au point de vue de la sonorité et d'habiles artistes s'y trompant, crurent entendre, des Stradivarius et des Amaii et non des VuiLLAUME. -En même temps il exposa un alto conçu

daille d'argent. Son fils Nicolas- Antoine s'occupa de la construction des orgues avant de prendre sa succession (Voir g III).

2Tn XIX' SIÉÛLÉ

dons les véritables proporlions par rapport au violon et au violoncelle : la sonorité en était des plus belles, mai» le maniement en était incommode et peu pratique Son oclo-basae*(i849-5o), véritable mastodonte de 4 m. de hauteur que Ton peut voir au Conservatoire (n® 2oj) est de même une fantaisie sans utilité, tout comme le violon muni d*une sourdine actionnée par la pression du menton, qu'il présenta en 1867.

L'archet, pour lequel Vuillaume recourait au concours des plus habiles faiseurs,tut aussi l'objet de ses études et il en détermina les véritables proportions d'après les plus beaux modèles de Tourte. Il essaya d'en fabriquer en acier creux (1834), mais il dut revenir au bois, beaucoup plus solide et plus souple ; puis, il en fit un dont la mèche pouvait se monteï* et se démonter en quelques secondes (1836). J.*B. Vuillaume mourut le 19 mars 1875, laissant près de 3.000 instruments (un violoncelle du Conservatoire porte le n^ 2.876) ; il est vrai que cette énorme quantité ne lui appartient pas en propre, il occupa toujours un assez grand nombre d'ouvriers : en 1834-39, il en avait 8 à l'aide desquels il confectionnait annuellement 600 archets et 1 50 instruments * dont une partie passe à l'étranger », dit le rapport.

Trois autres frères de J»-B. Vuillaume s'occupèrent de facture : Nicolas qui naquit en 1 800, vint à Paris en 1832, et s'en retourna à Mirecourten 1842, dont là lutherie est fort commune ; ^tco^o^-iVanpoô, né le

* Dubois, contrebassiste de Fopéra, avait déjà fait une octôbasse en 1834.

1 3 mai 1802, qui s'établit à Bruxelles après être resté à Paris jusqu'en 1828, et mourut le 16 janvier 1876, dans la capitale du Brabant, où il avait apporté le premier, selon Fetis. les bonnes traditions de la lutherie française; Claude- François ^ né en 1807, s'adonna à la construction des orgues d'église c Un fils de ce dernier* Séb. Vuillaume s'installa à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle ; il remporta une médaille de bronze en 1867, et mourut 9 ans après (17 nov. 187$). Nestor-Dominique Audinot également natif de Mirecourt (1 2 déc. 1 842) qui avait fait partie de sa maison de 1863 à 1868 et s'était ensuite établi faubourg St- Denîs, lui succéda* Ce luthier s'occupe beaucoup de recherches sur les vernis et de réparations, mais il ne néglige pas la construction d'instruments neufs ; sa production s'élève actuellement à 588.

En mentionnant la fusion des maisons Gako et BEnNARDEL,nous n'avons pu, pour ne pas interrompre l'historique commencé, faire connaître les origines de cette dernière qui comptait alors 40 ans d'existence. Elle avait été fondée en 1826 par Auguste-Sébastienl'hilippe Bernardel, né à Mirecourt en 1802, brillant élève de N. Lupot et Gh,-F. Gand. Les expositions le tentèrent et il passa rapidement par les divers ordres de récompenses : mention 1827, médailles de bronze, 1834-39, méd. d'argent en 1844 pour alto placé au premier rang et médaille d'or en 1849. S. -Ph. Bernardel était dès lors définitivement classé. A Londres, en i8$i, il remporta une méd. de 2* classe. Le superbe violon imité de Maggini ainsi que la basse et la contrebasse qu'il présenta en 1855,

lui valurent une méd. de i"» classe. En 1859, ce luthier s'associa ses deux fils qui travaillèrent avec lui jusqu'au moment où ils devinrent les collabcJrateurs d'Eug. Gand (i86ô),et il se retira de façon à ce que la réunion des maisons Gand et Bernardel put se faire. Seb. Ph. Bernardel est mort à Bougival le 6 août 1870, laissant des instruments d'une facture très soignée et d'une belle sonorité, dont il y a un magnifique spécimen au Conservatoire. C'est lui qui eut l'idéo de tailler en biseau la touche do la viole et de l'alto, afin de permettre le rapprochement du 50^ et d'éviter ainsi le frisement des cordes (1830), et qui imagin a de filer à double trait les cordes des instruments à archets (1835).

