‹ Les fausses enviesChapitre 17 sur 23 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LES MESMES, MOINS LE MAISTRE; LÉANDRE, déguisé.

Isabelle.

Que je suis malheureuse ! Quoi, je ne pourray avoir ce que j'aime !

Cille.

Morguenne ! aussy vous avez de drosles de fantaisies ! Calville rouge I . . .

LÉANDRE

Plaist-il, mon amy ?

GiLLE.

Je ne parle pas de vous, Monsieur.

LÉANDRE

Pourquoy donc m'appelez-vous ?

GiLLE.

Moy? je n'y pense pas.

LÉANDRE

N'avez-vous pas dit : Calville rouge ?

GiLLE.

Ouy.

Eh bien ! c'est moy ; me voilà.

GiLLE.

Comment, c'est vous ?

LÉANDRE

Ouy, mon amy, je m'appelle ainsy. ^

GiLLE.

Parlez donc, nostre maîtresse ! J'ay encore vostre affaire : en voilà un calville rouge.

Isabelle.

Où est-il ?

LÉANDRE

C'est moy, Mamezelle, qui ay cet honneur.

Isabelle.

Je ne vous comprends pas.

GiLLE.

Je vous dis que ce Monsieur a votre affaire.

Isabelle.

Monsieur a du calville rouge ?

LÉANDRE

Ouy, Mamezelle, fort à vostre service.

Cille.

Ne seroit-il pas l'arbre et le fruit ?

Ah ! si cela est, Monsieur, entrez dans ma maison et venez contenter mon envie.

LÉANDRE

Je n'ay jamais esté rétif, Mamezelle, à l'envers du beau sexe, quand il s'est agi de luy rendre service, et j'obéiray volontiers à vos ordres.

(7/5 entrent.) Cille.

Voilà un garçon bien civil et bien obligeant.

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