SCENE V
HÉLÈNE
Vous m'avez demandé, monsieur, un entretien
(Elle s'assied à gauche et invite du geste M. de Cerny à prendre une M. DE CERNY, à part.
Elle est calme. Eh ! bien, moi, sa présence me pèse. Les femmes ont toujours l'art de se mettre à l'aise, Quelqu'élrange que soit la situation.
HÉLÈNE, à part.
Commandons, si je puis, a mon: émotion.
(Ils sont assis.)
M. DE CERNY
Hum! — Il s'agit de mes.... de nos enfants, madame.
HÉLÈNE, vivement.
De nos enfants?
Mon fils est d'âge à prendre femme :
Je veux le marier.
HÉLÈNE
Lui? Peut-il mûrement Peser la gravité d'un tel engagement?
M. DE CERNY
Mon Dieu ! qu'a-t-on besoin de tant peser sa chaîne ? Quand on me maria, j'avais vingt ans a peine.
HÉLÈNE
C'est juste, et vous voulez qu'il vous imite?
M. DE CERNY
Non, Mais je ne voudrais pas laisser périr mon nom. Aussi j'ai décidé...
HÉLÈNE
Vous pouviez me transmettre Votre décision par un tiers ou par lettre.
J'ai cru que vous veniez non pas pour me dicter Votre décision, mais pour me consulter.
M. DE CERNY
C'est mon projet. — Pourtant j'ai la volonté ferme...
HÉLÈNE
Pardon, je ne vois là qu'un changement de terme.
M. DE CERNY, à part.
Ma femme a de l'esprit et je ne suis qu'un sot.
(Haut.)
Eh bien ! voyons la chose et laissons la le mot. Si je vous proposais un brillant mariage, Ne fermeriez-vous pas un peu les yeux sur l'âge ? Si Blanche de Marsan l'acceptait pour époux? HÉLÈNE, avec un mouvement de joie.
Oii ! monsieur, c'est un rêve, et c'est trop beau pour nous.
M. DE CERNY
Mon, mais on veut qu'il quitte un peu la capitale. HÉLÈNE.
Très bien.
M. DE CERNY
Il reviendrait pour l'époque fatale.
HÉLÈNE
Je ne sais quelles gens Raoul voit, a Paris : Il est bon qu'il voyage et vous l'avez compris.
M. DE CERNY
Un de mes bons amis part pour une ambassade; 11 tendra les deux mains au fils d'un camarade.
HÉLÈNE
A merveille !
M. DE CERNY
Ils iront à Berlin.