‹ Les faux bonshommesChapitre 3 sur 114 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

GERMAIN

C'est aussi comme ça qu'il a voulu être sur le porlrait que fait de lui monsieur Octave Delcroix, l'ami de monsieur

lidgard.

SUZANNE, désignant l'album.

Mais qu'est-ce qu'il tient donc à la main? Ce n'est pas un

sabre.

AUGUSTE

C'est un mètre.

GERMAIN

Ah ! ouij parce que monsieur Pëponet a fait fortune dans la soierie, (niant.) Ah! s'il voyait cela, lui qui est si vaniteux !

SUZANNE, à Germain.

Tournez donc, nous ne verrons jamais tout,

GERMAIN, riant.

Oh! ce petit habit, ce grand col et ce carreau dans l'œil! C'est, pour sûr, monsieur Anatole de Massane, le cousin de monsieur Péponet.

AUGUSTE, un peu liant.

Le prétendu de mademoiselle Emmeline, l'aînée de nos deux demoiselles.

GERMAIN

Tu vas nous faire pincer, toi !

AUGUSTE, passant en prenant 1 album. *

Eh non ! (Regardant.) Qu'csl-cc qui lui sort donc de la bouche?

SUZANNE, lisant.

« Cinq pour cent Grand-Central; petites voitures... »

(ils rient.) AUGUSTE.

Dieu! a-t-ill'air bête! Ah! monsieur Lecardonel! Regardez donc comme il court vers ce gros poteau qui est là-bas.

GERMAIN, descendant, iisar.t.

« Frontière de Belgique. » Qu'est-ce que ça veut donc dire?

SUZANNE, iDiirnant.

Allons donc plus vite !

(Germain remonte au fond pour regarder au deliors.) .\UGUSTE.

Qu'est-ce que c'est donc que ce bonhomme et cette bonne * Auguste, Suzanne, Gennaia<

4 ' LES FAUX nON^ilIOMJIIiS

feinnio qui se sourient si clrùiemDul eu se donnant dos coups de poing?

SUZANNE

C'est monsieur et madame Dul'ouré.

AUGUSTE

Ah! oui!

SUZANNE

Et leur fils, monsieur Raoul, qui passe toutes ses nuit> à s'amuser et à jouer?

, AUGUSTE, tournant.

Le v'ià! le v'ià! il dort tout debout !...

GERMAIN

Oh! celui-là, il ne faut pas demander qui c'est.

AUGUSTE

Monsieur Bassecourt !

GERMAIN

En voilà un drôle die bonhomme! il com nonce toujours par dire du bien des gens, et puis ensuite il vous les arrange qu'ils ne sont plus bons à jeler aux chiens! (a Augusie.) Ah j lu tournes trop vite !

AUGUSTE

Si tu crois que je vais attendre la fin de tes histoires!... Ah çà ! mais il on manque un de notre société.

GERMAIN

Qui donc?

AUGUSTE

Monsieur Vertillac, l'agent de change. •

SUZANNE

Monsieur Edgard ne l'aura pas encore vu depuis qu'il vient chez nous pour faire le portrait do mademoiselle Eugénie... car c'est une rage de portraits ici depuis quelque temps... Comme si monsieur n'aurait pas pu atlendre son retour à Paris pour. .. Mais non, il a fallu qu'il fît venir ces deux artistes à la campagne.

AUGUSTE

Heureusement encore qu'il ne les a pas iiivUés à venir demeurer ici et qu'ils sont à l'auberge; car sans cela c'eût été un nouvel aria dans la maison, et il y en a certes Ijion assez déjà...

GERMAIN

Ah ! oui, par exemple !

SUZANNE

C'est si mal tenu !

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