Les fastes de la gloire
IVLÉBER ( Jean - Baptiste ) , gëniSral ^» chef des armées de la république, né en 1754, à Strasbourg , département du Bas-Rhin.
De même que Chevert, Jean-Bart et Dugay-Trouîn , Kléber sortît de cette classe laborieuse du peuple , où l'on ne reconnaît d'autre noblesse qoe^Putilité et la vertu. Fils d'un terrassier du cardinal de Rolian , il ne put devoir qu'à . la bienfaisance et à Fintérêt qu'inspirent des dispositions précoces, une éducation que les riches achètent par leur fortune. Le curé d'un village de l'Alsace lui donna les premiers élémens de l'instruction. Kléber mit à profit les leçons de son maître , et le genre de ses progrès ne tarda pas à caractériser un esprit profond et méditatif; il s'appliqua aux sciences exactes, et l€s arts du dessin le disposèrent aux études qui'foi;roèrent les Villars et les Vauban, Il se destinait à la profession d'architecte. A l'dge de seize ans , il vint à Paris pour se perfectionner sous le célèbre Chalgrin, De retour dans sa ville natale , Kléber dut à l'amitié de deux illustres étrangers dont il avait pris la défense dans un ^ Tome r. 1
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i LES FASTES
combat singulier , d'être admis à l'tcole militaire de Munich, dont il fut bicnlât un des meilleurs élèves. Un de ses chefs mourut ; il osa demander sa place. Le corps de ces fiers professeurs punît la vanité du jeune homme par quelques jours de prison. Vers cette époque, le gênerai de Kaunitz , fils du premier ministre de l'empereur d'Allemagne , visita l'école de Munich. Le prisonnier fit placer , cpmme par hasard , ses dessins et ses plans sur le passage du prince qui en parut frappé. Il demanda l'auteur de ces petits chefs-d'œuvre», Kléber lui fut présent^. Le prince lui proposa de venir habiter sa terre . près de Vienne ; Kléber le suivit , et obtînt un Inrevet de «(^us-lieutenant dans le régiment de Kaunitz, avec lequel il fit ses premières armes contre les Turcs. Après huit ans , il se dégoûta du service d'une puissance étrangère , et rentra dans sa patrie. Il était depuis six ans inspecteur des bâtimens publics à Béfort , lorsque, dans les trouble» civils de 1789, le régiment. Royal-Loiiis , vendu à la cour ,marcha contre les officiers municipaux dévoués au parti du peuple. Tout fuyait^ lorsque Kléber, le «abre à la main , couvrit de son corps , élevé et robuste , les magistrats menacés. Il repoussa les soldats , et présenta un défi aux deux colonels»
En 1792, la France libre se lève pour repousser le joug de la coalition 5 Kléber part comme volontaire dans le3« batailloiT de son département, dont bientôt après Wimpfen , qui commandait à New-Brissach » le fit nommer ad j udant-major.
Les Prussiens bloquaient Mayence; Kléber, enfermé dans cette place , y fit des prodiges de valeur : il commanda et exécuta lui-même ces sorties brillantes de Biberach et de Marienborn, qui le montrèrent aux armées
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romihe une de leurs plus belles espérances. Klëber reçut , pendant le siège, le grade d'adjudant-général. Apvès la capitulation , il fut arrête à Nancy ; mais Merlin-de- Thionville à la tribune, et Auberl-Dubayet à la barre de la Convention 9 justifièrent Phéroïque garnison de Mayence: Kléber, rendu à la liberté, fut nommé général de brigade et envoyé dans la Vendée.
L'Angleterre venait d'allumer la guerre civile dans cette contrée , où l'Océan donnait accès à ses vaisseaux , et dont la surface, coupée par des ravins, des bocages et des haies multipliées , ne permet aucun développement à Fart de la guerre. Comme aux temps des croisades , les prêtres entraînaient au combat des peuplades entières. « Paimi tant de prédicateurs du mensonge, dont » plusieurs sont sincères et pieux, dit le plus éloquent des » panégyristes de nos guerriers , M. Garât, dans son » Eloge funèbre du général Kléber,. règne un impos- » teur qui se promène au milieu des bande? royales, et » marche à leur tête comme Penvoyé du ciel même. Il » ordonne aux foudres républicaines de s'écarter de lui , » sa voix , qu'il remplit à son gré d'accens touchans ou )) d'accens homicides, on la prend pour la voix du Dieu » dont il pc»*te dans ses mains les images. Soixante mille » hommes à genoux , les uns dans la boue ou dans la » poussière , les autres sur les caissons et sur les afiuts » des canons , après avoir reçu les bénédictions de l'im- » posteur , se relèvent dévorés du besoin de donner la » mort ou de la recevoir. »
Kléber a de la peine à comprendre comment cette cohue mal armée et sans discipline , pourra résister à des bataillons qui viennent de se hàùre contre les meilleurs soldats de rEurope. Il place $es troupes stjr le bord
de la met, pour prévenir les descentes des Anglais, rejeter les Vendéens les uns sur les autres, les resserrer et les détruire • dans une seule bataille. Avec quatre raille soldats et six canons , il marche sur Tiffange 5 bient<it il découvre les rebelles , qui , au nombre de trente mille, couronnent des Iiauteurs garnies d'artillerie , et remplissent l'air d'effroyables hurlemens. Il les attaque et les ébranle : il les précipitait du sommet des montagnes , lorsque leur nombre s'étend et se déborde sur ses deux ailes. Kléber n'a plus "d'espace pour' combattre : si les Vendéens , maître^ de ses canons , ne sont arrêtés quelque temps au passage d'un ravin, la reti^aile est impossi* ble. Il appelle un officier d'un courage éprouvé: «Prends, » lui dit-il , une compagnie de grenadiers , arrête l'en- > nemi devant ce ravin; tu te feras tuer, et tu sauveras » tes camarades. — Oui , mon général , répond l'officier » avec une soumission héroïque. » Tous périrent. Ce dévouement suspendit la marche des Vendéens.
Ce succès éclaira Kléber sur les moyens d'en obtenir de plus décisifs. Dès cer jour , selon que l'on suivit ses conseils ou les ordres du général en cbef^ l'armée fut victorieuse ou battue. A Cholet , où l'on ne s'écarta pas de la marche tracée par Kléber , seize mille républicains renversèrent soixante mille Vendéens qui les enveloppaient, et les rejetèrent de la rive gauche sur la rive droite de la Loire. A Chdteau-Gontbier , le général en chef régla toutes les dispositions, et les colonnes de la république furent rompues et disperaées. En vain le brave Beaupuy envoya sa chemise sanglante à ses grenadiers ; en vain Kléber et Marceau surpassèrent tout ce qu'on racontait de leur valeur : les Vendéens répandirent la terreur dans Gran ville, Angers et Nantes.. Dans ce mo-
ment , où la confiance des soldats ne pouvait se ranimer que parKlëber,le gouvernement lè destitua. Marceau fut nommé à sa place 5 maïs ce jeune guerrier ', peu confiant dans ses propres forces, remit à Kléber toute Pautorité de son comnaandement. « Menez, lui dit-il, cette armée^ » la victoire. Qu'est mon courage près de voire génie ? » 3e combattrai soiis vos ordres à l'avant-garde de Par- » mëe. » De marche en marche, d'échec en ëchec, KJéber pousse les Vendéens entre la Loire et la Vilaine , dont il leur a rendu le passage impossible. « C'est ici , » dît-il , que je les voulais. » Les commissaires delà Convention ordonnent qu'on attaque de nuit.^ « Non, dit » Kléber, les braves gens ont rarement quelque chose à > gagner en se battant dans les ténèbres : il est bonde » voir clair dans une afi^re sérieuse , et celle-ci doit se » décider au grand jour. » H livre bataille près de Savenay. Ce fut moins une déroute qu'une destruction de tons les Vendéens; de leurs soixante mille combattans, cinq ou six: cents cavaliers, qui s'enfoncèrent dans des marais, furent les seuls débris qui échappèrent. Celte victoire eût terminé la guerre : Kléber répondait sur sa tête de l'obéissance et de la tranquillité de ces provinces, si on les confiait à sa vigilance et au bonheur de ses ai^mes ; le comité de Salut-Public envoya des proconsuls dont la 8év6'it^ acheva d'aigrir et de soulever les haliitans.
Kléber ^ntra à Nantes aux acclamations du peuple : cette ville donna une fête aux vainqueurs. Au moment où "une couronne de laurier descendit sur le front de Kléber, un représentant du peuple, soit qu'il fût jaloux, ou qu'il pensât qu'on ne devait pas flatter un général qui n^avait fait que son devoir , s'écria : « Les couronnes ne
}> sont pas dues aux généraux , mais aux soldais qui » seuls gagnent les batailles. » Kléber répondit vivement: «Les généraux républicains, qui, comme moi , )> ont commencé par être grenadiers , n'ignorent pas que y^ ce sont les soldats qui gagnent les batailles ; mais ces » soldats de la république , parmi lesquels il en est tant » qui peuvent aspirer au commandement , savent que » des milliers de bras ne triomphent que quand ils sont >> dirigés par une seule tête. Nous avons tous vaincu ; je » prends cette couronne pour la suspendre aux drapeaux » de l'armée. »
Le gouvernement avait pjomis d'éclatantes récompenses } Kléber fut exilé à Châieaubriant. On lui reprochait sa clémence et son humanité : on l'accoiail d'avoir foulé aux pieds les décrets de mort du tyran de la république. A Saint-Florent, il avait accordé la vie à quatre mille prisonniers. Partout où il donnait des ordres, il' sauvait des flammes les villes et les hameaux. En vain, les cruautés dont se souillaient le Vendéens le sollicitaient à de sanglantes représailles : la première des lois pour ce général, était de ne pas ajouter au fléau de la guerre.
Le besoin que la république avait de son bras, le fit nommer général de division à l'^armée du Nord. Passages de grands fleuves , marches audacieuses, retraites savantes , sièges de places fortes , batailles rangées , tels furent alors les travaux de Kléber. Placé à la tête de trois divisions, en présence des armées de la Prusse et de TAutrichç, il s'élance au-delà dela'Sàmbre, décide du gain de la bataille de Fleums, s'empare de Mons et de Louvain, force les postes de la montagne de Fer, et le camp retranché du MonlrPanisel , franchit la Boèr, et jette l'ennemi sUr la rive droite du Rhin. Après vingt jours de
tranchée ouverte et quaranle-huîl heures de bombardement, il entra dans Maestricht. Des remparts dé celle place, où il arbore le drapeau de la liberté, il passe au * blocus de Mayence. Ses soldais, prévue nus sur la glace , étaient exposés à mourir de faim, il sut profiter de leur désespoir : au milieu de toutes lés .douleurs et des privations de tout genre , ils n'exhalaient des cris que pour braver la garnison et l'appeler au combat.