Quoique son père ne se soit pas livré à la fabrication des instruments (il fut maître tailleur dans un régiment d'infanterie), Charles Jacquot appartient à une ancienne famille de luthiers de Mirecourt, dont le chefparait avoir été Claude Jacquot qui vivait en 1645, ainsi qu'il résulte d'un travail que prépare M. Alb. Jacquot. [La lutherie d'art et la lutherie en Lorraine). Son apprentissage fait chez Nicolas et chez Breton *, Ch. Jacquot quitta Mirecourt en 182 3 pour se rendre à Nancy, où il s'établit en 1 827. Mais attiré par la capitale, il confia sa maison à son fils en 1854 et vint en fonder une autre à Paris. Ce luthier, né

> Breton naquit à Mirecourt en 1780, où il exerça, croit-on, de 1B12 à i83o, époque de son décès. Il fut luthier de la duchesse d'Angoulcme.Un violon sans date de ce luthier, dont les produits sont très soignés, fut dans la collection Samary.

à Mirecourt en 1804, travailla presque jusqu'à sa mort survenue le 29 mars 1880 à Saint-Maur-les- Fossés. Ses instruments sont estimés pour le fini du travail et la régularité de la forme ; ils lui valurent un certain nombre de récompenses aux diverses expositions où il se présenta*. Son fils Pierre-Charles Jacquet (Nancy, 10 mars 1862), ne crut pas devoir abandonner sa ville natale pour reprendre la maison de Paris ; il conserva celle qui lui avait été confiée en 1854, alors très prospère. En 1862, il avait pris part à l'exposition de Londres et obtenu la Prize medal pour la bonne qualité et le bon marché de ses instruments; en 1867, il reçut comme son père, une médaille de bronze et, en 1878, unemédailled'argent. Semblable récompense futdécernée, en 1889, à MM. Jac- QUOT, père et fils, pour leurs instruments d'une belle coupe, vernis en imitation de vieux, dont la qualité' principale était régalilé de son, et, le i4juil. 1892, M. P.-Ch. Jacquot père, recevait la croix de la Légion d'honneur* . Ses deux fils le secondent; l'aîné,

* Nancy : méd. de bronze (i83?), d'argent ( 1843) ; Paris : (1849 ; ment.hon., (i855); méd. d'or, Bayonne (1864); de bronze, Paris (1867). Une méd. de 2* cl. lui fut décernée, paraît-il, à Londres en 18^1; elle ne figure pas au palmarès français (Trav. de la Comm. fr., t. I,p. 53) bien qu'elle soit, avec le diplôme, entre les mains de la famille.

* Antérieurement, M. P.-Ch.Jacquotavait obtenu un i*' prix à Metz (1861); une méd. d'or à Lyon (1872); des diplômes d'honneur à Bar-le-Duc (1880) et Alger (1881); depuis, MM. Jacquot père et llls ont pris part aux expositions de Moscou (1891) et de Vienne (1892;, qui ne comportaient pas de récompenses ; actuellement, ils ont des instruments à Chicago.

Etienne'Charlei'Albert,néle i8 sept 185;, élève et associé de son père, s*est fait connaître en outre comme écrivain, il a publié notamment La Musique en Lorraine, et un Dictionnaire des instruments de musique, etc., il est oiflcier de Tlnstruclion publique et membre de la Société des Beaux-Arts des départements ; le plus jeune, Jules- Victor, est lié le 12 août 1855. 11 y 6^^ ^ '^^1^ ^^ autre luthier, Jean-Charles Jacot, né en 18 II et décodé à Poni-à-Mousson il y a quelques années, don:, le fils aine, A. Jacot esl aujourd'hui à Paris où il s'occupe de facture ; lo second, Lucien, premier prix de biisson du Conservatoire en 1875, est à l'orchestre de TOpéra-Comique et de la Société des Concerts du Conservatoire.

Originaire de Mirecourt, comme la plupart des luthiers, Etienne Laprèvotte séjourna quelque temps à Marseille, oùil était encore en 1821, avant de se axer dans la capitale. Il se fit d*abord remarquer par la parfaite exécution de ses violons Mentionné en 1823, il reçut une médaille de bronze en 1827. Un des violons qui figura à cette dernière exposition est actuellement au Conservatoire (n'' 40) ; c'est une belle pièce à encadrement d'ivoire et d'un vernis de couleur agréable Mais Laprévotte ne tarda pas à sacrifier à* la mode et il s'adonna à la construction des guitares. En 1834 il recevait une mention pour une série de ces. instruments de diverses formes ; en 1844 ce fut une médaille de bronze. Deux jolis spécimens de la fabrication de ce luthier sont au Conservatoire (n''^ 279, 286) ; ils portent, collée à l'intérieur, cette singulière étiquette : u Guitare Laprévotte, dédiée aux dames. »*

