C. 44 Dijon, le 21 décembre
Lettre des Elmà M (nom illisible).
« Accusant réception de la lettre qu'il leur a fait l'honneur de « leur écrire aujourd'hui au sujet de la demande d'encouragement « formée au Conseil par les entrepreneurs de la manufacture « d'Aprey, et relativement à ce que les Elus pourront faire i)our « cette manufacture.
« Les Élus répondent qu'ils ont fait payer au sieui- de Villehaut M une somme de 500 livres le 22 décembre 17G9.
« Ils viennent de lui en faire payer une de LOOO livres le 18 du « présent mois, et ils ont nommé des experts pour aller visiter « cette manufacture en 1772, et examiner les progrès qu'elle aura « faits, et sur leur rapport, ils augmenteront cet encouragement « s'il y échet.
Ont signé :
« le O' DE Tavannes. de Salins.
Chifklot.
« Raviot. de Gouvenain.
« Bernard. »
Paris, 4 janvier 1772
Chambre des États — Faïencerie d'Aprey
Lettre de M. Trudaine à M. Amelot
« Félicitant les Élus généraux d'avoir fait payer depuis trois ans « sur les fonds votés chaque année par les États pour encourager « les établissements utiles, une gratification annuelle de 500 livres « aux entrepreneurs de la manufacture de fayance et verrerie « d'Aprey.
« Si les Élus sont dans l'intention de continuer cette gratification « pendant quelques années, et même de l'augmenter suivant les « témoignages qui leur seront rendus, M. Trudaine engagera « M. le Contrôleur général à accorder une somme de 300 livres « par an à ces entrepreneurs, pendant ce même temps. Il prie donc « M. Amelot d'en parler aux États pour savoir leurs intentions, « afin d'en faire part de suite à M. le Contrôleur général.
Signé : « Trudaine. »
Paris, 21 janvier 1772
Lettre de M. Terray à M. Amelot
« L'informant que M. Trudaine lui ayant fait voir les différentes « lettres écrites par lui au sujet des secours demandés par la
manufacture d'Aprey, qui mérite d'être encouragée.
« Les Élus lui ayant accordé une somme de 500 livres par an, il « lui alloue sur la caisse du commerce celle de 300 livres pendant « le même temps que durera la gratification des Élus.
« Les entrepreneurs de la manufacture n'en seront payés qu'au- « tant qu'ils justitieront avoir reçu celle de la province.
Signé : « Terray. »
Année 1772
Chambre des États — Manufacture d'Aprey
« Joseph Lallemant de Villehaut, chevalier de S'-Louis, seigneur d'Aprey, expose aux Elus généraux :
« Qu'au moyen des encouragements qui lui ont été accordés, il a pu augmenter sa manufacture, donner de la solidité à sa terre et de la finesse à l'émail ; qu'il a aussi donné toute son attention pour que l'entrepreneur suive avec soin les meilleures formes possihles en se conformant avec exactitude aux modèles qu'il se procure chaque année, venant de la manufacture de Sèvres, ce qui constitue des frais et des dépenses considérahlcs pour en renouvcllcr les moules. Il a besoin à cet elTet que la province lui continue les mêmes encouragements, pour qu'il puisse soutenir la concurrence avec les fabriques étrangères auxquelles il a déjà fait baisser les prix. Il fait remarquer que les couleurs employées par l'entrepreneur n'ont jamais varié dans leur beauté, et qu'elles sont applicjuécs par d'excellents peintres en faisant exécuter les goûts des plus beaux dessins qui lui sont envoyés de Paris, ce qui engage les marchands de cette capitale à la préférer aux autres pour faire leurs envois dans les provinces. Ce double avantage de qualité et de meilleur marché, a fait baisser de 15 7o le prix des produits des manufactures de Sceaux et
« du faubourg de la Roquette. Quant à la fabrique de Strasbourg « qui ne peut les donner au même prix, elle a été forcée d'aban- « donner le magasin qu'elle avait établi à Paris.
« Il a ajouté aussi que sa terre à feu à l'imitation de celle de « Rouen est regardée par les marchands avec la plus grande dis- « tinction, mais que quoique le profit en soit très médiocre, il n'a « rien négligé pour soutenir ce nouvel établissement ; qu'il fabrique « aussi depuis deux ans des poêles qu'il peut assurer de la plus « grande solidité; que pour ces deux derniers objets il avait « demandé il y a trois ans un nouveau secours en augmentation, « y ajoutant une terre de pipe dont il avait fait venir quelques « essais, qui lui promettaient d'heureux succès, mais que l'on n'a « jugé à propos de le soutenir dans cette entreprise; qu'il a été « forcé de mettre des bornes à son zèle pour soutenir son premier « établissement pour lequel il lui a été accordé annuellement une « gratification de 500 livres dont il demande la continuation, et « aussi l'exemption de la milice pour ses ouvriers, qui sont au « nombre de 49.
A la suite se trouve sur la même feuille l'arrêté qui accorde au sieur Lallemant la somme de 500 livres, qui sera payée sur un certificat de visite de ladite manufacture par M. Bernard de Chanteau, pendant les années 1773, 1774 et 1775.
« Fait à Dijon le 17 décembre 1772.
Signé : « L'abbé de Luzines.
« SURGET. PiFFOND.
Le C'^ DE Jaucourt.
DE BOISMELÉ.
« Roux.