Il fallut plusieurs mois à Louis XIV pour se préparer au passage du Bhin, qu'aucune armée imposante ne pouvait lui disputer. Sous la république, nos généraux franchirent sept fois ce flfeuve, malgré les forces réunies de l'empire germanique. Kléber, avec ses divisions, se présenta pour le passer où il a le plus de largeur et de rapidité; il n'avait ni bateaux, ni argent; comme par enchantement il sut tout créer; dés arbres arrachés aux forêts servirent à la constniction des barques, qui bientôt voguèrent da^s l'ombre de la nuit, et transportèrent nos légions sur la rive droite,
A la pointe du jour, Kléber arrive à Eichelkaamp, fond sur les troupes ennemies, et les rejette au-delà de la Sieg. Il se répand sur le territoire de l'Allemagne, et, par de savantes manœuvres sur le flanc droit des impériaux , il les attire autour de lui , et les oblige à laisser les bords du Bhin sans défense. Malgré une multitude d'actions brillantes, il était probable que les Autrichiens recevant de toutes parts de nouveaux renforts, accouraient pour ressaisir leur terrain. Kléber voulant en même temps assurer sa retraite et se mettre à l'abri de leur poursuite, dit A Maixeau : « A l'instant où » tu jugeras que j'ai traversé le pont à Neuw^ied, fais » mettre le feu à tous les bateauK qui sont sur le Bhin. »
Marceau calcule mal les mômens ; les bateaux ^ emportée par le courant, embrasent le pont; Parmée se trouve pressée entre un fleuve ëtincelant de £bimine, et les Autrichiens qui la foudroient. Marceau , ses pistolets sur le front, veut se punir d^une erreur si funeste; Kléber, calme au milieu de la consternation générale, les arrache à la main égarée de ce guerrier « Jeune homme , lui dit- » il, allez vous faire casser la tète en défendant ce passage » avec votre cavalerie; c'est ainsi qu'il vous est permis » de mourir. » Il appelle le chef des pontonniers : « Combien de temps vous faut-il pour jeter un pont ? » — Vingt*quatre heures. — Je vous en donne trente, et » vous m'en répondez sur votre tète. » Il demande le silence aux troupes dont le désespoir fait retentir le rivage. « Soldats, s'écrie-t-îl , les Autrichiens commencent » enfin à être dignes de lutter contre nous. Faisons-leur )> voir que , quand nous sommes arrêtés par un fiéuve » c'est sur eux que' nous nous précipitons. — L'énergie » de cette harangue, dit encore le représentant Garât, » dans son éloge de Kléber, réveilla l'enthousiasme. Â ces » mots, d'un général qui avait reçu de la nature la taille » des demi-dieux d'Homère, et dont la tète toujours sur- » montée d'un haut panache, s'élevait au-dessus desba- » taillons comme les drapeaux de l'armée; à cette voix » d'un chef que le soldat a coutume d'appeler le dieu » Mars , il croit entendre l'arbitre souverain des » combats; il ne voit plus les dangers devant lesquels » il a pâli : a l'instant les rôles changent entre les deux » armées , celle qui poursuivait est poursuivie ; un long » espace, reste libre entre les travaux du rivage et le nou- » veau champ de bataille; le temps accordé pour la , » construction du pont est protégé par la victoire. Re-
» prenant alors une retraite devenue bien plus majes- » tueuse, encore, le dernier de Parmée, Kléber met le » pied sur le pont , et les Autrichiens, comme s'ils n'é- )> taient pins que les témoins de tant d'héroïsme , sem'^ » blent avoir plus d'envie d'applaudir au passage que de » s'y opposer. »
Dans la campagne qui s'ouvrit, Kléber, à la tête de l'aile gauche de Parmée, compta presque tous les jours par des succès. A Dusseldorf et sur les hauteurs d'Altenkirchén, il mit l'armée du prince de Wuftembei'g en pleine déroute. Les bords de laSieg, ceux de laLahn, et le champ de bataille de Butzbach , où il força les retranchemens ennemis, le virent déployer cette haute bravoure par laquelle il s'était tant de fois signalé. L'Autriche justement alarmée de ces défaites, fit avancer contre Kléber toute son armée ,^ forte de soixante mille hommes. Elle était conduite par ce jeune prince Charles , qu'une cour jalouse n'appelait au commandement que dans les plus grands dangers. Kléber n'avait que vingt mille hommes; mais, sur les hauteurs d'Ukrad, ses dispositions furent telles, que jan^ais ils n'eurent plus de vingt mille eniiemiâ en têle*, ses soldats, sans prendre aucun repos, ne cédèrent pas à ceux du prince Charles, qui changeaient et se relevaient tous les jours^ Après ces victoires, qui avaient plus d'éclat encore aux yeux des Allemands qu'à ceux des Français, que pouvaient contre lui des che& moins habiles? Il battit le général Kray à la Koldieck, le prince de Vartensleben à Friedberg , et Francfort lui ouvrait ses portes, lorsque la jalousie de son gouvernement Féloigna de l'armée au moment où il avait mérité d'en avoir le commandetnent suprême.
Kléber revint à Strasbourg où il échoua dan? le projet
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de se faire élîre député au corps législatif. II se rendît ensuite à Paris , et alla dans les environs habiter une maison de campagne , où le i8 fructidor le surprit occupé de la rédaction de ses mémoires. Il fut âloi^s inscrit sur des listes de proscription dressées contre les auteurs d'une conspiration royaliste. Hoche qui avait été le dénonciateur de Kléber , se plaignit amèrement au directoire quand il apprit que ce général était libre. « Citoyens directeurs, écrivait- il ^ vous n'avez rien » fait , dès que vous avez laissé en France Phomme le » plus dangereux pour la répubKque, cette langue de , » vipère qui a perverti la moitié des officiers de l'armée. » Vous comprenez que je parle de Kléber. » Nous ne rechercherons point les motifs d'une pareille haine, ils ne serviraient qu'à flétrir un nom que nous voudrions pouvoir présenter avec orgueil à nos amis comme à nos ennemis.
Après le traité de Campo-Formîo , Kléber fut l'un des guerriers qui , impatiens de gloire , montrèrent le plus d'ardeur ]çour la conquête de l'Egypte. A peine débarqué sur cette terre nouvelle pour les Français, il marche sur Alexandrie, et reçoit une blessure grave à l'escalade des remparts. A la tête d'une des divisions de l'armée , il prend le fort d'El-Arisch, traverse le désert , s'empare de Gaza emporte la ville et les forts de Jaâà.
Pendant le siège de Saint-Jean- d'Acre, il se détacha du camp avec une partie de l'avant-'garde. Uennemi descendait dans la plaine; il le prévient , bat dix mille hommes et répand tant d'épouvante qu'il le force à se retirer en désordre vers le Jourdain. Au village deFouli, qu'il enlève à la baïonnette, il passe au fil de l'épée tout ce qui lui résiste. A la bataille du Thabor, il marche au pas
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de charge sur la cavalerie ennemie, la sépare de son camp, et la rejette au«^delà des monts. De retour à Saint-Jeand'Acre, dont ses victoires ont protégé le siège, il y fait éclater sa valeur , et bat complètement les Turcs au combat d'Aboukir. ♦
Bonaparte, en quittant l'Egypte, avait laissé à Kléber le commandement de l'armée. Elle était affaiblie par les combats et les marches dans le désert : sans espoir de secours du côté delà France; elle voyait levisîr s'avancer avec quatre- vingt mille hommes et soixante pièces de canon. Kléber négocia: il convint avec le commodore Sydney-Smith, que nos soldats seraient ramenés en France sur des vaisseaux anglais. Fidèle à ce traité , il venait dé livrer aux Ottomans tous les forts de la Haute -Egypte et la ville de Damielte, lorsque Sydney- Smith et le lord Kdth, commandans de la flotte anglaise ds^ns la Méditerrannée, lui écrivent qu'un ordre du roi d'Angleterre leur défend de consentir à aucune capitulation, si l'armée française ne met bas les armes, n'abandonne ses vaisseaux et ne se rend prisonnière de guerre. Kléber, indigné, à la lecture de cette lettre s'écria : Soldats, voua répondrez à cette insolence par des victoires. »
Aussitôt il rompit les conférences, et s'adressant à Mustapha pacha , il lui dit : « 11 faut<jue votre excellence » sache que les desseins du vîsir me sont connus: il me » parle de concorde et forme des séditions dans toutes les » villes ; c'est vous-même qu'il a chargé de préparer la » révolte du Caire. Le temps de la confiance est passé ; le » visir m'attaque puisqu'il est sorti de Belbeys : il faut » que demain il retourne dans cette place, qu'il soit le » jour suivant à Salahié et qu'il se retire ainsi jusqu'aux
» frontières de la Syrie, autrement je saurai l'y con- » traindre. L'armée française n'a pas besoin de vos fir- » mans; elle trouvera l'honneur et la sûreté dans ses » forces. Informez son altesse de mes intentions.» Kléber convoque ses généraux en conseil de guerre , et , leur montrant le plan de la bataille , il leur parla en ces termes : « Vous avez vu cette lettre 5 elle vous dicte votre » devcàr et le mien : v(Hci votre situation. Les Anglais » nous refusent le passage après que leurs plénipo- » tenliares l'ont accordé , et les Ottomans , auxquels »* nous avons livré le pays , veulent que vous achevions » de l'évacuer, conformément au traité. II faut vaincre » ces derniers, les seuls que nous puissions atteindre. Je » compte sur votre zèle , votre sang-froid et la confiance » que vous inspirez aux troupe». »
Au milieu d'une belle nuit, l'armée, en ordre de bataille se développa dans la plaine de Coubé , et, vers le» 5 heures du matin , elle enleva le village de Matarieh , ou s'était retranché l'avant-garde turque , forte de six mille fantassins, soutenus par une nombreuse cavalerie et protégés par seize pièces de canon.
La division Reynier entourait l'obélisque d'Héliopolis , loi'squ'elle aperçut l'armée du grand visir sur les hauteurs de Sérîcourt et d'El-Marci; elle l'aborde, la disperse dans les déserts et la pousse vers El-Henka; vivement pressé, le visir propose une suspension d'armes.
Le général, pour toute réponse, lui annonce qu'il va marcher sur El-Henka : les ti'oupes ottomanes sont forcées à se débander ; elles abandonnent leur.s eflFels de campement, leurs équipages et tout ce qu'elles ont de plus précieux. Toujours poursuivies , elle*
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fuient vers Belbeys; la ville et les foits cèdent à Fimpétnosi té française. L'année tiirque n'existe plus, à peine cinq cents hommes en forment-ils les débris, et Kléber entre en vainqueur dans Salahié , où nos soldats trouvent un butin immense.
Mais ils doivent encore s'apprêter à desanglans assauts; l'imnciense population du Caire s'est soulevée : le pacha vaincu à Matariéh, est l'ame de l'insurrection; il a armé jusqu'aux vieillards, aux femmes et aux enfaiis; ils ont attaqué et pillé les habitations des Copthes, des Grecs et des chrétiens de Syrie.
Kléber fait sommer la ville de se rendre : jusqu'à trois fois elle rejette le pardon qui lui est offert, et brave la menace de la plus terrible vengeance. Les Français furieux pénétrent dans les rues, brûlent cinq ou six cents maisons , et égorgent neuf cents mamelucks. L'Egypte fut soumise une seconde fois.
Klëber semblait régner sur l'Orient par sa clémence et la fortune de ses armes. Ses succès lui avaient tait embrasser l'espoir d'entrer en négociations directes avec le divan de Constantinople; par ce moyen il s'était flatté de rétablir momentanément les communications avec la France, d'en recevoir des nouvelles récentes, de saper l'influence de la cour de Londres, et d'amener les Turcs à consentir un traité de neutralité jusqu'à la paix générale. Kléber eût ainsi obtenu l'assurance de n'être attaqué que par une expédition maritime, que peut-êti^e les Anglais n'eussent jamais osé tenter sans le concours des Osmanlis. Tels étaient ses projets et les soins auxquels il se livrait. Son ambition était de consolider la conquête de l'Egypte, et toutes ses pensées se tournaient vers ce noble
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but , lorsque le bras d'un nouveau seïde, que le fanatisme préparait en silence au plus, lâche assassinat , vint toulà-coup plonger Farmée française dans le deuil, et lui enlever son plus ferme appui, sur la terre d'exil où elle s'ëtait résignée à passer encore quelques années.
Le i4 juin 1800, Kléber, après avoir passé la revue de la légion grecque dans l'île de Roudah, se rendit au Caire.pour y surveiller les réparations de son palais , qui avait été fortement endommagé pendant le siège de cette ville. Après avoir visité les travaux avec rarchitecte Protaîn, membre de l'Institut d'Egypte, il entra chez le général Damas où il était attendu pour déjeûner. Tous les généraux , plusieurs membres de l'Institut , et quelques che& d'administration assistaient à ce repas, auquel la présence du général en chef donnait l'apparence d'une fête. Kléber, environné d'hommes qui étaient tous se3 amis, n'avait jamais montre plus de gaité; la conviction que ses soldats étaient, en ce moment , heureux et satis-faits, ajoutait encore aux sentimens que son cœur éprouvait, et la joie dont il était animé avait tellement gagné tous les convives, que le banquet fut prolongé jusqu'à deux heures après-midi.