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Ce galant luthier mourut en 1856. Aussi renommées que furent ses guitares, celles de Lacote ne lui cédèrent en rien. La médaille de bronze qu'on lui décerna en 1839 était accompagnée de cette flatteuse appréciation : < M. Lacote est un luthier fort distingué, qui fabrique des instruments fort recherchés du public. » Parmi celles qu'il exposa, il s'en trouvait uiie à 7 cordes, parfaitement exécutée et d'une fort belle qualité de son. En 1844, elles furent au premier rang (méd. de bronze). Le Conservatoire possède deux guitares de Lacote de modèle différent. L'une, à 6 cordes, datée de 1852; l'autre, heplacorde, la septième corde étant disposée comme les cordes basses du théorbe.; l'étiquette indique qu'elle a été faite entre 1820 et 1830 (182.). En i8î6, Lacote fit breveter une guitare à 10 cordes (décacorde) qu'il exposa Tannée suivante. Un autre fabricant, celui-là de Mirecourt, Coffe-Çrogoette présenta des guitares ornées avec goût et d'une belle sonorité (1834-39, méd. de bronze). Pons, de Grenoble, avait exposé en 1827 une guitare dont le manche se rapprochait ou s'éloignait à volonté des cordes^ pour laquelle une mention Iqi fut déaernée. La guitare avait fait sa première apparition à unejexpositionen 1819; un certain Delàborne en présenta qu'il nomma d'abord « guitare à double jeu et à registres », puis à l'exposition suivante (1823): «guitare à doublejeu et à digitale». Celte fois, ce spécialiste ne fut plus seul, il eut pour concurrents : Campion, dont la guitare à 6 cordes était en acajou avec garnitures ébène et nacre ; Nicolas Legros de la Naoville qui présenta en outre des violons et

basses, ainsi qu'un fixateur à violon. Un descendant des célèbres Guadagnini, exposa une guitare en 1827 : il n'est pas autrement connu, et L. Géo. Warnecke, de Nancy, ne Test que par le brevet qu'il prit en 1826 pour sa guitare-basson et la mention qu'il reçut en 1827, pour ses violons, violoncelle et alto.

Parmi les nombreux artistes qui font honneur à la lutherie française, les frères Silvestre occupent incontestablement une des premières places. L'aîné, Pierre, qui vit le jour à Sommerviller près Nancy, le 9 août 1801, fit son apprentissaj2:e à Mirecourt, chez Blaise, et vint se perfectionner à Paris chez LupoT et Gand, père. Après avoir travaillé comme ouvrier chez ce dernier, il alla s'établir à Lyon en 1829 où son frère Hippolyte, natif de St-Nicolas-du Port (i4déc. 1808), vint le rejoindre en 1851 au sortir de Tatelier de J.-B. Vdillaume. Ils restèrent associés jusqu'en 1848, époque à laquelle Hippolyte se retira. La lutherie de P. Silvestre est très estimée; d'une sonorité remarquable, d'une grande finesse d'exécution et de forme séduisante. Ce célèbre luthier mourut en 1859. Rappelé à Lyon par le décès de son frère, Hipp. Silvestre reprit la maison qu'il céda en 1865 au fils de sa sœur, Hipp. Chrétien, et retourna finir ses jours à Sommerviller (3 déc. 1879). Né dans cette dernière ville le 1" avril 1845, M. Chrétien n'avait donc que 20 ans lorsqu'il prit la succession de son oncle. Il ne faillit pas à la tache, et sous le nom do Silvestre neveu, il a su perpétuer l'excellente réputation qui lui avait été transmise, La médaille

de progrès à Vienne, en 1873, une médaille d'argent en 1878 et la médaille d'or en 1889, en sont les meilleurs garanls. Une coupe nette et élégante, un vernis transparent et une belle sonorité, telles sont les principales qualités des instruments de ce luthier. llestdoncàregrettBr que la plusgrande partie de son temps soit absorbée par les réparations ■— dans lesquelles il excelle d'ailleurs — puisqu'elles restreignent forcément sa fabrication d'instruments neufs. Depuis 1884, M, SiLVESTRE, neveu, a transféré son atelier à Paris, où il a vu rapidement augmenter sa clientèle grâce à son habileté et à ses persévérants efforts. Modestement, Séb. Paquotte (né à Mirecourt en 1800), s'installait à Paris en 1830 où il ne rechercha pas les succès bruyanls ; quand il mourut en 1863, il ne s'était pas encore décidé à prendre part à une exposition. Son fils Sebastien^ né le. 13 sept. 1843, faisait alors ses études au Conservatoire, où il remporta un 2" accessit de violon en 1864. Ne pouvant lui succéder, c'est J.-B, Paquotte, neveu du défunt, avec lequel il avait travaillé 8 ans avant de passer 1 4 ans chez Lafleur, qui reprit la maison,qu'il conserva jusqu'en 1888, époque à laquelle il passa la main à se^fiX^ Henri- Félix {né k Paris le 11 mars 1857) et Placide (né en 1864). Plus ambitieux que leurs prédécesseurs, les frères Paquotte se présentèrent à l'exposition de 1889 et obtinrent, pour leurs débuts, une médaille de bronze, une belle qualité de son ayant été reconnue à leurs violons. Il n'est pas inutile de remarquer que l'un d'eux, Henri, a fait ses éludes musicales au Conservatoire dans la classe do

