‹ Les faux bonshommesChapitre 33 sur 114 · ACTE H KO · texte numérisé non relu

ACTE H KO

LECARDONEL.

Pour nous, elle est magnifique. Écoutez! nous laissons encore passer quelque temps, puis nous achetons tout en sousmain. Des gens à moi offrent déjà dix pour cent; on accepte... Bref, avant cinq mois, nous accaparons les actions... Alors nous crions à la mauvaise gestion du gérant, nous le flanquons à la porte. Je reprends la direction, nous arrêtons les procès, nous payons les sinistres, nous soldons les dividendes arriérés; avant six mois les actions remontent au pair, et dans un an, par suite d'un mouvement de bascule naturel, elles ont doublé de valeur. Alors, nous réalisons nos dix millions... Comprenez-vous?

PÉPONET.

Parbleu !

LECARDONEL.

Est-ce beau, hein ?

l'ÉPONET, étomJi.

C'est ébouriffant.

LECARDONEL.

Eh bien, donc! touchez là ! Part à nous deux !

PÉPONET, se levant.

Mais...

LECARDONEL.

Quoi?

PÉPONET, lui prenant le bras.

Est-ce que c'est bien loyal?... car, enfin, ces malheureux actionnaires...

LECARDONEL.

Eh bien?

PÉPONET.

Nous leur prenons l'argent dans la poche.

LECARDONEL.

Dans quoi voulez-vous donc que nous le prenions?...

PÉPONET.

Cependant...

LECARDONEL.

Pour que l'argent entre dans une poche, il faut bien qu'il sorte d'une autre.

C'est vrai, mais autrefois...

CO LES TAUX BOiNSIIOMMIÎS

i.ecaudonel.

Autrefois, autrefois, on mettait Irentc ans pour remplir sa , caisse; maintenant on va plus vile, voilà tout.

PÉrONET.

C'est juste, au fait; c'est le progrès.

LECAUDONEL.

Cerlainemcnt, vous voyez bien que vos scrupules sont ridicules.

PÉrONET, rcllrcliifsant.

Oui, peut-être bien.

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