Kléber prit alors congé de l'assemblée, et, suivi seulement de l'architecte Protain , il retourna dans son palais. Une longue t^srrasse, ombragée par un berceau de vigne, liait les deux habitations du général en chef et du général Damas. Kléber et l'architecte suivaient lentement cette terrasse , lorsqu'un homme , vêtu à la manière des Orientaux , s'approche d'un air triste et timide, presse la main du général, et, profitant d'un mouvement de surprise mêlée tfînlérêt qu'occasionne cette démarclie, se re-
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lève et perce de son poignard le second conquérant de l'Egypte. Kléber chancelle et s'ëcrie : « ^ moi j guide , je suis assassiné!)> (Il venait d'apercevoir un de ses guide» sur la place Esbekieh); il tombe baigné dans son sang. Le poignard , enfoncé dans l'aine gauche ^ avait fait uneou-verture large et profonde. Cependant Protain y n'ayant à la main qu'une baguette , avait voulu se saisir de 1 assassin , qui , dans une sorte de stupéfaction y demeurait immobile devant sa victime. Il s^engagea* alors entre eux une lutte corps à coi'ps , dans laquelle l'architecte reçut six coups de poignard qui le renversèrent auprès du malheureux Kléber. L'inconnu, débarrassé de son adversaire^ se jette de nouveau sur le général j et le frappe encore par trois fois. Inutile fureur ! la première blessure était mortelle : l'arme avait coupé un artère. L'œuvre était accompli : celui qui l'a mis à fin tressaille de joie à la vue de ce succès ; toutefois ayant entendu quelque bruit y il songe enfin à sa propre sûreté y et s'éloigne par des sentiers détournés.
Sur ces entrefaites ^ le guide aperçu par |tléber, entrai précipitamment dans la maison du général Damas, et jeta l'alarme parmi tous ceux qui s'y trouvaient réunis ; ce fut â qui arriverait le premier sur la terrasse du palais. Kléber, pressé dans les bras de ses amis, interrogé par eux^ ne put prononcer un seul mot , quoiqu'il respirât encore. On s'empi^essa de le secourir ; - mais ce fut en vain , il expira pea d'instans après.
La nouvelle de sa mort fut bientôt répandue dans la rilie. A une consternation profonde succéda gromptement , chez les soldats, le désir de la vengeance ; ils prirent les armes et parcoururent les rues en donmint, tous
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les signes de l'ëgafement et de la fureur. Ces sentîmens . se peignaient avec tant d'énergie dans leurs traits, que les faabitans , épouvantés , se renfermèrent dans leurs foyers ; de tontes parts on entendait ces cris : « Aux armes I ifengeons -nous ^ vengeons Kléber ! » Lorsque le tambour , en battant la générale , eut rassemblé les différens corps, les officiers s'efforcèrent de contenir l'exaspération des troupes qui voulaient incendier le Caire,, pour anéantir, disaient-elles, ce repaire de brigands et d'assassins.
De nombreuses patrouillesfurent envoyées afin de s'assurer si le crime a(&eux^ sous lequel le général en chef venait de succomber, n'avait point de ramifications dans la ville : des piquets de cavalerie , et surtout les Mamelucks , à la tête desquels vint se mettre Hussein-Kachef, agent de Mourad-Bey auprès de Kléber, cernèrent le quartiergénéral et en visitèrent toutes les parties; le tumulte et le désordre donnaient au Caire Tapparence d'une ville ^ prise d'assaut; la terreur y était à son comble, et Ton attendait en silence l'issue de ce mouvement extraor» dinaire.
Les officiers-généraux et supérieurs ne négligèrent ,rîen pour recueillir tous les indices. Les soupçons tombèrent d'abord sur le scheick Ël-Sadhat, qui avait été l'un des principaux moteurs de la dernière insurrection du Caire , et qui récemment encore avait essayé d'entraver le recouvrement d'une contribution 5 mais ce scheick prouva qu'il était innocent. Protain, ayant repris connaissance, par suil%des soins que lui prodiguèrent le médecin en chefDesgenettes et le chirurgien Casablanca déclara que l'assassi» était un musulman assez mal vêtu. On crut ^ alors
tioTS que ce pourrail être Pun des ouvriers occupés au quartier-général 5 vils furent tous arrêtés , et l'on fouilla dans les endroits les plus cachés.
Cette dernière recherche dissipa toutes les incertitudes. Deux guides amenèrent chéz^ le général Damas, un jeune homme dont la physionomie et le costume répondaient au signalement donné par l'architecte. Ils l'avaient découvert, dans les jardins, sous un nopaldes plus touffus. Protaia reconnut sans peine celui contre qui il avait lutté, et qui . avait assassiné le général en chef; un des aides-de-camp de Kléber se rappela l'avoir vu le matin même à Giseh se mêler parmi les domestiques du général, 'et raconta en outre que dans la traversée de l'île de Roudah au Caire, cet homme était monjlé sur le bateau qui portait Kléber, et" avait ensuite pénétré dans les appartemens du quartiergénéral d'où on l'avait chassé. Enfin pour dernier indice, un des guides étant retourné au lieu où le coupable avait été arrêté , en rapporta une sorte de coutelas à lame recourbée et encore teinte de sang.
H n^ avait plus de doute , l'inconnu était le meurtrier de Kléber. On sut par ses premières réponses qu'il se nommait Soleyman'eUHcdehi , qu'il était né en Syrie, toucliait à sa vingt-quatrième année, et était écrivain de profession. Il montra d'abord une grande assurance en niant qu'il eût connaissance de l'assassinat qu'on lui imputait; il protesta même qu'il n'avait jamais vu le général Kléber; mais après que, suivant la pratique usitée en Orient, il eut reçu la bastonnade sur la plante des pieds , il annonça qu'il dévoilerait tout.
Diaprés ses aveux, il fut évident que la mort de Kléber était moins son propre crime que celui du suprême ministre de l'empire Ottoman, De x-etour à Jaffa , TomeK. 3
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après son entière défaite en Egypte, le vîsir Jussuf avait conçu l'odieux dessein de se vengée du général dont les victoires venaient de le couvrir de honte. Résolu dès-lor» à faire passer sa rage dans Pâme des Musulmans^ il fit répandre des écrits , dans lesquels il invitait tous les vrais croyans au combat «acre ^ recommandé par le Coran dans lequel la vie éternelle est promise à tout homme qui trempe seis mains dans le sang d'un infidèle. Il o&ait en même temps sa haute protection et une forte récompense à quiconque réussirait dans cette religieuse entreprise.
Cet appel au fanatisme serait peut«-ètre demeuré sans effet, si une passion encore plus puissante que les intérêts fiipirituels , l'ambition , n'eût été éveillée. Un aga des janissaires y Ahmed , qui depuis la prise du fort d'Ël- , Arich par les Turcs ^ avait été exilé par le viair, voulut saisir cette occasion de rentrer en grâce : il ne se sentait pas le courage d'accepter pour lui la mission proposée i mais il chercha autour de lui un être disposé aux impressions fanatiques, et dont il pût à son gré, enilam* mer et dirige* le «èlè : le hasard devait le servir efficacement. Soley mah , que • aa piété fervente avait attiré dans Jérusal^p:!, l'une des cités saintes consacrées par l'islamisme, recoimait âans Ahmed- Aga un officier de l'armée turque qi/il a vu à Alep : il se plaint à lui des vexations que son père Hadji-Mohammed-Amyn éprouve de la part d'Ibraliim-Pacha qui le tient étroitement enfermé. L'Aga accueille le pèlerin avec bienveillance , et lui promet d'intercéder - pour son père auprès du gouverneur, a Jeune homme , lui dit - il , » si tu veux faire cesser les persécutions auxquelles l'au- » teur de tes jours est livré , écoute cet avis : il est un re- M doutable ennemi de nptre foi; il foule aux pieds le
» croissant et se rit du prophète ; mais il a été ëcrit qu'il » succomberait dans le combat sacré, et tout ce qui a » été écrit doit s'accomplir. Heureux , trois fois heureux, » le croyant qui portera la mort sous la tente dorée du » chef des Français, dont le souffle empoisonne jusqu'à » l'air que nous respirons!.... Soleyman , ton père n'aura » plus de souhaits à former, il sera le plus fortuné des » bommes; quant à toi , les cieux te sont ouverts, Dieu » lui-même t'attend^ c'est à toi qu'il confie la plus noble » des lâches^ c'est à toi qu'il en promet le prix, mar- » che, frappe, là haut est Mahomet et son paradis ; » sur la texre, tu trouveras un trésor inépuisable de ri- » chesses et de dignités. » Soleyman exalté par ce discoui^ insidieux^ se regarde comme un instrument de la Tengeance divine et se croit appelé par Allah et son prophète à délivrer les vrais croyans du fléau envoyé potir éprouver leur foi. Les ministres de la religion , consultés par lui, augmentent encore cette effervescence qui fait bouillonner son sang et trouble sa raison. Adi*essé par Ahmed à Yassin-Aga , qui avait sa résidence à Gazah , il reçoit de celui-ci quarante piastres turques et des recommandations pour des chefs de la loi , desservans de la grande mosquée du Caire.
A son arrivée dans la capitale de l'Egypte, Soleyman se rendit chez Mustapha-Effendi, vieillard qui lui avait autre* foîsapprisà lire et à écrire; mais Mustapha, trop pauvre poar donner l'hospitalité à son ancien disciple , l'enga* gea à chercher un autre asile. Soleyman se présenta aloi^ aux chefs de la loi, et leur ayant fait connaître sa mission , il fut reçu et hébergé par eux dans la grande mosquée. Un. mois entier s'écoula avant qu'il voulût ou put exécuter son dessein. Il employa ce temps à implorer la
proteclîon divine, et , dans des supplications mystiques qu^il ^affichait dans l'inlërieur du temple, il demandait à Dieu Ja force et le secours nécessaires pour sortir victorieux du combat* Pendant les derniers jours , il errait souvent autour du quartier-général, et , après s'être fait désigner le général en chef, il étudia toutes ses habitudes afin de mieux le reconnaître.
Enfin le i4 juin, Soleyman annonça à l'un des ministres de la Mosquée, ce que le jour du combat sacré » était an*ivé, et qu'il allait à Giseh, » Dès ce moment les heures de Kléber étaient comptées , et les Français devaient bientôt avoir à déplorer sa perte et à venger sa mort.
Il fallait apaiser les mânes du guerrier: un arrêt solennel désigna les victimes qui seraient immolées sur son tombeau. Le chef dés Mamelucks , Bartolomeo-Serra , chargé d'à d-r ministrer la bastonnade à Soleyman, lui avait dit qu'on lui accorderait la vie s'il nommait ses complices. Cette promesse , bien plus que la douleur , avait arraché au cou* pable les révélations que l'on exigeait de lui. Après avoir fait des aveux auxquels il s'était jusqu'alors refusé, Soleyman réclama la parole du chef des Mamelucks : « J'ai » tout confessé, dit-il, hâtez-vous de remplir la pro- » messe que vous m'avez faite, afin que je puisse rejoiu-* » dre mon pauvre père déjà si inquiet sur mon sort : je » ne dois pas perdre un instant pour le tirer de la prison n où le retient le pacha d'Alep. » Cette confiance naïve , cette piété filiale , qui , plus encore que le fanatisme , avaient armé le bras de Soleyman , montraient assez que jamais il n'eut été criminel sans les sollicitations des deux agas Ahmed etYassin. Ah! pourquoi JCléber ne vivait-il plus ? ^sans doute son âme grande et généreuse eût par-
donne un attentat qu^il eût attribué à IVgarement d'un fils qui veut sauver son pèrej maïs ce n'était qu'à lui seul qu'appartenait le droit d'une telle clémence. lie général Menou ayant pris le commandement de , l'armée", ordonna l'arrestation des ministres de la grande mosquée, qui se trouvaient compromis par les révélations du)eune Syrien. L'un d'eux, Seyd-AbdEl-Quadir-ELGazhi, avait déjà pris Ja fuite 5 trois autres, Seyd-Moharamed- EI-Gazhi, Seyd-Abdallah-El-Oualy , Scyd-Abdallah-El- Gazhi , furent conduits à l'état-major-général. Ils essay^-ent de repousser l'accusation , en niant qu'ils eussent connu et même vu le meurtrier 5 mais , confrontés avec Soleyman qui leur reprocha leur lâcheté, confondus par ses déclarations, ils confessèrent en gémissant qu'ils avaient été instruits du projet de ce fanatique , mais qu'ils avaient' constamment cherché à l'en détourner. Cette circonstance , sur laquelle ils insistaient , ne put les soustraire à un arrêt de mort. La commission militaire , assemblée pour les juger, les condamna à avoir la tête tranchée. Quant à Soleyman , comme il fallait que son supplice efli^ay&lceux qui seraient tentés de l'imiter, sa sentence * porta qu'il aurait le poing brûlé, serait empalé vif et resterait exposé sur le pal, afin de servir de pâture aux oiseaux de proie. Pour rendre l'exécution plus imposante, il fut décidé, qu'à l'instar des expiations anti-; ques, elle n'aurait lieu qu'après les obsèques de Kléber, dont le corps avait été embaumé et déposée dans un cer^ cueil de plomb.