solfège de M. Lavionag et dans celle de violon de M. Sadzay, de 1873 à 1878. La réparation constitue la principale occupation des frères Paquotte.

J.-A. Lapaix, de Lille, est de ceux cfUi crurent pouvoir obtenir de meilleurs résultats en abandonnant la forme classique des instruments à cordes. Peu satisfait sans doute du modèle qu'il imagina en 1841, il en produisit un second en 1855, s écartant moins que le premier des données habituelles, et dont la cons* truction se vérifiait expérimentalement, en faisant vibrer les pièces do bois avec un archet, aux diverses phases de la fabrication. Lapaix imagina aussi de tailler les éclisses dans une pièce de bois creusée et évidée dans la form»^ ordinaire, de façon à n'avoir que six pièces à réunir au lieu des 24 qu'exige le système ordinaire.il reçut une médaille de 2* classe en 1855. Déjà, en 1838, Claude- v^ictor Rambaux avait tenté de modifier la forme de la voûte et des éclisses ; en 1847,11 façonna la table de ses violons par moitié, en portion de cylindre, et il leur donna à chaud, la courbure longitudinale, afin de ne pas trancher le fil du bois. Enfin; en 1855, il exposa un violon avec une seconde barre collée sur le fond et sur laquelle était posée l'âme, dans le but d'obtenir une meilleure sonorité. Cet habile luthier, qui avait eu des médailles d'argent en 1844-49, ^^ reçut une de 1'° classe. Né à Darney (Vosges) le 25 fév. 1806, il avait travaillé à Mirecourt de 1820 à 24, ensuite à Caen, chez TmaouT. De 1827 à 38, il resta chez Gand père qu'il quitta pour s'établir à son compte. En 1857 il se retira à Mirecourt où il mourut le 25 juin 1871.

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Après avoir travaillé chez J.-B. Vuillaume, Cli. Simonin revint à Mirecourt, sa ville nalale, puis il s'établit en 1841. à Genève, qu'il quitta en 1849 po^r se fixer à Toulouse, d'où il envoya divers instruments à l'exposition de 185 5 , entre autres une imitation de Jos. Guarneri d'une sonorité ayant de l'ampleur, qui lui valurent une mention. Pierre-Napoléon JeandeL né à Gourcelles-sous-Vaudémont en 181 1 ou 12, doit être rangé parmi les habiles; à la seule exposition à laquelle il prit part, celle de 1855, il remporta une médaille de I" classe. Son apprentissage fait à Mirecourt, il s'en fut en 1835 chez Charottb aîné, de Mirecourt, établi à Uouen depuis 1830, et lui succéda Tannée suivante avec Lucien Delau, dont il se sépara en 1848. Jeandel exerça jusqu'en 1878 et mourut peu après, le 10 mai 1879. Après un intervalle de 5 années M. A. Klein, marchand de musique et d'instruments, résolut de prendre la place laissée libre par Jeandel, et il fît appel à M. Antoine Brubach (né à Mirecourt le 22 janv. 1847) pour rétablir la fabrication des instruments à cordes à Rouen.

Jamais exposition n'avait encore réuni un aussi grand nombre de luthiers de talent que celle de 1855. Quelques-uns nous sont déjà connus, il en reste beaucoup d'autres à signaler dont les produits sont de plus en plus estimés. Charles-Adolphe Haucotel est du nombre. 11 avait 19 ans lorsqu'il vint de Mirecourt à Paris, en 1839, chez J.-B. Vuillaume, où il ne resta que 5 ans. Dès 1844 il se mit à son compte. Après un premier succès en 1844 (méd. de br. pour alto placé au 2« t^arig), il se fit remarquer par d'excellentes imi-

talions de Slradivarius et Jos.Guarneri, d'une sonorité pleine de distinction (méd. de 2*^ cl., 1855), Les espérances qu'il faisait concevoir furent brisées par sa mort tragique (6 fév. 1858).

