BALLET
à Gustave Morenu.
En casques de cristal azur, les baladines^ Dont les pas mesurés aux cordes des kinnors Tintent sous les tissus de tulle roidis d'ors, Exultent de leurs yeux pâles de paladines.
Toisons fauves sur leurs lèvres incamadines, Bras lourds de bracelets barbares, en essors Tentants vers la lueur lunaire des décors, Elles murmurent en malveillantes sourdines :
" Nous sommes, ô mortels, danseuses du Désir, Salomés dont les corps tordus par le plaisir Leurrent vosbeurs d'amour vers nos pervers arcanes.
Prosternez-vous avec des bosannas, ces soirs ! Car, surgissant dans des aurores d'encensoirs, Sur nos cymbales nous ferons tonner vos crânes. „