Depuis l'instant où le général en chef avait cessé de vivre, le canon tirait de demi-heure en demi-heure. Le 17 juin , dès le point du ;ouc^ toute l'artillerie de la cita-
délie annonça la cérémonie funèbre. Le convoî parti du quartier* général au bruit d'une salve de cinq pièces de canon et d'une décharge de raousqueterie, traversa lentement les principales rues du Caire en se dirigeant vers le camp retranché, désigné sous le liom d'Ibrahim-Bey.
Un détachement de cavalerie ouvrait la inarche; ve-, naient ensuite cinq pièces de campagne, la 22* demibrigade d'infanterie légère, le 1" régiment de cavalerie de l'armée, les guides à pied, et les différentes musiques de la garnison, qui, tour à tour, par des airs lugubres, ajoutaient à la tristesse de chacun des acteurs de cette scène pénible. Le cercueil était sur un char funéraire de foiTne antique, recouvert d'un tapis de velours noir parsemé de larmes d'argent, entouré de trophées d'armes^ surmonté du casque et de Pépée du général , et traîné lentement par six chevaux drapés en noir et panachés en blanc.
Le général Menou , devant qui l'on portait les guidons couverts de crêpes de deuil suivait le char auprès duquel se groupaient de chaque côté les généraux et lès oflBciers d'état-major;. ils étaient précédés des aides-de-camp de KJéberj le général commandant de la place, le corps du génie, les membres de l'Institut, le^ commissaires des guerres, le service de santé, les administrations, les guides à cheval; Hussein-Kachef, agent de Mourad-Bey, et les.Mamelucks de sa suite ; les agas , le cadi, les scheicks et ulémas; les évoques, prêtres et moines grecs, les cophtes et catholiques, les' différentes ct)rpofation8 de la fille; les 9** et i3« demi-brigades; la niarine,les sapelirs, les aérostiers, le régiment des dromadaires, l'artillerie à pied, la légion grecque, le bataillon cophte, les corps de cava-
lerîe, le corps des Mamelacks et des Syriens, complétaient le cortège et lui donnaient, par In variëtë et l'étégance des costumes , l'aspect le plus pittoresque et le plus majestaçux.
ÂrriTëessurl'esplanadb du fort de l'Inslitut, les troupe» s'y développèrent et exëculèrent plusieurs manœuvres qui se terminèrent par une saivé générale de la mousqueterie et du canow : le char s'avança alors vers le camp retranché, et y fut introduit par une brèche pratiquée à cet effet dans la gorge du bastion nord de la couronne d'Ibrahim-Bey , au centre de laquelle on avait élevé on tertre dont le sommet planté de cyprès était recouvert dedrapeiies funéraires. Ce fut dans cet endroit que , sur un socte entouré de candelabt^es , on plaça la cendre inanimée de Kléber. L'état-major mit pîéd à terre pour saluer les restes du général. Des couronnes formées de rameaax des arbres consacrés à la mort et a la victoire , surcbai|;èrent en un instant sort cercueil 5 et les accens vrais et toucbans des regrets des chefs et des sol-, àats, se mêlèrent au bruit d'une musique anblogue à l'événement; alors un citoyen (1) s'avança dans la foule; chargé d'exprimer la douleur comitiune , oppressé de la sienne propre, il se plaça devant l'armée, et d'une voix émue par la sensibilité , il commença ainsi :
« Français , vous avez perdu un grand homme, et son » successeur pleure en lui un ami. Ne versons point de » larmes sur sa tombe; déposons-y au contraire nos espé* » rances : il nous laisse un grand exeÉlpIe; tremblez, en- » nemis de la patrie. Le marbre et l'airaîn périront ,
(1] M. Fourrier , secrétaire de llnsiitut d'Egypte , et, alors commissaire français près du divan
a4 LES FASTES
» mais ta gloire^ àKléber! sera éternelle comme l'em- » pire de la Jiberté. Déjà trois fois le soleil a frappé de ses » premiers rayons ces contrées, les portes du jour, depuis » que vous avez perdu votre général. Cet Iiomme échappé » tant de fois à la faulx de la mort; cet homme que les » périls des combats n'étonnèrent jamais; cet homme, » dont la tète était aussi froide dans les plus grands dani) gers, que son bras était actif pour les détourner; cet » homme qui vous conduisait dans les sentiers de la » gloire; cet homme a péri sous les coups du. plus vil as- » sassin. Rives du, Rhin, du Jourdain et du Nil, vous » savez si j'en impose à cette auguste assemblée : vous » avez été les témoins de ses hauts faits : vous ap- » plaudirez sans doute au citoyen, ami de la vérité qui » les raconte. \
» Les désastreux effets d'une guerre aussi juste que » terrible, ont fait de cette place un champ de désolation ; » ses murailles se sont écroulées , et la trace de son en- » ceinte ne se montre que par les débris qui Tenviron- » nent : là, dans cette maison isolée, une poignée de » Français soutint pendant deux jours les efiforts d^me » capitale révoltée, ceux des Mameloucks et des Otto- )> mans.
» Vos regards s'arrêteront malgré vous sur le lieu fatal ?> où le poignard a tranché les jours du vainqueur de » Maastricht et d'Héliopolis ; vous direz : c'est là qu'a » succombé notre chef et notre ami 5 sa voix , tout-à- » coup anéantie , n'a pu nous appeler à son secours ! » Ah ! combien de bras en effet se seraient levés pour sa » défense ! Combien de vous eussent aspiré à l'honneur » de se jeter entre lui et son assassin ! Je vous prends à » témoin, intrépide cavalerie, qui accourûtes pour le
DE LA GLOIBË. 35
» sauver sur les hauteurs de Korâim , et dissipâtes eh un » instant la multitude d'ennemis qui l'avait enveloppé. » Cette vie, qu'il devait à son courage, il vient de la » perdre par une confiance excessive , qui le portait à )» éloigner ses gai^des et à déposer ses armes.
» Après qu'il eut expulsé de l'Egypte les tix)upes de » Jassuf-Pacha , grand-visir de la Porte j il vit fuir ou » tomber à ses pieds les séditieux , le» traîtres et les in- » grats. C'est alors que, détestant les cruautés qui si- » gnalent les victoires d'Orient , il jura d'honorer , par )» la clémence , le nom français qu'il venait d'illustrer » par les armes ; il observa religieusement cette pro- » messe et ne connut point de coupables ; aucun d'eux » n'a péri , le vainqueur seul expira au milieu de ses » trophées. Ni la fidélité de ses gardes y ni cette conte- » nance noble et martiale , ni le zèle sincère de tant de » soldats qui le chérissaient, n'ont pu le garantir de )) cette mort déplorable* Voilà donc le terme d'une si » belle et si honorable carrière 1 C'est là qu'aboutissent » tant de travaux , de dangers, de services éclalans !
y* Un homme agité par la sombre fureur du fana-* - » tisme y est désigné dans la Syrie , par les chefs de l'ar- » mée vaincue , pour commettre l'assassinat du général )) firançais. Il traverse rapidement le désert, il suit sa » victime pendant un mois , l'occasion fatale se présente, » et le crime est consommé.
» Négociateurs sans foi , généraux sans courage , ce » crime vous appartient ; il sera aua|ji connu que voire ft défaite. Les Français vous ont livré leurs places sur la » foi des traités ; vous touchiez aux portes de la capitale , )» lorsque les Anglais ont refusé d'ouvrir la mer. Alors, )) vous avez exigé des Français qu'ils exécutassent un
26 LÉâ FASTES
» traité que vos allies avaient rompu 5 vous leur avez » offert le désert pour asile !
» L'honneur, le péril, l'indignation ont enflammé » tous les courages; en trois jours, vos armées ont été » dissipées et détruites; vous avez perdu trois camps et » plus de soixante pièces de canon ^ vous avez été forcés » d'abandonner toutes les villes et les forts depuis Da- » miette jusqu'au Saïd. La seule modération du général » français a prolongé le siège du Caire, ville malheureuse » où vous avez laissé répandi^e le sang des hommes dé- » sarmés. Vous avez vu se disperser ou expirer dans les » déserts cette multitude de soldats rassemblés du fond » de l'Asie : alors vous ave2 confié votre vengeance à uti » assassin.
» Mais quels secours, citoyens, nos ennemis alteny^ dent-ils de ce forfait? En frappant ce général victo- >r rieux, ont-ils cru dissiper les soldats qui lui obéissaient? » Et si une main abjecte sufSt pour faire verser tant de » pleurs, pourra- t-elle empêcher que l'armée française » soit commandée par un chef digne d'elle? Non, sans- » doate; et s'il faut, dans ces circonstances, plus que Jt des vertus ordinaires; si , pour recevoir le fardeau de » cette mémorable entreprise, il faut un esprit élevé » qu'aucun préjugé ne puisse atteindre, un dévouement » sans réserve à la gloire de sa nation , citoyens , vous » trouverez ces qualités réunies dans son successeur. Il » possédait l'estime de Bonaparte et de Kléberj il les » remplace aujouai'hui. Ainsi, il n'y aura aucune in- » terruption ni dans les honorables espérances des Fran- » çais, ni dans le désespoir de leurs ennemis.
» Armée, qui réunissez les noms de l'Italie, du Rhinr î^ et de PÉgypte, le sort vous a placée dans des circons-
ff tances extraordinaires; il vous donne en spectacle au » monde entier, et, ce qui est plus encore, la patrie » admire rotre sublime courage 5 elle cot^crera vos » triomphes par sa reconnaissance. N'oubliez pas que » vous êtes ici même sous les yeux de ce grand homme » que la fortune de la France a choisi pour fixer la des- ». tînée de Pétat ébranle par les malheurs publics. Son » génie n'est point cerné par les meis qui nous séparent » de notre patrie; il subsiste encore au milieu de vous; il >► vous aiiime; il vous excite à la valeur, à la con* » fiance dans vos chefs, sans laquelle la valeur est inu- » tile , à toutes les vertus guerrières dont il nous a » laisse tant et de si glorieux exemples. Puissent les dou- » ceurs d'un gouvernement prospère couronner les ef- » forts des Français! C'est alors, guerriers estimables^ » que vous jouirez des honneurs dus aux vrais citoyens; » vous vous entretiendrez de cette contrée lointaine que » vous avez deux fols conquise, et des armées innombra- » blés que vous avez détruites, doit que la prévoyante au- )> dace de Bonaparte aille les chercher jusque dans la » Syrie , soit que Pinvîncible courage de'Kléber les dissipe » dans le cœur même de l'ÉgypIe. Que de glorieux et )) touchans souvenirs vous aurez à reporter dans le sein î> de vos familles! Puissent-elles jouir d'un bonheur qui >> adoucisse Famertume de vos regrets ) Vous mêlerez » souvent à vos récits le nom^éri de Kléber ; vous ne le » prononcerez jamais sans être attendris , et vous direz : » il était l'ami et le compagnon des soldats; il ménageait » leur sang et diminuait leurs soufiFrances.