Charles Hennegand et Claude-Auguste Hiremont ont cela de commun que, sujets français, ils figurèrent au tilre étranger à cette exposition de 1855, par suite du séjour momentané qu'ils firent hors de France. Le premier, Mcnnegand, est originaire de Nancy (rç juin 1822). Il travailla successivement à Mirecourt, à Paris, chez lîAMBAux (1840), puis chez Maucotel (1851), et partit à Amsterdam en 1852 oii il resta jusqu'en 1857, époque de son retour à Paris. Il n'obtint pas de grands succès aux oxposiiions; en 18^5 une médaille de 2« classe lui avait été décernée ; en 1 867 et 1 878, il n'obtint qu'une médaille de fcronze, bien qu'un de ses violons et un violoncelle aient été très remarqués du jury. Il fut [)lus habile réparateur que constructeur. Mfnne- OANi) est mort le 9 janvier 1885 à Villers-Cotlerets. C'est à New-York que le second, fils de Séb. Miremont, lulhicr de Mirecourt, élève de C -N. C^llin, s'en fut Tannée même où Mennegand s'installait en Hollande (1852). Son séjour chez les Yankees fut de plus longue durée que celui de son collègue, car il ne revint qu'en 1861 à Paris, où il avait déjà passé en 1844 et 46 (chez Lafleor et Bernardel), en quittant sa ville natale. Doué d'une merveilleuse sûreté de main, il faisait ses instruments avec une extrême précision et sans le secours d'aucun ouvrier; aussi portent-ils tous son cachet parliculier. A chaque exposition, C.-A. Miremont reçut les plus hautes récompenses : médaille de

i""" classe ea 1855 et 1862, d'argent en 1867 et 1078. Il se retira en 1884 à Pontorson où il décéda en 1887, à rage de 60 ans.

Beaucoup de ceux que nous venons de signaler ont disparu sans laisser de successeurs directs. La lutherie d'art serait donc menacée d'un rapide déclin, si leurs élèves et ouvriers ne venaient former de nouvelles souches et assurer à la France un nombre suffisant de représentants exercés. Peu de nouveaux ateliers se sont ouverts durant cette seconde moitié de siècle, mais avec les anciens, il en reste encore assez pour répondre aux besoins actuels et soutenir le rang élevé auquel les luthiers de talent dont il vient d'être question, ont porté la production française.

Celui qui ouvre cette période est Joseph-Louis Germain. En quittant Mirecourt, où il naquit le 23 juiL 1822, il entra chez Gand père en 1840, et passa chez J. B. VuiLLAUME en 1845 et devint premier ouvrier chez Gand fils en 1850. Germain s'établit en 1862. Malgré la grande supériorité de ses produits et l'habileté qu'il déployait dans la réparation des anciens instruments, sa trop grande modestie l'empêcha de se mettre en évidence pendant sa trop courte carrière. En 1870, il transmit sa maison à son fils Emile, et s'en alla mourir dans sa ville natale (5 juillet). Trop jeune pour rester seul. M. Emile Germain (il est né à Paris le 24 juillet 1853). s'associa avec un amateur nomme Dehommais qui avait entrepris des expériences sur les vernis. En 1882, ce dernier se relira. Pendant l'association, il fut fait une centaine d'instruments au

nom do DErioMMAiset GnnMAiN. Depuis, ce dernier s'est fait beaucoup apprécier par le soin qu'il apporte tant à sa fabrication purement artistique, qu'à la réparalion des vieux instruments à laquelle il suffit à peine, aussi ne se cliargc t-il de remettre en état que des instruments de valeur. En dix ans, M. Emile Germain a produit plus de 500 instruments presque tous de sa main.

En 1868, J. B.- Charles Collindit Collin-Meiin,natif de Mirecourt (12 nov. 1841) se fixait à Paris. Elève de son père ('lande-Nicolas (mort en 1864), doué d'aptitudes sérieuses, il réussit à torce de persévérance à attirer sur ses instruments l'attention des maîtres du violon. L'exposition de 1878, lui donna l'occasion de les mettre plus en lumière et son attente ne fut pas trompée : il reçut une médaille d^argent à raison de leur beau vernis et de leur remarquable sonorité. Un semblable succès lui était réservé en 1889, et sans les accidents qu'ont éprouvé ses instruments, par suite d'un vice de construction du bâtiment où ils étaient exposés, peut-être eùt-il obtenu mieux. Les jnodèles adoptés par ce luthier sont Stradivarius, Amati et Guarneri. trouvés fort bons par le jury, de bois bien clioisiset d'une belle facture. M. Gollin-Mezin est officier d'Académie depuis 1884. H se livre beaucoup plus à la fabrication d'instruments neufs qu'à U réparation des anciens, aussi sa production s'élève- t-elle a ce jour à près de 4.000 instruments. (?)

