ACTE
GERMAIN
C'est aussi comme ça qu'il a voulu être sur le porlrait que fait de lui monsieur Octave Delcroix, l'ami de monsieur
lidgard.
SUZANNE, désignant l'album.
Mais qu'est-ce qu'il tient donc à la main? Ce n'est pas un
sabre.
AUGUSTE
C'est un mètre.
GERMAIN
Ah ! ouij parce que monsieur Pëponet a fait fortune dans la soierie, (niant.) Ah! s'il voyait cela, lui qui est si vaniteux !
SUZANNE, à Germain.
Tournez donc, nous ne verrons jamais tout,
GERMAIN, riant.
Oh! ce petit habit, ce grand col et ce carreau dans l'œil! C'est, pour sûr, monsieur Anatole de Massane, le cousin de monsieur Péponet.
AUGUSTE, un peu liant.
Le prétendu de mademoiselle Emmeline, l'aînée de nos deux demoiselles.
GERMAIN
Tu vas nous faire pincer, toi !
AUGUSTE, passant en prenant 1 album. *
Eh non ! (Regardant.) Qu'csl-cc qui lui sort donc de la bouche?
SUZANNE, lisant.
« Cinq pour cent Grand-Central; petites voitures... »
(ils rient.) AUGUSTE.
Dieu! a-t-ill'air bête! Ah! monsieur Lecardonel! Regardez donc comme il court vers ce gros poteau qui est là-bas.
GERMAIN, descendant, iisar.t.
« Frontière de Belgique. » Qu'est-ce que ça veut donc dire?
SUZANNE, iDiirnant.
Allons donc plus vite !
(Germain remonte au fond pour regarder au deliors.) .\UGUSTE.
Qu'est-ce que c'est donc que ce bonhomme et cette bonne * Auguste, Suzanne, Gennaia<
4 ' LES FAUX nON^ilIOMJIIiS
feinnio qui se sourient si clrùiemDul eu se donnant dos coups de poing?
SUZANNE
C'est monsieur et madame Dul'ouré.
AUGUSTE
Ah! oui!
SUZANNE
Et leur fils, monsieur Raoul, qui passe toutes ses nuit> à s'amuser et à jouer?
, AUGUSTE, tournant.
Le v'ià! le v'ià! il dort tout debout !...
GERMAIN
Oh! celui-là, il ne faut pas demander qui c'est.
AUGUSTE
Monsieur Bassecourt !
GERMAIN
En voilà un drôle die bonhomme! il com nonce toujours par dire du bien des gens, et puis ensuite il vous les arrange qu'ils ne sont plus bons à jeler aux chiens! (a Augusie.) Ah j lu tournes trop vite !
AUGUSTE
Si tu crois que je vais attendre la fin de tes histoires!... Ah çà ! mais il on manque un de notre société.
GERMAIN
Qui donc?
AUGUSTE
Monsieur Vertillac, l'agent de change. •
SUZANNE
Monsieur Edgard ne l'aura pas encore vu depuis qu'il vient chez nous pour faire le portrait do mademoiselle Eugénie... car c'est une rage de portraits ici depuis quelque temps... Comme si monsieur n'aurait pas pu atlendre son retour à Paris pour. .. Mais non, il a fallu qu'il fît venir ces deux artistes à la campagne.
AUGUSTE
Heureusement encore qu'il ne les a pas iiivUés à venir demeurer ici et qu'ils sont à l'auberge; car sans cela c'eût été un nouvel aria dans la maison, et il y en a certes Ijion assez déjà...
GERMAIN
Ah ! oui, par exemple !
SUZANNE
C'est si mal tenu !