» 11 est vrai qu'il s'entretenait chaque jour àes peines )> de Parraée, et ne songeait qu'aux moyens de les faire » cesser. Combien n'a-t-il pas été tourmenté par le i-e-
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x> tard alors inévitable de la solde militaire ! Indëpendam- » ment des contributions extraordinaires, objet des seuls » ordres sérères qu'il ait jamais donnes, il s'est appliqué » à régler les finances , et vous connaissez le succès de i> ses soins. Il en a confié la gestion à des mains pures , » et désignées par l'estime publique. H méditait une or-- » ganisatîon générale qui embrassât toutes les parties du » gouvernement , la mort l'a interrompu brusquement » au milieu de cet utile projet. Il laisse une mémoire » chère à tous les gens de bien : personne ne désirait plus » et ne méritait plus d'être aimé. Il s'attachait de plus en » plus ses anciens amis ^ parce qu'ils lui offraient des » qualités semblables aux siennes. Leur juste douleur » trouvera du moins quelque consolation dans l'estime )» de l'armée et l'unanimité de nos regrets.
» Réunissez donc tous vos . hommages , car vous ne » formez qu'une même famille : guerriers, que votre pays » a appelés à sa défense; vous tous Français qu'un sort » commun rassemble sur cette terre étrangère , vos Y> hommages s'adressent aussi ^ dans cette journée, aux » braves qui, dans les champs de la Syrie, d'Âboukir et )> d'Héliopolisy ont tourné vers la France leurs derniers % regards et leurs dernières pensées.
» Soyez honorés dans ces obsèques, vous qu'une amitié » particulière unissait à Kléber, à Caffarelli ! modèle de » désintéressement et de vertus^ si compatissant pour » les autres , si stoïque pour vous-même.
ï> Et vous, Kléber, objet illustre, et diraî-je infortuné » de cette cérémonie qui n'est suivie d'aucune autre ^ » réposez en paix, ombre magnanime et chérie^ au mi- » lieu des monumens de la gloire et des arts ! Habitez une » terre depuis si long-temps célèbre j que votre nom
y^ s^anisse à ceux de Germanicus^ de Titus, de Pompée » et de tant de grands capitaines et de sages qui ont lais-^ )) se , ainsi que vous, dans celte contrée d'immortels sou* » yenirs. »
Un recueillement religieux succéda un instant aux émotions yives et profondes produites par ce discours. Les troupes défilèrent ensuite par pelotons et s'arrêtèrent devant le sarcophage qu'elles saluèrent d'une troisième décharge de leur mousqueterie à laquelle répondirent l'arlilierie de campagne^ celle des forts 9 de la citadelle et du camp retranché. Le cort^e se dirigea bientôt après vers le lieu désigné pour lé supplice de Soleyman et de ses trois complices»
' Dès le matin ils avaient été tirés de leur prison et on leur avait lu leur sentence de mort sur le seuil de leur cachot; les trois ulémas (1) étaient en proie à l'abattement du désespoir, Soleyman seul , conservait une attitude calme , imposante et pleine d'assurance f maudit par eux , irrité de leurs larmes , il ne semblait «'étonner que de leur pusillanimité; il les accabla de reproches, et son plus grand regret en quittant la vie, était, disait-il, d'avoir eu pour compagnons des hommes si faibles dans la foi , et si peu dignes de l'honneur • que le prophète leur avait fait, en les associant à lui dans un acte si glorieux pour l'islamisme. Les ulémas ne lui répondirent que par des sanglots et de nouvelles ipalé* dictions. L'exécution commença par eux ; ils eurent la tête tranchée sous les yeux mêmes de Soleyman ; cet horrible spectacle n'ébranla point sa fermeté, il le vit avec autant d'indifférence que s'il y eût été entièrement étran-
(}) Ministre dacuUemusulmao.
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5o LES FASTP5
ger. Quand son tour fut venu, et qu^on lui eut fait avan** cer la main sur un brasier ardent pour la brûler, il supporta cette douleur sans exhaler un soupir, le regard tourné vers le ciel , il ne laissa pas apercevoir sur son visage la moindre altération. Un accident imprévu lui arracha cependant une plainte : tandis que nouveau Scœvola, il voyait, impassible, l'action du feu sur son poignet, un charbon se détacha et roule jusqu'à son coude ^ So* leyman jette un cri perçant et demande qu'on lui aie et surcroît de souffrances. Près de lui était Barlolomeo-Ser— ra , le chef des Mamelucks qui avait sollicité et obtenu l'odieux privilège de présidjer à son supplice. « Quoi ! » dit ce barbare avec une amère ironie au jeune Syrien, » un homme tel que toi craint une légère douleur ; » qu'est-elle donc auprès de celle que tu éprouves depuis » plusieurs minutes avec tant de courage? — Chien d'in* » fidèle, répond Soleyman en regardant son bourreau » avec toute la fierté du mépris, sache que tu n'es pas » digne de m'adresser la parole! fais ton devoir et taîs- » toi. La douleur dont je me plains n'était point or- » donnée par la sentence que mes juges ont prononcée. » Quand les ch|^rs du poignet furent entièrement consumées, Bartolomeo fit les apprêts du pal. Nous épargnerons au lecteur le révoltant tableau des plus épouvantables tortures 5 Soleyman les subit avec un sang-froid imperturbable. Lorsque le pal fut exhaussé, ce jeune homme dont la figure se décomposait par les efforts mêmes qu'il faisait pour dissimuler ses tourmens, promena lentement ses regards sur les nombreux spectateurs de son agonie , et prononça à haute voix et très-intelligiblement en arabe , la profession de foi des musulmans : // n'y a point d'autre Dieu que Dieu, çt Mohammed (Mahomet )
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est son prophète. Il récita ensuite quelques versets du Coran et demanda à boire. Un soldat français qui était de faction auprès du pal et qui paraissait souffrir plus que le patient, allait le satisfaire*, mais le chef des Mamelucks l'ari-èla en lui disant : « Gardez-vous en bien , vous fe- » riez mourir à l'instant le criminel. » Soleyman resta vivant sur le pal pendant quatre heures, et peut-être celte affreuse existence se fut elleencoiys prolongée, si api*ès le départ de Bartolomeo et des autres assistans, un nouveau iàclionnaire, cédant, conjme le premier, à un mouvement de pitié , n'eût à l'aide d^un vase placé au bout de son fusil, présenté à boire au Syrien qui expira aussitôt qu'il eut avalé la liqueur (i).
Ainsi fut pi'éparé , consommé et expié un attentat , dont les suites furent -si &tales à l'établissement des Français en Egypte. Mais la justice des hommes n'avait pas atteint le plus grand coupable , et quand l'obscur Soleyman expirait dans les plus cruelles angoisses, le visir, premier instigateur du crime, se félicitait à Jaffa du succès de ses machinations , rendait sa faveur à l'aga Ahmed , et le récompensait magnifiquement.
L'assassinat de Klébera donné lieu à d'étranges divagations. L'esprit de parti en a fait Toccasion des impostures les plus absurdes, des calomnies les plus atroces; mais tout cet édifice mensonger , élevé par la haine et la ja-
(i) Le squelette de Soleyman, apporté en France par le docteur Larçey, est aujourd'hui dépose au Muséum du Jardin des plantes. A Tinspection du crâne de cette assassin , on est irappé de l'énormité de f une de ses protubérances; c'est celle qui , d'après le système du docteur Gall , est le signe caractéristique du fanatisme : ce physiologiste célèbre la décigvie , dans son ouyrage , sous le nom de protubérance de la théosophie.
lousîe , s^ëcroule devant la procédure de Soleyman. De , tant de conjectures , une seule n'a pas perdu de sa vraisemblance : ihest permis de croire que le gouvernement britannique ne refusa pas sa participation à un crime qui devait lui être si profitable. Quelques contemporains ont pensé que le disciple du fougueux Dundas , PAnglais Morier , qui possédait toute la confiance du visir Jussuf , avait pu seul imaginer de se défaire, par le poignard , d'un ennemi aussi i*edoutable que Kiéber. Les é?ènemens ont prouvé que la mort de ce géne'ral fut plus avant€(geuse aux turcs et à leurs alliés •, qu'une victoire remportée sur le champ de bataille. En perdant son chef, la colonie française perdit son principal soutien , elle marcha rapidement vers sa décadence, et cette expédition y jusque là si glorieuse, n'ofliût plus que l'affligeant ta-^ bleau des revers que l'impéritîe de Menou fit éprouver à la plus vaillante armée des temps modernes.
Si l'on excepte une seule grande renommée, Kiéber fut le premier homme de guerre de notre révolution. Il joignait l'exaltation d'un républicain au sang-froid d'un général , le savoir à la prévoyance , la vigueur à la beauté , et l'ejipressive fierté du regard à une voix dont l'éclat arrêtait les séditions et couvrait les murmures de son armée. Bonaparte disait de lui : t< Rien de plus ma" jestueuxque Kiéber dans un Jour de parade ^ mais aussi rien déplus admirable au fort d^une bataille ; c'est le soleil de Venthousiasme qui réchauffe et embrase tous les cœurs. » Habile à varier sa tactique et ses moyens, il savait les adapter à toutes les circonstances , et personne plus que lui n'était fécond en expédiens. Le général Caffarelli , qui , mieux que tout autre , avait été. a même d'apprécier Kiéber, disaitrun jour à un de ses
amis , en lui montrant ce général : « yiyyez^ous cet Hercule ? son génie le dévore.
Au milieu du tumulte des camps, Kléber dédaigna ces richesses qui sont des dépouilles. Ennemi de l'indiscipline j delà licence et des lois inhumaines , il déplora les excès dont se souillèrent les tyrans de la république ; m^is lorsque, sous un gouyernement plus doux, il vit la gloire de nos armes croître avec sa renommée , il ne respira Pardeur des combats que pour porter aux nations soumises le bienfait de cette liberté qu'il adorait. On Pa entendu exprimer le regret de n'être pas né sur un Irone d'Asie, pour y dire, lui seul, une révolution. Av«c tous les talens et toutes les vertus d'un grand capitaine , s'il n'eut jamais en Europe le commandement en chef d'une armée , c'est qu'il ne sut ni adoucir la vérité, ni pardonner les fautes des gouvernans : il osa dire qu'il Ëillait une opposition à côté d'une grande autorité. On s'offensa d'une telle franchise , on l'accusa d'ambition ; mais il était loin de convoiter le suprême pouvoir , et si ses services l'y eussent porté , il serait descendu du &ile des honneurs pour être ^ au second rang, l'égal par ses talens, et le juge par ses censures, de celui qui aurait commandé au premier.
A une époque, où , parmi nos guerriers, on remarquait plus d'élan que de subordination ^ Kléber réussit , par Pasceùdaht et l'énergie de son caractère , à faire approuver sa sévérité. Juste envers toiH le monde , il avait assez d'empire sur lui-même pour n'immoler le devoir à aucune considération : cette inflexibilité blessa Marceau. Un jour ce général désirant voir Kléber qu'il ne connaissait encore que par sa haute réputation , quitta sa division pour aller au-devant de lui, KleT)er reçoit les hommages de Mar- Tome V, 5
ceau d'un aîr froîd , et lui demande où est sa troupe ?, <( — A une lieue d'ici 5 rëpond ingénument Marceau. — * j» Eb bien ! reprend Klëber , alUzi tous remettre à- sa » tète ; ¥QUs n'auriez pas du vous en éloigner : ^près le » combat nous aurons le temps de nous voir, y^
Une autre fois Marceau j^ s'étant avancé çiyec pli^s d'ardeur que de prudence sur un pont ïi.éri.ss.é de chevauxde-frise et de canons, se trouve dans la situation la plus critique : il écrit à Klëber ^'^^^apêcher %ue l'ennemi ne le tourne. « M^^rceau est un jeune homme ,^ dit Klé- » ber, il ne suffit pas^ qu'il reconnaisse sa faute, il faut » qu'il la seule bien. » Et, en prenant des nflkesures promptes pour lui ménager une retraite , il lui laissa de vives alarmes sur le dîsinger où il venait de s'engager. De pareilles leçons humiliaient M3rçea,u avant de l'éclairer-, il sfen plaignit avec amertume. On sait comment il s'en vengea.