Paris est l'objectif général, tous rêvent d'y venir sans songera l'encombrement qui rend les efforts si pénibles, alors, que d'autres villes offrent des res*

sources que ron parait méconnaître, et dans lesquelles un artiste intelligent peut aussi bien se faire valoir, que dans la capitale. C'est probablement ainsi qu'a pensé M. Hel (Pierre-Joseph), en allant fonder sa maison à Lille (1865), et Texpérience a prouvé une fois de plus que Ton peut faire ses affaires et acquérir la renommée en dehors de la capitale. Né dans les Vosges, à Mazirot, le 8 fév. 1842, M. Hel passa 7 ans à Mirecourt, 2 ans à Paris, chez Séb. Vdillaume, et un an, chez Nie. Dauche, à Aix-la-Chapelle (1864-65), avant d'entreprendre la fabrication à son compte. Ouvrier de premier ordre, il fait lui-même ses instruments et^ par un procédé qui lui est personnel, il vieillit les bois sans feu, ni acides, et leur donne ainsi une excellente sonorité. M. Hel, est en outre, inventeur d'une pointe de violoncelle (1878), et d'un système pour fixer les chevilles, qui permet de tendre les cordes sans secousses, et sans qu'elles puissent se dérouler (1886) Une simple mention avait été le résultat de l'exposition de M. Hel en 1878 ; depuis, il n'a plus remporté que des médailles d'or : Lille (1882), Anvers (1885)^ Liverpool (1886), et Paris (1889).

De même que le précédent, M. Blanchard (Paulïrantois) n'a pas dédaigné la province. De Mirecourt où il naquit en i8$o, il vint à Lyon chez M. Silvestre neveu et après être resté 7 ans choz ce luthier, il travailla pour lui-même à partir de 1876. Les instruments fabriqués par lui, portent une étiquette spéciale formée d'une grecque sur laquelle s'enroule une banderole où se lit la légende de Duiffoprug-.

car', qui les distingue de ceux dont la conslrucUon est confiée à ses ouvriers , lesquels porten t simplemen t « fait dans l'atelier de P. Blanchard >. Ce luthier a rapidement conquis un bon renom ; à sa première .exposition (1889) il se vit décerner une médaille d'argent avec ce commentaire : « facture soignée, « jolies fournitures, vernis transparent etd'une belle « couleur rouge ambrée. Sur trois violons entendus, « celui du modèle Guarnerius a été trouvé le meilleur : • il avait une bonne sonorité et une certaine distinc- « lion et Talto était bon sur les quatre cordes t. C'est de bon augure pour l'avenir. Actuellement M. P. Blanciivrd tente la construction d'un violon miniature, dont la table ne mesure que 8 centimètres.

Amateur plus que luthier de profession M. Eloph Poirson, ex-commis principal du télégraphe à Lyon, s'est livré à la fabrication des instruments à archet par passion. Ayant soumis en 1878 un de ses violons à M. Mausick, il en reçut de telles félicitations qu'il se décida adonner carrière à son irrésistible aspiration. Le jury de 1889' reconnut dans ses instruments un grand soin de détails et remarqua un violon d'une très bonne qualité ; il attribua une médaille de bronze à l'auteur. Cette petite excursion à travers la province nous a écarté un moment d«) l'ordre d'ancienneté que nous suivions. Revenons donc quelque peu en arrière pour signaler l'établissement à Paris de Nicolas-Emile

* Vlva fui in sylvis^ sum dura occisa securi; Dura vixi tacui, morlua dulce cano, c'est-à-dire : « J'ai été vivante dans les forêts. La hache cruelle m'a tuée. Vivante j'étais muette, morte je chante doucement. »

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Gherpitel qui, après avoir été dans l'atelier de Grandjon, resta dans celui de Gand de 1859 à 1870 époque à laquelle il se mit chez lui. M. Ciierpitel a été mentionné en 1878 pour ses instruments où se reconnaît une main habile. Il est né le 24 juin 1841 à Mirecourt et décédé au mois de février 1893 ; le magasin est tenu depuis par sa veuve assistée de M. Ch. Hoinel, son neveu ^

Bon élève de Miremont chez qui il entra en 1876 M. Georges Cnnanlt, (né à Paris, en 1856), après avoir obtenu en 1878 une mention comme collaborateur, a formé en 1882 un atelier qui promet de devenir important. C'est également en quittant l'atrlier de Miremont où il était entré en 1875 comme premier ouvrier, que M. Séb.-Aug. Dero^ix tenta la fortune pour son compte personnel en 1884. Fils de luthier,

