‹ Les famillesChapitre 21 sur 108 · SCENE n · texte numérisé non relu

SCENE n

DENISE

Sa porte est défendue : elle essaie un bonnet.

CÉSAR, à part.

En achats de toilette elle épuise sa bourse, Vieille folle!

(Haut.)

Et Madame?

DENISE

Oh! Madame est en course,

CÉSAR

C'est bien! J'attends Monsieur

DENISE, très surprise.

Vous attendez ici Monsieur? Vous attendrez vainement, Dieu merci. Le mari de Madame étant célibataire N'a jamais eu chez nous le moindre pied-a-terre.

CÉSAR

Je le sais et j'attends.

DENISE

Monsieur, vous m'étonnezî Est-ce que par hasard?...

CÉSAR

Vous me questionnez?

DENISE

Moi, grand Dieu! Mais je suis sensible et m'intéresse A tout ce qui regarde ou touche ma maîtresse, Notre position est délicate, puis Cela donne matière à de très vilains bruits.

CÉSAR, vivement,

De quels bruits parlez-vous?

DENISE

Monsieur me questionne ?

Je suis femme de chambre et non pas espionne.

CÉSAR, à part.

Et moi qui n'avais pas songé du tout a mal !

(Haut.)

Sauriez-vous quelque grave empêchement moral

A la réunion qu'ici Ton se propose?

Dites.

DENISE

Il s'agit donc, monsieur, de quelque chose? CÉSAR.

N'importe, mais parlez. Votre ton m'est suspect. Votre maîtresse a droit a l'estime, au respect.

DENISE

Lorsque de son mari, monsieur, Ton se sépare Et qu'on prend un amant, ce qui du reste est rare, On vous en prêle dix : c'est le moins en ce cas Que l'on vous en donne un, quand vous n'en avez pas.

CÉSAR

Tout ce que vous savez, dites-le-moi, Denise.

DENISE

Eh! que voulez-vous donc, monsieur, que je vous dise? Je ne sais rien. Je sais que monsieur de Luzan Venait l'hiver dernier plus souvent qu'à présent.

CÉSAR

Quoi! De Luzan, l'ami de son mari?

DENISE

Mais dame !

On est souvent l'ami de l'ami de sa femme.

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