En l'an 5 , pendant uû armistice d'hiver , Kléber , solitaire à Coblentz , consacicâit ses jours et ses nuits à méditer sur les grands n^aîtres de l'art de la guerre. Il était enthousiaste de tout ce qui était hors des usages de son siècle. Dans une de ces soirées où il admettait deux ou trois officiers , après avoir plaisanté sm* la tactique uniforme et savante de l'Autriche ,' qui avait cédé au pas de charge et à la Marseillaise^ il prit un ton sublime , et , rappelant la manière de combs^ttre de tous les peuples qui ont bri|lé sur la terre, il dit : « On » s'est moqué de nos chants patriotiques : dsms une guerre » nationale comme celle que nous Ëtispus depuis sept ans, y> il n'est rien de mieux pour enfiammer le courage. Si » jamais je commande en chef une armée, je veux que, » dans chaque bal^llon,^ dans cfa^ue compagnie ^ il y
DE LA GLOraE. 55
yi ait des soldats à la yoix de Stentor y qui , au com- » mencement de l'action , entonnent des hymnes guer- )) riers. Cest ainsi que combattaient les Spartiates et ces » anciens peuples du Nord , qui couraient à la victoire , )> animés par les chants des Bardes. »
La statue de Kléber, de même que celle des plus illustres généraux morts pour la pAtrie , devait décorer le temple de la gloire , et près d'elle devaient être placés les bustes des cheft français, qui, pendant la mânorable expédition d'Egypte , ont péri le^ armes à la main. Les noms d^ con^p;agaons, et. des, émules de la vaillance* die Kléber dans tous les grades et dans tous les rangs de l'armée, devaieujt être gravés sur le marbre dU piédestal. Nous en donnons ici la liste, telle qu'elle fut dressée par ordre du goi;ivepnera.ent.
ARMÉE lyORIENT.
SUPPLiMBlïT AUX TABLES BX LA O'LOIRK^, Insérées au 5^ toI. des Fastes^ pa|;. 062 et suW. ^
Guerriers morts au champ d'honneur, après s'être si" gnalés ou en se signalant par des qctiqns ^ éclat.
Généraux*
'Bon (1), CaffareHi-du-Fàlga (2), .....
(1) Général de division, né à Valence département de la Drôme, tué à la létedes grenadiers qu'il comn^andait au siège de ^int-Jean-d'Àcre.
(2) Cafikrelli ( Louis-Marie-Joseph^Maximilien ) , général de dirtsion du génie 9 membre des Instituts de F»9i<}e et d'Egypte, né au Falgaj mort des suites des blessures <{a'il avait reçue» en-vi^itant la tVMicliée deyant Sant-Jean-d'Acrc. ' ^
Crestin (i), Dommartin (3), Dupuy (3), Lanusse (4),
Mireur (5), Bambeaud (6), Roi^e (7).
Chefi de brigade.
Barthëlemi (8), Boyer (9), Cazals (io>, Conroux (11), Desiioyer8(i2), Daplessis (i3), Duyivier (14), Masse (i5),
(I) Crestin (Simon) , général Ae brigade du génie, né à Gray, département de la Haute-Saône \ blessé mortellement à Aboukir. Four honorer sa mémoire, on donna son nom à Tun djÈi forts de cette yille. Cbef de batail-* l<m en 1797, il avait dirigé les travaux du siège de KiéIL Les talens ^'il
. déploya pendant l'expédition d'Egypte , le firent juger digne de succéder à Gafiàrelli.
' (2) Général de division. 11 débuta glorieusement au siège de TauloBy et mérita le grade de chef de brigade à Fafiaire d'Olioulles, servit avec distinction aux armées dltalie et du Rhin, passa à celle d'Orient, et mourut des suites des blessures qu'il avait reçues devant Saint-Jean-^'Aore.
(5) Dupuy (Simon), général de brigade, né à Toulouse, département de la Haute-Garonne; victime de l'insurrection du Caire le 1®' octobre 1798.
(4) Général de division, né à Habas, département. des Landes; mort à l'âge de vingt-sept ans des suites des blessures qu'il avait reçues à Aboukir.
(5) Général de brigade; tué par les Arabes , le 11 juillet 1798.
(6) Général de brigade; tué au siège de Saint- Jean-d' Acre.
(7) Se signala près du lac Madieh, le a5 {nUlet 1799. En 1801 , il com« manda la cavalei-ie française^, dans les combats contre les Anglais en avant d'Alexandrie. H était alors général , et trouva la mort dans le camp ennemi où son audace l'avait précipité.
(8) De la 69*^ de ligne; tué en soutenant une retraite.
(9) De la i8<> , Uessé mortellement au siège de Saint- Jean-d'Acre.
(10) Colonel du génie, égorgé dans un fort.
(II) Chef de la 88'^ mourut des suites d'une blessure qu'il avait re^ue. lors de la révolte du Caire.
(11) Voye% tome IV des Fastes , page 357« (i3) Tué le 3 mars 1799.
(i4) Voyez tome JV des Fastes, page 356.
(i5) Chef en second de la 3a* ; fut tué à.rattaque d« la porte de Rosttte en 1798W ^
Pinoa (1), le prince Sulkowski ( 2 ), Venoux ( 5 )•
jidfudans'-généraux*
Câmîn (4), Escale (5), Fouler (6), Grczleujc (7), Leturcq (8) , Nelterwold (9).
Chefs de bataillon et d^eacadron*
Croizîer (10), Detroyes (11), Doozelot (12), Foii-
(1) Chef du iS*' de dragons.
(2) Polonais, aide-de-camp dugâiâralen cbef Bonaparte; il se distingoa à l'assaut d'Alexandrie ,. et fut tué pendant la premiire révolte du Caire.
(3) npâîtsurlabrkhe & Saint-Jean-d'Alïe*
(4) Fut massacré par les Arabeaf pour honorer sa mé|Boirt on donna son nom à un fort»
(5) Qief d^état^major de la division KTâter, lort delà prise d'Alexan-^ drie, il commanda le fort d'Aboukir et perdit la rie* souales remparts "dé Saint- Jean^' Acre»
(6] H périt devant Saiot-Jean-d'AcKe- ,
(7) Ancien lieutenant-colonel de la l^ion cfes Fyrâiées. En 179^^ il s'était conduit vaillamment au combat de Thuir et du Blas-de-Serre f mort de Ta peste en Egypte^ ou il était sous-cbeT d'état-major*
(8) U se signala à. la bataille du mont Tbabor ^ ot i celle d^Aboukir oà il fut tué.
(9) Suédois d'origine f il était rundies|dua tntrépides^oiEcieri diB Farinée ; Murât et Mienou l'estimaient particulièrement»
(la) Aide-de-camp de Bonaparte; il «'était signalé* en Italie, et fut tué sur la brëche à Sain t^ean- d'Acre.
{11) H serrait dans l'arme du génie , et s'était sîgnalé^en 179^ > à la reprise de Laudirecies* II montra Ta plus grande bravoure au combat de Cbe*< breiss, et fut tué au siège de Saint-Jean*^Acrei il éuit alors chef d'état"major sous Ca^arelli.
(12) Frère du général de ce nom; après avoir fiiitavec la plus giande distinction, les campagnes de la Haute-Egypte à f état-major dejpésaix; il fut tué dans une attague dirigée sur Boolac*
telle (i), Godard (2)
C^itaiheê.
BuUiand (5), Gallois (4), Gcrbault (5), Gilbert (6), Guillet (7), Humbert(8), Mailly-Château-Renaud (9), Monpalris (10), Olivier (11), Pinault (12), Vernois (i5).
Lieuienana. ' Desnanotz (i4),'Giiibert (i5), Martin (16). . . .
(1) Chef ^'escadron 3 enchar^^eaDtaTecinttêpidité, il fut tuë dHin coup de sabre.
(2) 11 commandait le fort d'Aboukir ; attaqué, pendant l'flsaaut il se précipita l'un des premiers au-devant de Fennemi , et trouva un trépas glorieux.
(3) Capitaine de carabimers, tiié daixs'Benoulb où il s'était s^alé.
. (4) Massacré par les Arabes le 18 juillet 1798, près le bourg d'AIkam.
(5) Officier d'étal^mafor , tué sur la brèche k SaimJean-d'Âcre.
(6) Du 3^ dragons , tué au combat de Loubi en Syrie , 1799.
(7) Tué à l'assaut de Saint-]|^n-d'Acre , en marchant à la tête de sa compagnie de grenadiers.
(8) De la 210 légère, tué l rafiaire du 8 octobre 1798, au village de Sediman.
(9) Officier d'état-major d'une grande espérance ; il fut tué en guidant ime colonne d'assaut à Saint-Jean- d'Acre. H voulait venger son frère à qui r^ezïar-Pacha avait fait tranchèlr la tite.
(10) Officier d'état-major.
(^1) Officier d'état-major.
(12] Officier d'état-major , périt devant Sainv-JeanHl'Acre.
(l3) Furcy-Yemois , né à Lagny, département de la Marne, servait dans l'arme du génie. Il déploya une valeur extraordinaire à l^ssaut de Jafia et devaut Saint- Jean-d'Acre ; il mourut- des suites de ses blessures au retour de la camfÀgne de Syrie. lia gravure a immortalisé les traiu de ce guerrier.
(i4) Officier d'état-major, fut massacré parles Arabes.
(i5) Neveu du génâral de ce nom, et aide-de-camp de Bonaparte.
(16) Retiré avec un détachement de soixante hommes> dans une mosquée de la vîHe de Damanfa<M: , â préféra périr dans les flammes phitôt que de se rendre.
DE LA GLOIRE. Sq
Parmentier (i) • .
Les noms des ingénieurs dei pMts et cfateiussées ^ Duval et Tbévrenot , qui périrent de la mort des braves , étaient les derniei^ de cette colonne funéraire.
Guerriers bleeeés avant, après, ou pendant une action d'éclat.
Généraux.
Belliard (2), Pugîères (5)^ Lannes (4), MeuM (5), Vaux (6).
Chefs de brigade.
Beaudot (7), Maiigrâs (8), Morangiez (9).
(1) BèU 61* demi-ï^ri^ade^ ftii lue prè» de Rahmaniéh, le la futUet
(2) Le comte Belliard, aujourd'hui lieutenant-^âiâral.
(3) Chef de brigade, il se sl^all en l^iiisàe au combat de liiT^uenek; tprès aToir donne les plus grandes preuves de courage en Egypte , il est mort en 1812, gouverneur de là succursale des Invalides à Avignon.
(4) Voyez toma ï" dèk Fastei , page Sa.
(5) Général de division. Il entra le premier dans le fort d'Alexandrie, «près avoir reçu sept blessures; il est mort en 1810, grand officier de la ié- ^on-d'honneur et gouverneur de Venise.
(6) Général de brigade , blessé dangereusement devant Sunt-Jeand'AcK j il servait en France pendant la guerre de i6i3.
(7] Aide-de-c&itap têhe Klébisr ; envojé auprès ée lifMn^^^ha ^i avait demandé à capiialer, il fiit atèailli par léé Turcs, l<$e»blé d^oiitràtges, blessé ata bra» et & la t6te, et t«tt!iitt en dtage pô«r Mostapltt-Picha et Assem-A|^/ ^i étaient alors au quartier-général fmnçats.,
(8) 'Commatidtini la 76" ; hlèssé dans là rérohe du Gaàne. ,
(9) Morangiez (Jéa'ïi-Baptiéte), né à Brioude ( Haute Loire ) ; aujourd'hui baron, commandant de là Legiôn-d'bonneur et retraité comme général de brigade. Il avait fait avec distinction toutes 1^ campagnes 'de ht
4o LES FASTES
Adjudana^généraux.