* Aux quelques luthiers des départements dont il a été question dans le courant de ce paragraphe, ajoutons les suivants sur lesquels l'on a peu de rensv'iinements : Mougnet de Lyon, inventeur d'une lyre-guitare (181 1); Ghalon « luthier et facteur d'instruments à vent, à Châlons-sur-Marne » (1812); G. Roger, Montpellier (1820); Ch. Plumerel, Angers (1822;; Sulot de Dijon, auteur d'un violon à 3 tables (1829); Amelot, Lorient (1829) ; Saiomon Lacroix qui proposa un nouveau système de barrage ; Pierre Pacherele, né à Mirecourt en i8o3, établi à Nice, puis à GôncR, Turin et fixé définitivement en 1839 ù Nice où il mourut le 3i déc. 1871; J.-B. Gaillard- La joue, Ch. LuUier, à Douai et Fr. Mette, exposants en i855; François Brugère, né et décédé à Mirecourt (1822-1874) dont le fils Mal akoiï Brugère, né en i856 ou 57 est établi depuis quelques années ù Marseille; BaiUy, de Mirecourt, méd. de bronze en 1878 pour lutherie de peu d'apparence mais de bonne qualité, figure parmi les exposants do 1893, à Chicago.

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néà Mirecourtle 29 juin 1848, M. Deroux, en sortant de la maison paternelle alla se perfectionner à Lyon chez SiLVESTRE (1866-69). C'est dire qu'il a acquis des connaissances prépieuses, dont il recueille déjà les fruits^ Une médaille d'argent en 1889 est venue attester la bonne facture de ses instruments et la distinction, l'ampleur et aussi leur égalité de son.

Depuis 1890; M. Simoutre (Nicolas-Eugène), s'est fixé à Paris, revenant de Bàle où il avait fondé une maison en même temps qu'à Mulhouse (1860), après avoir exercé pendant 4 ans à Strasbourg. Ce lulhier est né à Mirecourl, le 19 avril 1834; il travailla d'abord avec son père Nicolas Simoutre (né dans la même ville en 1788, qui s'était établi en 1820 et qui s'installa à Metz en 1844, oùilmouruteni87o), puis chez Dabciie(i852) à Paris, et chez Ch. Roth, à Strasbourg (1856). M. N. E. Simoutre est un chercheur qui a pensé améliorer la sonorité des instruments à cordes par l'addition du support harmonique (1885) et de la barre semiadhérente (1887), appendices de différentes formes qui se placent sous la table d'harmonie, dont il a donné la description dans diverses brochures : Un progrès en lutherie (1886) et Supplément aux amateurs de. violon (1889). Antérieurement (i885)il avait publié sous ce litre: Aux amateurs de violon, un résumé historique suivi d'une étude sur la construclion de cet instrument. A l'exposition de Bàle (1877) et à celle de Zurich (1883), ce lulhier obtint un diplôme d'honneur, mais, à Paris en 1889, il ne lui fut décerné qu'une médaille de bronze qu'il crut devoir refuser.

Le dernier, venu et le plus jeune des luthiers est

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M. Paul Jombar, qui après avoir travaillé quelque temps dans l'atelier Gand et Bebnardel, a formé, en 1892, une maison qui n'a pas encore d'histoire,

A côté de la lutherie artistique, la lutherie courante occupe une place honorable, et ses produits, pour ne pas avoir la valeur et les qualités de la première, ne sont pas absolument à dédaigner. Tout le inonde ne peut s'offrir ces beaux instruments, œuvre patiente et personnelle d'artistes de talent, pour lesquels la précision, l'ampleur et la distinction de la sonorité sont des lois inéluctables ; il faut pour les bourses modestes et l'exportation des instruments faits rapidement, le mieux possible et coûtant peu. C'est à Mirecourt qu'est née cette spécialité. Longtemps les instruments sortis de cette petite ville des Yosges ont été considérés comme inférieurs et indignes de l'attention des amateurs, à raison des conditions dans lesquelles ils étaient établis, car, si la majeure partie des ouvriers qui ont illustré la lutherie sont originaires de Mirecourt, ce n'est qu'après avoir fréquenté des maîtres habiles et étudié sous leur direction, les plus beaux types d'instruments anciens et modernes, qu'ils sont parvenus à se distinguer. Les produits de la petite cité lorraine ne peuvent donc tirer une valeur quelconque de la grande réputation acquise par ses plus célèbres enfants. Néanmoins de réels progrès ont été faits et il est juste de constater une supériorité relative dans la fabrication. Les saines traditions de la fabrication parisienne, écrivait Lissajous en 1862, ont pénétré

dans les Vosges et la fabrique de Mirecourt ne sera plus désormais célèbre exclusivement par le mérite du bon marché.

