‹ Les faux bonshommesChapitre 44 sur 114 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les Mêmes, PÉPONET, VERTILLAC.

EUGÉNIE, saluant. *

Monsieur...

VERTILLAC Personnage froid et compassé.

Mademoiselle, veuillez croire, je vous prie, atout le respect de votre serviteur.

EDGARD, le regardant avec curiogité.

Ah çà ! mais il est empaillé !

EUGÉNIE, à Peiionct. '*

Maintenant, ù nous deux, mon papa.

PÉPONET.

Qu'y a-t-il?

VERTILLAC

Pardon, mademoiselle, mais... si je suis de trop...

EUGÉNIE

Au contraire...

(Elle fait uu geste

* Edgard, Péponet, Vertillac, Eugénie.

" Edgard, Vertillac, Péponet, Eugénie.

76 LES FAUX HONSHOMMES

VKUTILLAC.

Je roslcrai donc, puisque vous m'y autorisez vcii);ilcmcnt.

(il salue Eilijard.) EUGÉNIE.

Esf-il vrai, mon père, que vous ayez rompu le mariagt^ d'Einmelinc avec notre cousin?

PF.PONET.

Cela est vrai, mon enfant.

EUGÉNIE

Mais il est imprissiblc, du moins, que cette parole relirée .'. monsieur Anatole, vous l'ayez donnée à ce monsieur Oct...

PÉPONET, bas.

Yeux- tu bien te taire!

EUGÉNIE

Pourquoi donc?

PÉPONET, bas.

Mais parce que monsieur Octave est le neveu de Vcrtillac.

EUGÉNIE

Bah!

PÉPONET.

Et que ce serait affliger ce cher ami que de parler mal devant lui de son neveu... de son unique héritier.

EUGÉNIE

Mais cependant...

PÉPONET, bas.

IMus nn mot! (Haut à veruiiac.) Oui, moii cher Vertillac, ma fille Einmeline n'épouse plus Anatole, j'ai trouvé mieux.

VERTILLAC.

Celte personne est d'une bonne famille?...

PÉPONET.

D'une famille des plus honorables...

VERTILLAC.

Elle a un peu de bien?

PÉPONET, soiirianl Ircs-fmemcnt.

Elle n'a rien par elle-même, mais...

Elle a des espérances...

PÉPONET, Je même.

De magnifiques !

VERTILLAC.

Du côté de ses père et mère?

ACTIi II 77

PÉPONr.T, ilc! itiiMiie.

Non, du côté d'un certain parent deux fdis miUionnairo.

VEUTILI.AC, lui sériant la main.

Permcllcz... (pépon.t in.) Et quelle est la position, l'étal social de votre jeune homme?

PÉPONET.

11 est peintre.

VERTILLAC, avec dédain.

Ah!

EDGARD, à part.

Aïe !

PÉPONET.

Mais peintre fort distingué déjà !

EDGARD, appuyant.

En eflet.

Je ne discute pas ce point ; mais peut-être, nonobstant, eussicz-vous pu trouver quelque chose de mieux.

PÉPONET, souriant.

Oh! je ne crois pas, et d'ailleurs... ma fille l'aime tant... ^ oiis comprenez? cette pauvre petite! ce que je veux avant eut, c'est son bonheur.

VERTILLAC.

Je vous approuve fort; mais serait-il indiscret de solliciter la connaissance immédiate du nom de ce prétendu?

PÉPONET.

Non pas... d'autant plus qu'il ne vous est point étranger.

VERTILLAC.

Ah!...

PÉPONET.

Ce prétendu... c'est... votre neveu.

VERTILLAC, glacé.

Mon neveu?

PÉPONET.

Monsieur Octave Delcroix.

EDGARD, à part.

Gare la bombé!

PÉPONET, rayonnant.

Eh bien ! qu'est-ce que vous en dites?

Je dis, mon cher monsieur Pépouet, que si vous avez jugé

à propos d'agréer ce jeune homme pour gendre, ça n'a été sans doute qu'après y avoir mûrement réfléchi?

PÉPONET, lin peu hiquiet.

' Vous en jugez sainement,

VKRTILLAC.

Je n'hésite donc pas à déclarer ici que l'union résolue est convenable à tous égards... Permettez...

(il lui serre la main.) EDGARD, à part.

11 doit avoir une mécanique à l'intérieur; je parie qu'il va sonner au quart,

PÉPONET.

Ainsi ce mariage a votre agrément?

VERTILLAC.

Tout à fait.

PÉPONET, joyeux.

J'en suis ravi.

YERTILLAC.

Après cela... entre nous,,, vous pouvez bien vous en passer...

PÉPONET. •

Mais du tout.

Pourquoi cela?

PÉPONET.

Pourquoi?..,, pourquoi?,., mais parce qu'il me semble que.... Enfin,,, vous comprenez?... Monsieur Octave Uekroix ne pouvait rien faire sans vous.

VERTILLAC

Pardonnez-moi... ledit monsieur Octave...

EDGARD

Votre neveu...

VERTILLAC, msistant.

Ledit monsieur Octave Delcrqix est majeur, et partant ^ maître de ses actions, gestes et volontés.

PÉPONET.

11 ne s'agit pas de cela,

VERTILLAC

De quoi voulez-vous donc qu'il s';!ai??e?

EDGARD, ;i par.

Patatras!

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