Al:meyras(i), Motard (2).
Chefs de bataillon et d'escadron^ Bertrand (3) ^ Brun (4), Destrées (5), Dorsenne-Le- Ijayge (6) , Maslin (7), Sabathier (8) , Samson (9).
Capitaines.
Lacuée ( Gérard ) ( 1 0)»
révoluticAi lorsqu'il passa en Egypte ; blessé au bras gauche à la bataille d'Alexandrie^ il perdit le bras droit à celle d'Aboukir.
(1) Aujourd'hui lieutenant-général ; il fut blessé en 1800 à l'attaque da quartier Gopfate de la Yille de Boulac.
(2) Aujourd'hui baron, et capitaine cEb yaisseau ; il éuiten i8i4, major de l'équipage des marins de la garde. Blessé à Aboukir^ il se signala dans plusieurs occasions périlleuses.
(3) Servait dans l'arme du génie ( poyez son article tome IV de» Fastes, page i5o) j il fut blessé près d'Aboukir.
(4) De la 22» légère.
(5) Chef d'escadron du 7® de huMards. Dans une seule action il reçat vingt blessures.
(6) V(^ez tome IV des Fastes page 181.
(7) De la i3® de ligne, reçut vn coup de poignard en enlevant la tranchée faite par l'ennemi au bas du Santon.
(8) Aujourd'hui baron et inspecteur général du génie. H fut blessé à l'attaque du village d*El-Arich.
(9) Aujourd'hui comte et lieutenant-général du génie, en solde de retraite.
(10) Tué à l'attaque des ponts sons G-unzbourg , le 9 octobre i8o5 , à la tête du 69^ régiment d'infainterie de ligne dont il était colonel. En Egypte il avatf été blessé en entrant au Caire. La ville d'Agen , dans le département de Lo^etr'Garonne , s'honore d'avoir donné naissance; à tet officier., dont une rue de Paris porte le nom! Antoine Lacuée frère de Gérard Lacuée , est mort colonel du 63* régiment de ligne; fl fut tué à la bataille d*Eylau, après avoir été blessé deu^L fois et être revenu au feu , malgré les chirur* giens qui voulaient le retenir à l'ambulance. ( Voyez tome II des Fastes , pages 111 et 112. )
DE LA GLOIRE. 4i
SouS'Ueutenana.
MoHdor(i), MontIeger-Valat(2).
Administration militaire.
Le commissaire ordonnateur Sucy.
Guerriers qui, sans verser leur sang pour la patrie , contribuèrent par une conduite héroïque oupar debril" lans seri^ices y aux trionipbes de V armée d? Orient.
Généraux.
Andrëossy (3), Berthier(4),Damas(5), Darmagnac (6)^ Désaix (7), Destaing (8) , Donzelot (9), Dugua (10), Alexandre Dumas (11)/ Félix Dumuy (12), . / . .
(i) De brillans- «xploits le firent remarquer pendant le siège de Saint- Jean-d'Âcre.
(3) Sa conduite pendant le siiége de Saint-Jean-^* Acre ^'lui yalut plusieurs mentions honorables.
(3) Alors général de brigade , aujourd'hui comte et lieutenant-général d'artillerie.
(4) Alexandre Berthier, prince de Wagram, de Neufchâtel et de Valengin, Yice-connétable du royaume, (général. de division en Egypte, il y remplitles fonctions de chef d'étav-major de l'armée, et rendit de grands services pendant toute la durée de la campagne. En i8i5 , le prince Berthier a été assassiné à Bamberg en Bavière , où il s'était retiré. ■
(5) Aujourd'hui lieutenantr-général et l'un des inspecteurs généraux de la gendarmerie. En 1796 , il fit la campagne d'Allemagne^ fit partie de l'expédition d'Egypte, et se signala dans plusieurs occasions 5 il commandait une diyision pendant la guerre de Russie.
(6) Aujourd'hui baron, lieutenant-général ^ commandant da-la 20® division ^plitaire.
(7) Voyez tome II des Fastes , page 335.
(8) Voyez tome IV des Fastes, page 290.
(9) Général de division.
(10] Voyez lome IV des Fastes , page 126.
(11) Général de division , que plusieurs biognqihes ont confondu avec le général Mathieu Dumas.
(12) Aujourd'hui lieutenani.général et comte , chevsJier de Giacinnatus, grand officier de la Légion-d'honneur , etc.
Fattltrîer (i), Priant (2), Lagrange (3) , Leclerc (4), Manscourt (5) , Marmont (6) , Murât (7) , Rampon (8), Reynier (9), Robin (10), Songis (11), Vaubois (12), Verdiev (i3), Vial (i4), Zayonscheck(i5).
Adjuàans-gènéraux.
Beau vais (16), . .' . ........
, . (1) Gënëral de brigade d'artillerie.
(2) ^o;/fZ tome II des Fastes , page »36.
(3) Aujourd'hui Ueutenant-géuéral et otmte, inspecteur général de gendarmerie.
(4) T^ycz tome TV" des Fastes, page 197.
(5) Général de brigade.
(6) Aujourd'hui duc de Raguse , maréchal de France , etc. , etc.
(7) L'ex-roi de Naples.
(8) Voyez tome II des Fastes, page 168.
(g) Vàyez tome IV deç Fastes, pa^c 24i.
(10) Général de division, actuellement en solde de retraite.
(1 1) n était premier inépecteur général d'artillerie, lorsqu'il mourut le 27 décembre 1809.
(13) Le comte de Vaubois, aujourdliui lieutenant-général et pair d« Franèe.
(i3) Y«r«li«r, aujourd'hui cohite, lieutenant-général, pair de France, grand cordon àe la Légion-d^honneur.
(i4) Général dk division.
(i5) Général polonais au service de France j il est aujourd'hui vice-roi de Pologne ; avec le titre de prince.
(16) Beauvais (le baron ^ Charle»-Théodore), aujourd'hui inaréchal-decamp , chevalier de la Légion-d'honneur et de Saint-Louis né à Orléans , d^artement du Loiret , le 8 novembre 1792.
En 1792, Beauvais partit comme simple soldat; il devint successivement sous-lieutenant et lieutenant. En mai 1793, il se signala a la bataille de Famars, et y fut blessé., {l montra la 'même bravoure au siège de Valenciennes , où sa belle conduite lui valut le gi ade de chef de bataillon adjudant-général. Il fut employé en cette qualité aux armées du Nord , d'Iulie et à'Orient. Pendant l'expédition d'Egypte il se fit souvent remarquer ; mais ayant osé prendre la défense de son ami, le chef dcMbataillon Calmet de
BeauToisins , iDJustement destitua, il tomba lui-iB^me dans la disgrâce de Bonaparte, dont il reçut sa démission. U s'embarqua alors pour revenir en Europe, fut pris par un corsaii-e barbaresque , livié à Taiviral turque devant Corfou, et envoyé par celui-ci à Constant! nople, où il fut détenu pendant vingt-huit mois dans le château des Sept-Tours , avec la légation française et plusieurs offieiers-généraux. Echangé en 1801 , il rentra en France , obtint sa réintégration dans le cadre de Tétat-^major , fat disgracié une seconde fois pour avoir pris parti dans une que]:elle entre Te général Beynîer et le général Menou , et se vit alors réduit à accepter , dans les contributions indirectes de la ville de Paris , un emploi qu'il conserva jusqu'en 1809 j époque à laquelle il reprit du «ervicc à Tarmée formée sous Anvers. Il fut ensuite chef d' état-major sous le général Latour- Maubourg qu'il suivit en Espagne ; passa à la grande armée d'Allemagne et y fut nommé baron et général de brigade le 5o septembre i8i3. La campague sur le Rhin lui offrit quelques occasions de se signaler : ce fut lui qui^ le 5i octobre, enleva avec quelques soldats la place de Nen«8, dont les alliés s'étaient emparés par surprise. (Fb/. t. V àes Faites, pag. 355]. Mis en disponibilité sous le gouvernement royal , le général Beauvais ne fut appelé à Servir activement qu'en avril i8i5 , où il fût envoyé dtos la Gironde sous les ordi-es du général Clausel. Bans ces fours d'allàrme , il commanda en avant de Baycmne et sur la Bidassoa, tkne avant-garde composée des 3^ légers et 94*' de ligne. Le i3 juillet di» la même année, il fut compris dans le licenciement général opéré par les commissairea extraordinaires du roi. 1
Le général Beauvais est le principal rédacteur de l'important ouvi^age des Victoires et Cen^i^tfVtf^.ll travaille aussi à un journal miliuire.
Historien de la gloire nationale , c'est sans doute à ce titre qu'il a encouru l'animadversion des auteurs de la Biographie des Hommes yipans. On comprendra sans pei«e que les vils ^t criminels ai'tisans de la diGPamation aient voulu flétrir de leurs impostures, l'excellent citoyen qui, le premier , eut la noble pensée de rassembler, eu un ûiisceau, les lauriers de notre révolution, mais on ne s'expliquera que par le m^tif d'une haine personnelle; la malveillance et la perfidie avec lesquelles est rédigé l'article Beauvais , dans la Biographie nouvelle des Contemporains» Des écrivains qui se vantent de leur patriotisme et de leur impartialité, auraient dû, il nous semble, traiter avec plus dejnstîce un officier «général,^!, par son caractère, ses services , ses travaux et ses talens, s'est Montré digne de l'estime de tout bon Français.
Boytr(i), Bribes (2), Desvaux (5), JulUen (4), Mac- Sëchi(5),Rabasse(6).
> Chefs de brigade.
Besiières (7), ^Eppler (8), Junot(9), Lacroix (lo), Lambert (11) , Lasalle (12) , Latôur-Mauboarg (Victor) (i5), Lalourneiïe (i4), Lefebvre (i5) ,* Magnier (16), Nicolo-Papas-Oglou (17}, Silly (18).
(1) Boyer (Pierre) , au jourd'huî lieutenant-général ; né àBéfort.
(2) 11 donna de fréquentes preuves de courage , notamment en yeillant à la sûreté du canal d'Alexandrie alors navigable. ■'
(3) Desvaux , au joinrd'hui baron et lieutenant-général <»} retraite.
(4) Commandait la place de Rosette en juin 1799 , il se concilia^ restime et Vamitié des babltans de cette ville.
(5) Se signala à la prise de Boulac. '
(6) En 179^, il était chef d'escadron au 3^ dragons, et s'était fait re^ marquer dans une expédition conti'e les Bédouins. Devenu adjudant-g^ néral en 1799 , il se distingua de nouveau en poursuivant la cavalerie de Mourad vert VOasîs.
(7) Maréchal de France et duc distrie ; tué le i«' mai z8t3 , I» veille de la bataille de Lutzen. D comnoandait en Egypte les guides du généi^ en chef Bonaparte. , '
(8) Aujourd'hui général de brigade en retraite.
(9) ^oy^"^ tome IV des Fastes , page 35i.
(10) En 1801 il commandait à Ramanhieh deox cenu hommes , à la tête desquek il fît des prodiges de valeur*
(11] Du li*' dragons.
(12) ^oyes tome !<''' des Fastes /page 399.
(i3) Aujourd'hui lieutenant-général, gouverneur des Invalides et pair de France. Il était aide-de-camp de Kléber .
(i4) Servait dans la division Désaix.
(i5) Devint général de l^ig;ide en 1801 ; fit en 181 1 la guerre en Espagne , et se trouva le a4 juillet ^ même année , à la prise du mont Serrât.
(16) De la 22« • il se signala à la prise du fort d'Aboukir.'
(17) Chef de la légion grecque en Egypte.
(18) Se signala au combat d'Ëmbabeh.