Le premier qui donna un certain développement à cette industrie, vieille de plusieurs siècles, est Didier Nicolas rainé, dit le Sourd. Il est le premier qui ait participé à une exposition. Il représenta la lutherie de Mirecourt à celle de 1802. Cetto initiative ne fut pas alors récompensée, mais quatre ans après, force fut au jury de reconnaître les qualités de facture qui distinguaient les produits de ce luthier entreprenant, et une médaille d'argent lui fut attribuée pour ses produits personnels. En 1819 il exposa un € violon pour les symphonies » c'est à-dire de facture ordinaire, les instruments de choix étant dors appelés t violons pour les quatuors ». De bonne heure Nicolas avait initié à la fabrication son fils Joseph, né en 1796, de sorte qu'à sa mort (18^3), ce dernier était en état de diriger l'important établissement qu'il lui laissa, car Nicolas n'employait alors pas moins de 600 ouvriers fabriquant pour un million d'instruments de musique dont les prix variaient de 2 fr. 50 à 60 fr. A ce titre J. Nicolas reçut une médaille de bronze en 1834. Nous ne saurions dire dans quel but il construisit en 1855 un violon à deux tables, pouvant se jouer des deux côtés et muni par conséquent de deux louches, deux chevalets, etc., l'utilité n'en est pas plus démontrée que celle du violon-alto entré récemment au musée du Conservatoire, car l'épaisseur des doubles éclisses n'en rend pas la tenue des plus faciles. J. Nicolas fils décéda en

1864 et. J -J. Derazey réunit sa maison à celle qu'il possédait et qui, après avoir obtenu une mention eu 1839 et 1844, avait réussi à remporter une médaille de i'*' classe en 1855 et en 1862, pour le bon marché et la bonne qualité de ses instruments. Sa production était en 1844, de ôoo instruments par an, vendus de 5 à 150 francs.

Les succès de Nicolas engagèrent un de ses concitoyens à entrer dans la lice et, en 1839, apparut Buthod, ancien ouvrier de Vuillaume, qui se vit décerner une médaille de bronze. Il fabriquait à ce moment 800 violons, 40 altos et 50 basses environ par an; les violons au prix de 5 à 40 fr. Depuis, cette maison a pris une extension considérable. Buthod remplaça Duchêne vers 1848, comme associé de Husson, fabricant d'instruments à vent, auxquels se joignit, vers 1857, M. Louis-Émile-Jérôme Thibouville, né à Mouettes, lei'' fév. 1833, de Louis-Martin Thibouvi .LE» également facteur à La Couture. Cette société fit donc sous le nom de Husson et Duciiène, puis sous celui de Husson et Buthod et ensuite Husson, Buthod et Thibouville, le commerce général d'instruments de toutes sortes; en J849 elle avait pour enseigne : Aux grands Magasins d'instruments. Devenu seul propriétaire des diverses manufactures, un peu avant 1867, ^^' J- Thibouville-Lamy donna une impulsion nouvelle à la production en transformant le système de fabrication.il substitua peu à peu au travail manuel, le travail mécanique permettant d'augmenter la quantité d'instruments et d'abaisser les prix à ce point qu*à Vienne, en 1873, il P^^ présenter au jury

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ses fameux violons à 5, lo et 20 fr. C'est par la création (le diverses machines et par la division du travail que M. Thibouville-Lamy est parvenu à ces résultats surprenants sous le rapport des prix et de la production qui s'élève, paraît il, à environ 30.000 instruments par an. Ainsi que Ta fait remarquer Fétis dans son rapport de 1867, « ces séries d'instruments ne sont dignes d'éloges que comme des objets de commerce et d'exportation ; ils n'ont pas de rapport avec les produits de la lutherie de précision, et il ne s'agit pas dans leur examen de rechercher l'ampleur, la distinction et l'égalité de la sonorité, mais ils ont la supériorité relative dans la lutherie commune. » M. Thibouvilli-Lamy, en différentes usines, réunit toutes les branches de la facture. A La Couture se font les instruments en bois et à Grenelle ceux en cuivre ; en 1864, il acheta la fabrique de cordes harmoniques fondée par H. Savaresse ^ à Grenelle, et dès lors commença une sérieuse concurrence à l'Italie. En 1878, 800,000 boyaux de mouton étaient transiormés en cordes harmoniques par les soins de .120 ouvriers. M. Thibouville-Lamy est l'inventeur d'un appareil spécial k Vaide duquel on peut constater sur les cordes, des différences de diamètres d'un centième de millimètre. Aussi nombreuses sont les récompenses obtenues par ce grand industriel ^ A Paris, en

1 Depuis 17O6, la famille Savaresse s'occupait îie la fabricaliou des cordes harmoniques.

2 Ne citons que l^s dernières etplus importantes : médaille du progrès et décoration de François-Joseph (Vienne 1873), grande

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