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Les faits ontogéniques contredisent les hypothèses des Phytonistes

Dans notre avant-dernière séance, j’ai répondu à l’une des réclamations de M. Dangeard, en prouvant que les deux premiers faisceaux foliaires, qu’il attribue aux Dicotylédones, appartiennent à un faisceau unique dont la portion initiale a été résorbée.

Aujourd’hui, je me propose de montrer que ses autres réclamations ne sont pas plus fondées que la précédente.

A la fin de ses recherches sur les plantules des Conifères, M. Dangeard avait formulé sa manière de voir de la façon suivante : « En résumé, la notation anatomique a été établie en considérant d’abord la tige; on a ensuite donné le même nom aux parties qui se retrouvaient dans la feuille; nous pensons que la marche inverse seule est rationnelle et qu’elle aurait toutes chances d’être acceptée définitivement le jour où elle serait fixée par un anatomiste tel que le savant professeur du

Muséum 1 ».

1. Recherches sur les plantules des Conifères. Le Botaniste, 3 e série, p. 199.

G. CHàUVEAI’D.

FAITS ONTOGÉNIQUES ET HYPOTHÈSES PHYTONISTES.

Or, cette manière de voir est en désaccord complot avec les faits. Je l’ai indiqué 1 dès l’année 1002, et je le rappelle dans mon récent mémoire dans les termes que je vais reproduire : « Par conséquent, cette opinion de Dangeard, que la notation anatomique doit être établie d’abord d’après la feuille et ensuite appliquée à la tige, se trouve contredite parles faits anatomiques eux-mêmes. Chez les Conifères, comme chez les Monocotvlé-

doues et les Dicotylédones, la structure de la feuille ne correspond qu’à la dernière phase du développement de l’appareil conducteur dont le point de départ est dans la racine 2 ».

Au lieu d’examiner cette interprétation nouvelle, M. Dangeard a protesté de la façon que vous savez, ce qui m’oblige une fois encore à recourir aux faits que chacun de vous peut aisément vérifier.

Parmi les Conifères, nous choisirons une jeune plantule de Pin sylvestre (Pinus sylveslris) possédant trois faisceaux vasculaires dans sa radicule, en même temps que six cotylédons 3 .

Selon notre méthode habituelle, nous allons suivre l’évolution vasculaire : 1° dans la racine; 2° dans l’hypocotyle; 3° dans le cotylédon.

1° Sur une coupe transversale de la racine, nous trouvons d’abord trois faisceaux criblés reconnaissables de très bonne heure grâce au phloème précurseur.

Au milieu de chaque espace qui sépare deux de ces faisceaux criblés, nous trouvons aussi un canal sécréteur qui est différencié de très bonne heure également.

Les vaisseaux ne se montrent que plus tard.

Les premiers de ces vaisseaux se différencient de façon à former ensemble un V qui embrasse du côté interne le canal sécréteur. D’autres vaisseaux s’ajoutent en dedans des précédents formant avec eux un Y.

De part et d’autre des derniers vaisseaux alternes ainsi formés se montrent plus tard les vaisseaux intermédiaires.

Plus tard encore apparaissent les vaisseaux superposés.

1. La théorie des phytons chez les Gymnospermes. C. R. Acad, des Sc., 24 novembre 1902.

2. L'appareil conducteur des plantes vasculaires et les phases principales de son évolution. Ann. des 3c. nat., 9 e série, t. XIII, p. 180.

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