‹ Les famillesChapitre 75 sur 108 · GUSTAVE, CÉSAR · texte numérisé non relu

GUSTAVE, CÉSAR

CÉSAR

Eh! c'est monsieur Dubreuil. — Bonsoir.

GUSTAVE

Adieu. Je pars Pour toujours.

CESAR, le ramenant.

Pour toujours? Quel air et quels regards! Mais ces regards, cet air et cette main qui tremble,

Mais je connais cela, mais cela me ressemble.

Je ne puis m'y tromper : vous êtes amoureux.

GUSTAVE

Monsieur...

Amoureux, dis-je, et de plus malheureux, Et, de plus, avocat. Touchez là, mon confrère. On vous a refusé Valentine ?

GUSTAVE

Au contraire.

C'est de mon père seul qu'est venu le refus.

CÉSAR

Bon! pour mon plaidoyer un argument de plus! Votre père refuse à cause du scandale Que la désunion des parents nous étale. Mais si je les rapproche enfin, si, grâce à nous, La morale triomphe en ces lieux?

GUSTAVE, avec un commencement d'espoir.

Grâce a vous?

Impossible, monsieur.

CÉSAR

Ah ! ce doute me blesse, Jeune homme. Je me suis montré, je le confesse, Un peu friand de cas de séparation ; J'ai peut-être avec art, quoique sans passion, Jeté par-ci par-là des fleurs sur l'adultère. Mais ne faut-il pas vivre? Ai-je de quoi me taire? Qu'il me vienne demain cinq ou six boas procès, Et je mépriserai ces scandaleux succès, Et j'irai, défenseur ardent du mariage, Exaller la concorde et chanter le ménage!

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