SCÈNE IV
VALENTINE, puis HÉLÈNE.
VALENTINE, courant à la chambre de sa mère.
Maman, il est parti.
(Hélène entre en jetant un regard vers le fond, puis elle embrasse vivement sa fille.)',
J'ai cru que mon secret, Malgré tous mes efforts, enfin m'échapperait. Je ne pense qu'a lui, même auprès de mon père,
HÉLÈNE
A lui ! toujours à lui ! — Tu m'as promis, ma chère, De rester tout un jour sans prononcer son nom.
VÀLENTINE.
Est-ce que je l'aurais nommé par hasard ?
HÉLÈNE
Non, Mais tu ne parles pas d'autre chose
VALENTINE
Pardonne !
C'est qu'au bonheur prochain to ut mon cœur s'abandonne, C'est que toujours, partout je le vois, je l'entend, C'est qu'il est tout pour moi, c'est que je l'aime tant!
HÉLÈNE
Mais rien n'est fait encor, sois prudente, prends garde. On perd tout quelquefois par un mot qu'on hasarde. Va! Je l'ai su trop jeune et bien cruellement, Le bonheur est un fruit qui mûrit lentement Et souvent vous échappe à l'instant qu'on le cueille. La voila qui déjà tremble comme la feuille î 0 romanesque enfant, vite rassure-toi ; Ne crains pas le malheur, je le prendrai pour moi. Mais ne puis-je savoir ce qu'on t'a dit?
VALENTINE
Mon père?
HÉLÈNE
Oui, vous avez tous deux causé longtemps, j'espère.
VALENTINE
Ah ! mon Dieu ! tu fais bien de me le rappeler. Cela va te surprendre : il veut