ACTE II
l'incapacilc en personne. C'est une affaire coulée, une perte sèche pour les actionnaires.
PÉPONET.
Cela vous coûte cher ?
LECAUDOISliL.
Quo voulez-vous? les affaires se suivent et ne se ressemblenl pas. Le point essentiel est que le chiffre des bonnes dépasse celui des mauvaises.
BASSECOURT. *
Enfin, vous perdez vos cent mille francs?
LECARDONEL.
F'as tout à fait; car, après tout, on peut encore se défaire de ses actions : une maison rivale qui veut sans doute liàler la ruine de la compagnie de la Lune, fait acheter à vil prix... dix pour cent. Ma foi! j'ai vendu. Mieux vaut cela que rien.
ANATOLE
Vous avez bien fait.
PÉPONET.
C'est évident; il faut savoir faire la part du feu.
EDGARD
Surtout quand il s'agit d'une assurance contre l'incendie.
(Ou ril. ) BASSECOURT, à Anatole.
Est-ce que vous perdez aussi, vous?
ANATOLE
Rien! Je n'avais pas d'actions.
EDGARD
Monsieur Anatole est si fin, si rusé !
ANATOLE
Monsieur. . .
Non! vous possédez une intelligence désespérante. C'est à faire frémir... (a péponet.) Ah! monsieur Anatole fora un mari précieux, (a Bassecoun. ) N'est-ce pas, monsieur Uassecourt? ***
PÉPONET, il part.
Au fait, j'ai peut-être été un peu vite.
BASSECOURT.
Parbleu!...
* Péponet, Lecardonel, Bassecoui-t, Anatole, Etlganl. ** Lecardonel, Péponet, Bassecourt, Anatole, Edi^ard. **! Lecardonel, Dassecourt, Péponcf, Anatole, Ldgard.
ITDGARD.
Un avenir magnifique, une santé florissante...
liASSECOURT.
Et c'est un point essentiel; car enfin un mari malingre est tiujours'' un êlrc fort désagréable. *
EDGARD
Et avec monsieur Anatole, il n'y a pas cela à craindre.
BASSECOURT.
Un teint de lis et de rose, une apparence magnifique.
EDGARD
Je sais bien qu'il ne faut pas toujours se fier à ça'.
BASSECOURT.
C'est vrai. J'ai connu un jeune homme qui paraissait se porter aussi bien qu'Anatole, et pourtant il est mort de la poitrine au bout de moins de deux ans, ce qui a mis même son beau-père dans une position fort désagréable... Ce jeiuie homme s'occupait d'aflaires, tous^ses capitaux élaient engagés... lui mort, les opérations restèrent suspendues, elles périclitèrent, et en fin de compte, le beau-père fut obligé de sortir de l'argent de sa caisse pour l'honneur du nom.
PÉPONET.
Vraiment !
BASSECOURT.
Et vous jugez comme c'est désagréable.
EDGARD
Voilà ce que c'est que de prendre un gendre poitrinaire.
(Lecariioncl monte au tond.) PÉPONET, se retouiuanl vers Anatole.
Dame!... il a raison, savez-vous?
ANATOLE, saluant.
. Mais je me porte à merveille, moi.
PÉPONET, s" éloignant. **
Ma foi, je n'en sais rien.
ANATOLE
Mais il me semble...
BASSECOURT.
Oui, oui, c'est évident... il n'y a qu'à vous regarder!...
* Lecardonel, Bassecourt, Péponet, Anatole, Eclgard. •* Lecartlonel, Péponet, Bassecourt, Anatole, Eclgard.
ACTK II m
EUGARDj :i Biissocoint,
Seulement, il y a dans le globe de l'œil une toiiile jaunâtre.
BASSECOUKT, le logonlant lon-ucnii'iil.
Tiens! liens! tiens!... attendez donc... ma's c'est ma foi vrai^ je ne l'avais pas encore remarqué!
ANATOLE
Connnenl?
EDGARD^ à pari.
Je joue assez bien du Bassecourt, niui !
BASSEÇOURT.
À (tendez donc! ces couleurs si tVaîches, c'est quel.iiu'l'oi.s mauvais signe...
ANATOLE
Vous moquez-vous ?...
EDGARD
.Non, non... Vous avez peut-être tort de vous marier si lot.
BASSECOURT, à Pepontl.
Je peux me tromper, mtàe il me semble que s'il se marie il n'a pas un an à vivre.
PÉPONET, avec intérêt à Anatole.
Mon ami, vous devriez vous soigner.
ANATOLE, criant.
Ah! à la fin...
LECARDONEL. *
Pardon, messieurs, pardon ; mais j'aurais deux mots à dire à noire ami Péponet, vous permettez?
BASSECOURT.
Comment donc !
PÉPONET.
A vos oi'dres!
LECARDONEL, à Anatole.
Enurienez-les, ou sans cela ils vont vous enterrer... Surveillez bien ce monsieur Edgard, il doit avoir une raison pour parler ainsi.
ANATOLE
Soyez sans crainte, j'épouserai.
EDGARD, à Bassecourt.
Vwis aimez donc bien Anatole?
• PépoiiiU, BassL'Court, Lecardoncl, Anatole, Edoraril. '■ l'époucl, Bassecourt, Anatole^ Lecanloiiel, Eclgaid.
se, Li:S FAUX BONSHOMMES
BASSECOURT.
Parbleu! un si charmant garçon! (a Anatole.) Soyez tranquille, je reparlerai encore à Péponet, et votre mariage ira tout seul.
EDGARD, à Anatole.
Fioz-vous à lui, je ne demande que ça!
(ils sortent tous trois.) PÉPONET, à Anatole.
Allez, mon ami, allez, (a Lciardonei.) Je suis tout à vous. -