Chefs de bataillon et d'escadron*
Calmet Beauvoisins (Eugène) (i), Delzons (2), Deslonges (3) , Duranleau (4), Duroc (5), Eberlé (6), Gayon (7), Lazouskî (8), Morand (9), Redon (10),
(1) Officier, d'état - major ^ commaDdaDt de ]^ place de Belbeys, capitale de la pTovince de Chargieh. Chargé /en 1798, de porter à Achmet- Djezar, pa^a d'Acre, une lettre par laquelle Bonaparte l'engageait à con- . serrer des rdations de paix et de bonne intelligence avec les Français ; il ne put obtenir audience , et fut disgracié à son retour au Caire. Atteint de la maladie ophtalmique si commune en Egypte, Beauvoisins qui, d'ailleors avait été destitué, dut revenir en Europe : pendant la traversée il fiit pris par let Turcs, qui le conduisirent à Constantinople et l'enfermèrent aux Sept-Tours où il fut détenu avec son ami Beauvais jusqu'au commencement de 1801. Après vingt-huit mois de captivité les deux prisonniers furent relâchés ; le chef de bataiUon Beauvoisins est mort an service de Napies en 1807.
(a) Mort général de division le a4 octobre 1812, il j^erdit la vie à la bataille de Malo-Jaroslanvetz.
(3) De la 25<> demi-brigade; officier distingué dont la }iatttc valeur servait ^exemple aux soldats sous ses ordres.
(4) Daranteau(Luc)y devenu général de brigade j il servait en Egypte dans la 32^ de lign e.
(5) Duc deFrioul^ général de division, grand maréchal du palais , etc, D était alors aide-dc-camp de Bonapaite; il fut emporté par un boulet , la 22 mai 1813 dans les champs de Bautzen.
(6) Aajourd'hiii maréchal de camp, commandant de la Légion-d'hon-' neur. ( Voyez tome l"** des Fastes , page 298].
(7) Aujourd'hui maréchal-de-camp.
(8) n servait dans l'arme du génie , et se signala au combat de Ghebreiss.
(9) Morand ( IrC comte Louis - Charles - Antoine - Alexis ) , âujourdliui lieutenant-général , en retraite dans le département du Doubs.
(10) D servait dans la4<' légère; le 29avrU 1799 , avec un bataiUon de sa demi-brigade , trois compagnies de grenadiers et deux pièces de canon , ^aiuquales hordes innombrables d'El-Mobdhy , lutu contre elles pendant cmq henres , et effectua ensuite sa retraite dans le plus grand t>rdre.
Ruly;(i), SIcre (2), Tarayre (3) , Tirlet (4) , Yallette (5),
Vinache (6).
Capitaines,
Arrighi (7), Attahoux (8), Bachelu (9), Barthe (10) , Beauh^rnais (Eugène) (11), Beaumont (12) , Clément de la Roncière (i5) ,
(I) Aujourd'hui lieuteuant- génëral et comte , inspectei|r - général d'ao-tillerie, ^
(2) En 1799 il commandait la ville de Suet.
(3) Le, baron Tarayre , aujourd'hui lieutenanl-général en non-actirite , et Fun des plus zélés défenseurs de nos libertés à la Chambre des représeutans. 11 servait en Egypte dans la 85^ demi-brigade d'infanterie de ligne.
(4) Aujourd'hui le baron Tirlet , lieutenant-géuéral d'artillerie , employé comme inspecteur général de l'arme^ Il était chef d'état-major d'artillerie à l'armée d'Orient.
(5) De la 21^ demi-brigade légère j fut mentionné honorablement pour sa conduite à l'affaire de Sediman : il se signala contre Mourad-Bey.
(6) De l'arme du génie. Le 23 août 1794, il s'était distingué comme lieutenant a^ la prise du fort de l'Ecluse. En 1795, il avait fait avec gloire la campagne d'allemagné : nommé chef de bataillon , il passa à l'armée d'Egypte où il rendit de grands services. En mars 1801-, lors du débarquement des Turcs , une Êûble gamiàon sous ses ordres défendit Taleureusementlefort d'Aboukir, qu'il ne rendit qu'après avpir épuisé tous les moyens de résistance.
. (7] Duc de Fadoue, adjoint à l'état-major de l'armée d'Orient, il se signala aux. combats d'El-Henka et de Salahieh.
(8) Se distingua , sous les ordres du général Bon , à l'affaire d'Embabeh , en 1798.
(9) Aujourd'hui lieutenant-général ; il appartenait sJors' à l'arme du génie, et se signala particulièrement dans une affaire contre Mourad-Bey.
(10] Se signala à l'affaire d'Embàbeh , sous le commandement du gén»»-. rai Bon. "»
(II) Voyei l'ai^ticle Beauharnais^ tome IV des Fastes, pag« 1.
(i2j Beajumont (le comte Octave de), aujourd'hui colonel du 18* régiment dç cbass^urjS à cheval ; il était alors aide-de^camp de Davoust.
(i3) Aujourd'hui général^ il était alora-'aide-de-camp du général. Dessaix , el se ^^urtput remarquer à la pria» du village de Samanboud.
Colbert (i), Doguereau (2), Douhard (3), Gasquet(4), Geoffroy (5) , Gix-ard (6) , Gressjn (7), Guesin (8) , Joabert (9) , Julien (Antoine) (10) , Labarre (11) , Lagarde (12), Lamy (i5) , Laplane (i4), Laprade (i5) , Lurges(i6),
(1) Colbert ( Auguste ) , mort général de brigade en Espagne. En Egypte, âs'éuit signalé à Fattaquedu village dç Salahieh.
(3} aide-de-camp , , il se distingua dans un engagement partiel p^ès de Chebrefss. Devenu colonel , il assista , le 9 août 1809, ^ ^^ ^^M^>V^ d'Almonacid ; il était y à cette époque , chef d'état-major de Fartillerie à l'armée d'Espagne.
(3) Il servait dans l'artillerie , et fut cité par sa conduite courageuse à la bataille des Pyramides.
(4) Aide-de-camp du général Bon; il se distingua en Egypte , à Taf* faire d'Embabeb. Devenu adjudants-commandant , il était , en- 1809 , chef d'état-major de la division Gazan en Espagne.
(5) De la 61^ demi-brigade ; il se signala , le 8 octobre 1798, au village de Sediman.
(6) Se distingua à l'affaire d'Embabeh.
(7) H fu^ cité honorablement dans les rapports de Tadjudant-général Donzdot.
[fS) n était aide-de-camp , et se signala dans un enga^gçn^ent partiel près deChebreiss.
(9) De la 85® y il mérita les éloges du général Reynier , ppur sa bdle conduite à /'attaque du village d'El-Arich.
(10] Voyez tome II des Fastes , page 25^.
(11) n était aide-de-camp du général Davoust , et fut meiitionjpé honorablement dans le rapport du général Désaix^ sur l'affaire d'E^jçdïalie^
(1^) Aujourd'hui maréchal-de-cainp , mentionné bonpralpfemfint pour sa conduite dans une affaire contre Mourad-Bey.
(i3) Aide-de-camp du général Renier, se dîstiqgua à la, tâte de deux bataillons des 9*^ et 76*^ demi-brigades^ à l'affaire diji village d'El-Ariçh.
(i4} Auiourdliui baron et lieutenant- général.
(i5} Il se fit remarquer, le 8 mars 1799 > ^^^® ""^ action ai^-de^ous Ju village de Kous.
(16) Signalé ; par le général Bon , pour sa conduite à Embabeh. .
Maury (i), Millet (2), Monlélëgier (3), Picot (4), Rapp (5), Real (6), Renaud (7), Sacrost (8), Seguenot (9), Sliller(io) , Teinturier (11).
Lieutenans.
Horman (12), Joubert (i3), Malet (i4), Maréchal (i5), Mîlhot (16), Nicolier (17).
(1) Aide-de-camp du général Dupuy; pendant la révolte du Caire, il défendit son général ayec la plus grande intrépidité.
(3) Aujourd'hui baron et général de brigade , il servait en EgyP^^^ -comme aide-de-camp du général Reynier.
(3) Montélégier ( le vicomte de ) , aujourd'hui maréchal-de-camp ; il , servait en Egypte en €[ualité d'aide-de-camp du général Davoust.
(4) Appartenait à Tarme du génie; le 13 juillet 1799 ' ^^ '^ ^' remarquer dans une reconnaissance qu'il fit de l'armée turque sur le bord de la mer.
(^) Il était &ide-de-camp de Désaix ( F'oyez son article , tome II des Fastes , page 285. ) »
(6) Aveq deux compagnies de grenadiers de la 9*^ demi-brigade d'in* &nterie légère , il enleva le village de Matarieh.
(7) Le 16 mai 1799 ^ ^ ^ ^^^ ^^ ^^^^ cettts hommes , il se distingua dans un combat contre les Mamelouks , près de la ville d'Assouan.
(8) De la 21*^ demi-brigade: il déploya le plus grand courage à l'afikire de Sédiman.
(9) n combattit vaillamment à Embabeh ; le général Reynier demanda pour lui le grade' de chef de bataillon.
(10) Il se couvrit de gloire à Embabeh.
(il) Etait aide-de-camp de Junot; il fit de» prodiges de valeur au combatte Loubi.
(12) Le général Désaix le regardait comme l'un des plus braves officiers de l'armée.
(i3) De la 88<^ demi-brigade. ( Foyet tome II des Fastes , page 236. ]
(i4) Se signala à l'affaire d'Embabeh.
(i5) Se signala à l'affaire d'Embabeh.
(16) Se signala à l'afiàire d'£mba]beh.
(17] Il tint «me brillante conduite, le 8 octobre 1798 , au village de Sédiman^
SouS'LieUtenans, Ancelin, Chesnet.
Sous-Officiers.
Bonnet (1) , Bontemps (2) , Brachel (5) , Brueys (4) , Buret (5), Caire (6) , Decamps (7), Franquet (8) , Germain (9), Hébert (10), Jérôme (11) , Kaiser (12), Labruyère (i5), Lacroix (i4r) , LafBn (i5) , Lambert (16), Lamotfe (17) , Larchevêque (18), Lefoit (19)) . . . .
(i) De la g<^ demirbrigade^ montra une rare inulpiditë à la prû^du fort d'El-Aricb.
(2) De la g^ demi-brigade , se sigmia devant El-Aricb.
(3) Déploya une grande audace dans l'assaut d'El-Arich.
(4) Sergent à la 9' demi-brigade , se distingua à l'assaut d'Alezandr^.,
(5) Caporal à la 9' demi-brigade^ fit briller son courage devant El-Aricb« (6; Aujourd'hui chef de bataillon , en retraite , officier de la Légiond'honneur. D fit toutes les guerres d'Italie dans les guides à pied du général en chef Bonaparte ; se signala dans la campagne d'Egypte , et ensuite . dans la garde impériale. Le chef de bataillon Caire, que ses blessures empêchèrent de servir activement , a long-temps été employé à 4'école de la Flèche.
(7) Maréchal- des-logis de dragons , mérita les éloges de Junot> pour sa conduite k la bataille du mont Thabor.
(8) Sergent major, se distingua au combat de Loubi.
(9) Sergent-major , montrala plus grande intrépidité devant £l-Arich. • (10] Caporal, monta Tun des premiers à l'assaut devant Alexandrie ^
et fut promu , par le général en chef, à un grade supérieur.
(11) Sergent , se signala par un grand nomiire d'actions d'éclat,.
(12) Sergent- major , se fit remarquer devant £1-Arich. (i3) Il s'hcmora par des actions^bfa^ïques.
(i4) Caporal , se signala, par son intrépidité, au combat de Loubi. (i5] 11 s'élança des premiers dans les retranchemens d'El-Arich.
(16) Sergent-major^ combattit vaillamment à£mbabeh«
(17) A £1- Arioh , il donna l'exemple à ses camarades.
(18) Caporal, se distingua à l'assaut d'Alexandrie , et fut promu ^ par le général en chef , à un grade supérieur»
(19) Sergent à la i3^ demi-brigade , se signala et fut blessé à Vatiaque du village de Schouara.