‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 76 sur 84 · AUX EXPOSITIONS INTERNATIONALES · texte numérisé non relu

AUX EXPOSITIONS INTERNATIONALES

m«nts de musique qui sortent des ateliers de Paris. Il fut un temps. où la France, pour la plus grande partie de ses instruments, était tributaire de l'étranger. Aujourd'hui le rôle est changé, c'est elle qui en fournit bon nombre aux autres pays *.

Déjà, on le voit, la facture française était devenue une sérieuse rivale pour l'étranger, elle le prouva lorsque l'irïstitulion des expositions internationales lui donna l'occasion de faire juger ses produits comparativement avec ceux des meilleurs facteurs de l'étranger. Sa supériorité fut reconnue officiellement à l'exposition de Londres (1B5 1) par le jury composé de 9 étrangers et d'un seul français, qui fit la part la plus belle à nos compatriotes, dans la distribution des récompenses (31 dont 4 grandes médailles d'honneur).

A ce sujet, H, Berlioz s'est ainsi exprimé dans son rapport.

Ce point admis, le jury français ne. peut éprouver aucun embarras à reconnaître rimnierise supériorité des produits lie la France dans ce concours ouvert à toutes les nations, puisqu'il éUiiiseul à défendre les intérêts de ses compatriotes, quand l'Angleterre comptait 4 représentants, et que l'équité des nations rivales a fait, dans la distribution des récompenses, la part la plus belle aux exposants français.

Le nombre de 'inédailles de prix accordées à des facteurs français pour la fabrication des instruments de musique, opposé à celui que 'les facteurs étrangers ont

« (razelte musicale, 18.34, p. i53.

obtenu prouve officiellement la supériorité des premiers. Si je pensais le contraire, je n'hésiterais pointa le dire. Loin de là, un examen scrupuleux, et je le crois, absolument impartial, m'a donné la conviction que la France, aujourd'hui, occupe le premier rang dans la fabrication des instruments de musique en général. L'Angleterre et l'Allemagne viennent ensuite et se disputent, au second rang, la palme pour quelques spécialités*...

Placée dès ce moment au premier rang, la facture française réussit à s'y maintenir. En 1855, elle rem- [)orta seule toutes les grandes médailles et toutes les médailles d'honneur ^malgré la présence de 185 exposants étrangers). Le remarquable rapport de Fétis n*est qu'un long éloge en sa faveur *.

En 1802 le résultat ne fut pas moins satisfaisant, la France remporta 4'; médailles dont 34 Prize me-

' Travaux de la Commission française, t. III, ae Pi» (Bibl. N'Mnv. V. 38371).

> Voici la répartition des récompenses entre les diverses branches de la facture française :

Latherie.

PiaDOs.

Orgues. Hi

umoBiums

. Iost.àT«ot

,. Tot«

G'*«méd. d'honneur.

Méd. d'honneur

Méd. de l'* classe. .

— 2** classe..

Mention honorable.

Il convient d'ajouter aux luthiers, les trois sujets français établis à ce moment à l'étranger, qui ont figuré parmi les exposants des pays où ils étaient fixés momentanément (Mennegand, Mireraont, N.-F. Vuillaume).

AUX EXPOSITIONS INTERNATIONALES iOT

daV sur 51 exposants ; voici l'exorde du rapport dc^ LisSAjous :

La France s'est fait remarquer par la supériorité de ses produits. Ses instruments de toute nature se distinguent par leur valeur artistique et par le soin apporté à leur fabrication. Ils unissent généralement la solidité à l'élégance et à la bonne sonorité; le jury a été unanime à reconnaître leur mérite. Le chiffre des récompenses accordées sans contestation à nos exposants en est la preuve évidente ^.

Si, en 1867; il n'y eut qu'un très petit nombre de hautes récompenses décernées à la facture française, c'est parce que nos meilleurs fabricants furent pour la plupart associés au jury et par conséquent hors concours. Ils laissèrent djnc le champ libre aux exposants étrangers, qui ne réussirent pas à obtenir des récompenses qui ne leur étaient pourtant pas disputées. Aucun grand prix ne leur fut accordé : ils méritèrent seulement 2 médailles d'or et 1 3 médailles d'argent, tandis que le partage de la France fut : un grand prix, 2 médailles d'or et 22 d'argent. Le rapport de LîssAj')iis sur l'exposilion de Vienne en 1873 où les facteurs français ne furent pas nombreux, se termine ainsi :

Si l'on compare l'exposition française du groupe XV aux expositions des autres pays, nous pouvons affirmer

* Lutherie : c ; pianos : 12 ; harmoniums : 5 ; inst. à vent : 12.

* Rapport des membres de la section française etc., t. IV, pag. 2o5. (Bii»l. ual. Inv. V. .38237.)

que là comme ailleurs, la France a tenu dignement son rang.

En 1878, il n'y eut qu'une seule grande médaille et c'est à la facture française qu'elle échut (orgues) ; sur 19 médailles d'or, elle en eut 14*; au total, sur 216 récompenses, la France en eut 120 pour sa part. Enfin pour 1889, malgré la quantité de hautes récompenses qu'elle a obtenues *, nous nous abstiendrons de toute comparaison, les facteurs étrangersn'ayant participé qu'en très petit nombre à cette exposition.

En un mol, dans toutes les branches, les facteurs français ont pu acquérir une grande notoriété et même la supériorité sur certains points. La facture des instruments à archet écrivait Fétis en 1807, « est « parvenue à un degré de perfection égal à celle des « produits des anciens luthiers de Crémone » , la lutherie française, ajoute-t-il, « tient le premier rang, en- « suite viennent la Belgique, la Prusse, l'Italie, l'Au- « triche, la Bavière, la Saxe » ; les pianos des divers facteurs, disait-il encore, «ont une égalité de limbre « longtemps désirée, les claviers ont une grande sen- « sibilité d'articulation. » Pour les grandes orgues et harmoniums, comme pour les instruments à vent,

* Lutherie : i ; pianos : 6 ; orgues : i ; harmoniums : 3 ; inst. à vent : 11.

* Hors concours : 2 luthiers, 2 facteurs de pianos, i facteur d'orgues et i d'inst. à vent ; grands prix : pianos, 2 ; harmoniums, I ; inst. à vent, i ; médailles d*or : lutherie, 2 ; pianos, 5 ; orgues, i ; harmoniums, 3 ; instr. à vent, 4.

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